Pierre Le Moyne 1927 – 2017 (PE n° 1083)

Pierre est né le 9 février 1927 à La Malbaie, Province de Québec. Après avoir complété ses études primaires dans cette ville, il fait ses études secondaires et philosophiques au séminaire Sainte-Famille de Chicoutimi. Le 11 août 1949, il entre au noviciat Saint Martin de Laval où il se distingue par son intelligence claire, sa volonté énergique et son éloquence en public. À la fin du noviciat, notre confrère est choisi pour aller faire ses études théologiques en Tunisie, en Afrique du Nord.

En septembre 1950, le P. Le Moyne est à Thibar, pour les trois premières années de théologie et à Carthage pour la dernière année. Dans ce milieu international, Pierre se trouve bien à l’aise avec les autres étudiants. D’excellente éducation, il n’a pas de difficultés dans la vie de communauté. Il a un agréable caractère, est toujours souriant et joyeux, serviable envers tous. Sa compagnie est très plaisante. Il est donc très apprécié par ses confrères. Il jouit d’une bonne intelligence, cherchant à approfondir et formuler personnellement la doctrine qu’on lui enseigne. Ayant la responsabilité de la librairie du scolasticat, Pierre se montre généreux dans son travail, même s’il pourrait s’attacher davantage aux détails et avoir plus de discipline et de rangement dans ses activités. Très attaché à sa vocation missionnaire, il fait preuve d’une piété sérieuse et solide et prend à cœur sa formation. Le Père Le Moyne fait son serment missionnaire à Thibar, le 29 juin 1953 et est ordonné prêtre à Carthage, le 18 avril 1954.

Le premier octobre 1954, le Père Le Moyne s’envole vers la Zambie, pays africain où il fera toute son activité missionnaire. Il faut noter que Pierre vient d’une famille de cultivateurs. Et, sur la ferme familiale, il apprend à travailler vigoureusement. Son énergie et sa générosité au travail, qualités qu’il déploie déjà alors qu’il est encore jeune, vont le caractériser durant toute sa vie apostolique. De même, dans son coin de pays, Pierre apprend à développer de nombreuses relations amicales en distribuant le lait de la ferme aux vacanciers de la Malbaie qui y passent leurs vacances estivales. Il en va de même avec ses qualités de leadership qu’il développe dans ses multiples occupations de jeunesse.

À son arrivée en Zambie, notre confrère est d’abord nommé vicaire successivement dans les paroisses de Lwena, Ipusukilo et Kapatu, dans le diocèse de Kasama. Mais très bientôt il est nommé dans des petits séminaires dont il devient vite le directeur. C’est dans ces lieux de formation que Pierre passe seize années de sa vie missionnaire. Ses élèves apprécient sa franchise, son honnêteté et sa bonne humeur. Son enthousiasme et sa facilité d’entrer en contact avec tous lui gagnent rapidement la confiance et l’amitié de ses jeunes étudiants.

En 1962, Pierre revient au Québec pour un congé bien mérité. C’est au cours de ce séjour qu’il est nommé à Chicoutimi où, pendant trois ans, il fait de l’animation missionnaire et vocationnelle dans les paroisses et les écoles de la région. Sa générosité et ses initiatives produisent des fruits et plusieurs jeunes s’engagent dans la vocation missionnaire. Après une grande retraite ignacienne à Villa Cavalletti, en Italie, il retourne en Zambie où il reprend l’enseignement au petit séminaire de Lubushi, tout en consacrant du temps au travail pastoral des paroisses avoisinantes.

En 1979, le Père Le Moyne est nommé vicaire à la paroisse de Ndola. Trois ans plus tard, il accepte de devenir curé de Mufulira (diocèse de Ndola), une très grande paroisse dans la région des mines de cuivre. Là encore, il exerce son initiative en bâtissant une grande salle d’études pour les étudiants qui vivent dans un bidonville près de Mufulira. Tous ces jeunes, qui n’ont pas d’électricité à la maison, peuvent ainsi étudier le soir dans cette bibliothèque construite par Pierre.

Partout où il passe, Pierre est connu pour la qualité de son accueil et son large sourire à l’égard de ses confrères et de ses paroissiens. Très tôt, on découvre chez lui des talents exceptionnels de cuisinier, ce qui lui vaut une réputation qui se répand dans toute la Zambie. Au cours des retraites annuelles des confrères, dès que le nom de Pierre Le Moyne est mentionné comme responsable de l’accueil et de la cuisine, la liste des retraitants devient vite complète. Tous les confrères savent que pendant ces 8 jours de retraite, ils seront bien gâtés et nourris, et pas seulement spirituellement!

Le 17 novembre 2004, Pierre revient définitivement au Canada. Il est nommé à notre maison de Sherbrooke pour être au service de nos confrères aînés et malades, et pour les accompagner à l’hôpital si nécessaire.

Déjà, la maladie qui se développera progressivement et l’emportera plus tard commence à se manifester. Elle affecte de plus en plus ses facultés cognitives et, en 2016, il doit être conduit au CHSLD d’Asbestos pour y recevoir des soins plus adaptés à sa condition de santé. C’est là qu’il décède d’un infarctus le 17 février 2017. Ses funérailles ont lieu dans notre chapelle de Sherbrooke en présence de nombreux parents, amis et confrères, dont plusieurs anciens missionnaires en Zambie. Le Père Jacques Bédard, qui a bien connu Pierre en Zambie, a prononcé l’homélie. Il a tenu à choisir le texte de Luc 22,27 dans lequel Jésus invite ses disciples à être vigilants et à garder leur lampe allumée : « Pierre est toujours resté en tenue de service par sa disponibilité et la qualité de son ministère. Malgré les difficultés rencontrées, rien ne l’a séparé de l’amour du Christ ».

Au cours d’une retraite en 1995, Le Père Le Moyne écrivait ces mots qui l’ont animé toute sa vie : « Nous sommes les bien-aimés de Dieu, nous sommes aimés gratuitement, tels que nous sommes. Ce qui est important, c’est de se laisser aimer par notre Seigneur ». Après tant d’années de fidélité en termes de sacrifices, de peines et de joies, de combats et de victoires, Pierre jouit maintenant du bonheur éternel auprès de Dieu. Puisse le Seigneur le combler de son amour.

Michel Carbonneau, M.Afr.

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