Pèlerinage 150è – 1er Jour – Kigungu

Jubilé 150è - Pèlerinage

Il y a un an, une bonne délégation des Missionnaires d’Afrique et des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique était en Tunisie pour marquer le début officiel de l’année jubilaire. A cette occasion, les délégués ont eu le privilège de participer à un pèlerinage, habilement préparé par les missionnaires du Maghreb, sur les traces de notre Fondateur, le Cardinal Lavigerie, et des premiers missionnaires en Tunisie. Il y a quelques jours, c’était aux missionnaires de l’Ouganda de préparer un pèlerinage, un voyage spirituel, sur les traces des premiers missionnaires de l’Ouganda, le Père Siméon Lourdel et le Frère Amans Delmas, ainsi que des toutes premières semences de foi, les Martyrs de l’Ouganda, avant la célébration de la clôture officielle de l’année jubilaire. 

À TOUS CEUX QUI N’ONT PAS PU Y PARTICIPER, NOUS VOUS PROPOSONS DE VOUS ENGAGER DANS LE MÊME CHEMINEMENT SPIRITUEL EN SUIVANT LA PUBLICATION – PETIT À PETIT – DU «LIVRET DU PÈLERINAGE ».

Introduction

Les Missionnaires d’Afrique sont arrivés en Ouganda il y a cent quarante ans (1879) et les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique il y a cent vingt ans (1899). Notre pèlerinage va nous conduire dans des lieux où nos prédécesseurs en mission sont passés, ont vécu et ont servi Dieu et son peuple. Nous espérons et prions pour que, lorsque nous explorons et apprécions le passé glorieux dont l’impact est visible dans la communauté chrétienne florissante d’aujourd’hui, nous ne  » le transformions pas en musée  » ou pire en  » cimetière de nostalgie  » (expressions du Pape François) ; mais plutôt le rendions vivant et pleinement présent là où nous continuons la mission entreprise par nos prédécesseurs. Puisse ce voyage dans le passé de notre famille Lavigerie dans ce pays nous aider à découvrir « les germes d’un avenir inimaginable dans notre monde en apparence stérile ». (Timothy Radcliffe).

PÈLERINAGE SUR LES TRACES DES PREMIERS MISSIONNAIRES

Premier jour - Kigungu

Qu’ils sont beaux les pieds du messager de la Bonne Nouvelle ! (Is. 52, 7)

PREMIÈRE CARAVANE EN AFRIQUE DE L’EST 1878:
1. Joseph Augier 2. Ludovic Girault 3. Leon Livinhac 4. Simeon Lourdel 5. Leon Barbot 6. Amans Delmas
7. Joachim Pascal 8. Theophile Dromaux 9. Henry Delaunay 10. Toussaint Deniaud

Quelques notes historiques

Kigungu aussi connu sous le nom de Kyettale était le plus grand port du Royaume du Buganda au XIXe siècle. Le 17 février 1879, les deux premiers missionnaires catholiques, le P. Simeon Lourdel et le Fr. Amans Delmas, sont arrivés par ce port. Cela leur avait pris dix mois depuis Alger et presque un mois depuis Kageye (Mwanza), de l’autre côté du lac, où ils avaient quitté leurs trois confrères. Après deux jours de repos et la réparation de leur canot, ils sont partis en direction de Lubaga, la capitale du royaume. Mais, après quelques kilomètres, à Kaweta (cf. Paroisse de Bugonga), leur canoë s’est brisé en morceaux. C’est ainsi que Mapeera raconte l’incident : « Nous sommes arrivés juste à temps, notre pauvre canot, souvent réparé, n’était plus bon que pour le bois de chauffage. Il s’est tout simplement effondré au point que nous avons dû renoncer à toute autre utilisation. » De là, ils ont donc continué leur voyage à pied.

Quatre mois plus tard, le 17 juin 1879, les trois missionnaires partis à Kageye arrivèrent également au même port. Il s’agissait des Pères Léon Livinhac, Ludovic Girault et Léon Barbot. Le Frère Amans est allé les chercher avec une flotte de 20 canoës fournis par le roi Muteesa I. Ce fut vraiment une journée joyeuse et d’action de grâce. C’est ainsi que le P. Girault décrivit l’événement dans son diaire :

