Arthur Bosmans 1927 – 2016 (PE n°1080)

Arthur est né le 11 mars 1927 à Beringen dans la Province du Limburg belge, dans une famille aisée et très chrétienne. De sa mère Arthur dira plus tard qu’elle était une sainte… Il a suivi tout aussi bien l’école primaire que les humanités classiques au collège Saint-Joseph à Hasselt. En septembre 1945 il entra chez les Pères Blancs à Boechout, et fit ensuite le noviciat à Varsenare. Pour la première année de théologie il put se rendre à Marienthal, pour les autres années il était à Heverlee. C’est là que le 21 juillet 1951 il prononça son serment missionnaire et fut ordonné prêtre le 12 avril 1952 par Mgr. Geeraerts. Ses professeurs apprécient son jugement droit, sa volonté forte et son enthousiasme ; il est plus pratique qu’intellectuel ; il a un esprit surnaturel, une nature riche et généreuse, un caractère gai et enjoué ; il est agréable en communauté, parfois un peu trop nerveux ; ils le trouvent aussi « un peu broussard »…

Nommé au Mozambique, il part le 24 mars 1953 pour Lisbonne pour étudier le portugais. Le 4 mai 1954 il gagne Beira. Il débute comme vicaire à Manga et est ensuite envoyé à Chemba. En avril 1958 il est curé à Mutarara -Inhangoma. Le régional témoigne qu’Arthur est un excellent missionnaire, plein de zèle et débrouillard. Il sait s’y prendre avec des confrères considérés comme difficiles à vivre. Le 25 mai 1971, 32 Pères Blancs sont expulsés du pays : on les accuse d’avoir un comportement déloyal envers l’autorité coloniale. Ils décident alors de partir tous ensemble, bien que certains parmi eux avaient des doutes. Arthur venait de passer 17 ans dans le pays.

Quelques mois plus tard Arthur reçoit sa nomination pour le Malawi. Il passe d’abord quelques mois à Londres afin d’approfondir ses connaissances de l’anglais. Arrivé sur place, il reste quelques mois au Centre de langue. En mai 1972 il devient vicaire à Bembeke, dans le diocèse de Dedza, et en 1976 curé. Le père Heymans, régional, note qu’Arthur apporte un vent frais dans la communauté et dans la paroisse par sa joie de vivre et par son enthousiasme. Il parvient ainsi à faire monter considérablement le niveau des écoles, ce que les protestants voient d’un mauvais oeil. Se laissant entraîner par son bon cœur et pour rendre service à un commerçant ami, Arthur commet une imprudence et accepte de cacher pour un temps un quantité d’ivoire à la paroisse, ivoire dont la possession est légalement interdite. Trahi, sans doute par jalousie, il est expulsé. Après 10 ans de présence.

Arthur veut retourner en Afrique le plus vite possible. Il demande de pouvoir partir pour la Zambie, si possible dans les environs de la capitale Lusaka où il espérait trouver quelque facilité pour la langue locale. Maurice De Weerdt, régional, donne son accord et Rome de même. Après la session-retraite à Jérusalem en septembre 1981, voilà Arthur courageusement parti vers son troisième pays de mission. Il débute à Regiment parish (Charles Lwanga) et décrit plein d’enthousiasme les 36 communautés ecclésiales de base qui doivent être visitées régulièrement et que cela doit se faire le soir quand les gens rentrent du travail. Début 1984 il est curé à Mtendere parish, ensuite à Kabwata parish. Fin 1986 nous le trouvons de retour à Regiment. La vie communautaire et l’entente pastorale entre confrères ne semble pas avoir toujours marché comme sur des roulettes ces années-là. Arthur lui-même n’est pas non plus le coéquipier idéal. Sa santé lui cause quelque souci, il doit suivre un régime à cause de sa tension artérielle et de la goutte. Sa dernière nomination l’envoie à Woodlands, la maison d’accueil de Lusaka. De là il continue à rendre service en paroisse et il assure l’aumônerie de l’hôpital. Il écrit : « Je suis vraiment très content de cet « intermezzo » de deux ans. J’ai pu écouter et vivre la souffrance des braves gens, pardonner les péchés, les encourager, prier avec eux et pour eux, partager la parole de Jésus. Là je me sentais aimé de Dieu et des gens que je rencontrais ». Début 1991, il abordait dans une lettre au provincial son retour éventuel en Belgique. « Je crois que cela suffit. J’ai été très heureux en Afrique, mais il me semble que le moment est venu de rentrer définitivement ». En mai 1994, pendant son congé, Arthur tranche et décide, après 40 ans d’Afrique, de rester au pays. Jean-Pierre Sauge, régional, lui demande un dernier service, notamment d’assurer l’accueil à Woodlands jusqu’à la mi-septembre, parce que nombre de confrères seront en congé, nos novices et étudiants arriveront et repartiront vers leurs diverses destinations. Arthur accepte évidemment de tout cœur.

A l’avis de Theo Caerts, provincial, Arthur est exactement l’homme qu’il faut pour assurer l’accueil à la rue de Linthout à Bruxelles. Il commence officiellement son nouveau ‘job’ le 15 septembre 1994. Il dirigera le service et sera le « père hôtelier » pendant 13 ans. Il a accompli cette tâche à la très grande satisfaction des confrères et des évêques et prêtres africains qui faisaient appel à notre hospitalité. Arthur était gentil et attentif aux besoins de ses hôtes. Son caractère enjoué était contagieux, il aimait rire et faire rire et raconter des blagues. Le personnel était en admiration devant lui et l’appréciait beaucoup. En septembre 2007 Arthur demandait lui-même son transfert et voulait aller se reposer à Varsenare. Il avait 80 ans. Il y a connu une vieillesse heureuse. Pendant des années il conduisait encore sa voiture et allait visiter sa sœur au bord de la mer. Les visiteurs étaient séduits par ce vieux père souriant et blagueur, qu’ils voyaient si souvent prier à la grotte. Sa dévotion à Marie était légendaire.

Le 16 octobre 2016 on l’a trouvé mort dans sa chambre, parti sur la pointe des pieds, sans déranger personne. Les funérailles eurent lieu le samedi 22 dans notre chapelle à Varsenare.

Jef Vleugels

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