« Hier soir, les moustiques sont revenus pour nous faire la guerre… Nous nous sommes réveillés à quatre heures du matin et le départ était prévu à cinq heures… Le Père Livinhac et le Frère Amans souffrent toujours de fièvre… Avant notre arrivée, Musisi a rassemblé tous les canoës, puis nous nous sommes lentement dirigés vers la rive… Les gardes ont tiré en l’air et les tambours ont été battus pendant que les rameurs chantaient. Et enfin, à dix heures vingt, nous avons posé les pieds sur cette terre de l’Ouganda que nous désirions depuis longtemps atteindre ! Les gardes ont tiré en l’air et les tambours ont été battus pendant que les rameurs chantaient. Et enfin, à dix heures vingt minutes et demie (10h20), nous avons posé les pieds sur cette terre de l’Ouganda que nous désirions depuis longtemps atteindre ! Nous étions très heureux et, au fond de notre cœur, nous rendions grâce à Dieu pour la protection sans faille qu’il nous avait donnée tout au long de notre voyage. Nous Lui avons aussi demandé de bénir notre mission et de convertir ces pauvres gens parmi lesquels nous sommes venus vivre. »

Ils y sont restés quatre jours, puis sont partis à pied pour Nabulagala où les attendait le Père Siméon Lourdel. Le Père Livinhac était très malade et devait être transporté sur une civière.

Vingt ans plus tard, en octobre 1899, le premier groupe de six Sœurs blanches arriva dans ce pays par ce même port. Elles sont venues avec Mgr Henry Streicher et un groupe de 12 Pères Blancs.

Monument et Succursale

Le premier monument en souvenir de l’arrivée des missionnaires pionniers dans ce port a été construit en 1929, année du jubilé d’or de l’arrivée de ces missionnaires. Ce monument a lentement été recouvert d’eau – une partie de ses ruines se trouve dans le musée de Lubaga.

Le monument actuel avec les statues de Mapeera et d’Amans a été construit en 1933-35. Depuis 1935, Kigungu est une succursale de la paroisse de Bugonga (Entebe) depuis 1975. Les travaux de construction de la nouvelle église ont commencé en 1994. (La paroisse d’Entebe, à environ 3 km de Kigungu, a été fondée par les Missionnaires d’Afrique en 1902 ; c’était pendant de nombreuses années la procure).

Vieux monument
Nouveau monument

Pèlerinage annuel

Les pèlerinages à Kigungu ont commencé dans les années 60 (1960). Depuis 2009, ce pèlerinage a lieu le jour même du 17 février, que ce soit un dimanche ou non. Il est organisé à tour de rôle par les différents diocèses de la Province ecclésiale de Kampala et chaque année le nombre de pèlerins augmente, de sorte que le lieu devient de plus en plus exigu !

Restes des Missionnaires Pionniers, Kigungu, 17 février 2011

PRIÈRE À KIGUNGU (SMNDA)

(De « A l’écoute de Mère Marie Salomé » p. 37-38)

« Le Cœur de Jésus doit être notre modèle et avec lui, notre Mère Marie que nos Constitutions nous ont donnée comme un exemple à imiter chaque jour. Regarde-les de très près, regarde-les constamment, regarde-les avec amour ; que leur exemple, gravé dans ton cœur, te fasse rayonner de leurs vertus dans tout ce que tu es, et que chacun trouve en toi un exemple de pudeur, d’amitié chrétienne, de douceur, de piété profonde, de serieux parfait qui sont autant de qualités qui sont celles de Jésus et de sa sainte Mère. Ainsi, vous deviendrez comme des aimants, attirant les âmes vers Dieu ; alors vous accomplirez, par la grâce de Notre Seigneur, les paroles que notre Vénérable Fondateur a prononcées à la basilique Notre-Dame d’Afrique quand ses premiers missionnaires partaient pour l’Afrique Equatoriale :

ߵQu’ils sont beaux, pour les enfants de l’Afrique, les pieds de ceux qui descendent de leurs montagnes, meurtris et blessés de leur voyage et couverts de poussière, pour leur apporter enfin la paix ! Comme ils sont beaux, aux yeux des chrétiens, ces pieds qui les portent au martyre par amour, ces pieds qui se sacrifient pour sauver tant de victimes de leurs souffrances.ߴ »

Réfléchissons à la manière dont le Père Siméon Lourdel, Frère Amans Delmas et tous nos ancêtres missionnaires étaient prêts à être envoyés là où le Seigneur avait besoin d’eux. Et nous ?  Comment répondons-nous chaque jour à notre vocation ? Comment faisons-nous face aux difficultés que nous rencontrons dans l’acceptation de la mission et dans notre obéissance à l’appel du Seigneur ?

Remercions le Seigneur, comme le Père Siméon Lourdel, le Frère  Amans Delmas, de nous avoir confié, malgré nos faiblesses, la mission de répandre Sa Parole aux peuples africains.

Chant : Tu es le Dieu des grands espaces

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