Réflexion sur la formation

Dans la mouvance des dernières éclaboussures venant des Etats-Unis, Stéphane Joulain a mis en ligne dans un poste sur Facebook quelques-unes de ses réflexions sur la formation des prêtres pour le 21ème siècle. Comme beaucoup d’entre nous ne sont pas des fervents de Facebook, je reproduis ici ce poste.

La formation des futurs prêtres est certainement un des lieux importants de la réforme que le Pape François pourrait entreprendre. Mais il faut tout d’abord se mettre d’accord en Eglise sur : Quel visage d’Eglise voulons-nous et quels ministères pour cette Eglise. Les prêtres devront y trouver leur juste place. Probablement que des synodes diocésains et des synodes des évêques pourraient aider le Peuple de Dieu à se dire son identité pour le XXIe siècle et le type d’aide dont il a besoin.

Une fois que cela sera fait, il faudra décider quel type de formation donner à ses futurs serviteurs. La dernière Ratio fondamentale pour la formation du Clergé de 2016 était déjà une avancée intéressante. Mais tout de même, on peut se poser de sérieuses questions quand on entend un Cardinal déclarer que les prêtres sont les moins compétents pour aider à préparer les gens au mariage.

Mais alors que font-ils pendant toutes ces années de formation entre 6 à 10 ans. Et bien, ils étudient d’abord la philosophie, passent longtemps à discuter de la couleur et de la longueur du pelage du mammouth. Passant de longues heures, ils étudient Aristote, Socrate et Platon, des grecs morts qui parlaient à d’autres grecs eux aussi morts depuis longtemps. Le nombre de cours de philosophie et le choix des matières de philosophie sont inappropriés pour préparer des prêtres à dialoguer avec des personnes vivant en post-modernité. Un bon cours d’histoire de la philosophie, un bon cours de logique philosophique, et des cours sur les courants modernes de pensées seraient grandement suffisants. Laissons le reste de la philosophie aux philosophes, à chacun son métier.

Une autre piste serait de donner moins de place au catéchisme et plus de place pour l’étude de la Parole de Dieu comme source première de la réflexion théologique et pastorale. Une formation spirituelle et à l’accompagnement solide. Développer des compétences d’écoute et de discernement, c’est de cela que les gens ont besoin, laissons le catéchisme aux catéchistes, à chacun sa mission.

Si les prêtres doivent aider à accompagner et à guider le Peuple de Dieu, ils ne doivent pas être aveuglés par un savoir inutile, mais ils doivent affuter l’instrument de la grâce qu’ils peuvent être. Une bonne formation sur l’affectivité et le développement humain est indispensable. Plus de sciences humaines, moins de blablas obsolètes. Les prêtres devraient être des experts en divinité incarnée et non pas en divinité vaporeuse. Ils doivent être de bons connaisseurs de l’âme humaine et de ses tourments, sans devenir des psychologues, là encore à chacun son métier.

Pourquoi de très nombreux jeunes prêtres sont tellement dégoutés de leurs études, qu’ils ne veulent plus ouvrir un livre après leur ordination ?

Il est aussi indispensable de les aider à vivre leur célibat de manière saine et sainte, pour cela des formations psychologiques et spirituelles sont indispensables, car si cela doit continuer à être un signe, il ne faut pas que ce soit un signe incompréhensible ou bien de controverse comme c’est malheureusement le cas présentement. Car un signe, un symbole qui ne transmet plus sa signification première, n’a plus de raison d’être. Signes et symboles sont porteurs de sens ou n’ont pas de raison d’exister.

Finalement, le séminaire est-il la meilleure forme de formation pour le XXIe siècle, c’est le plus simple pour sûr, mais est-ce le plus efficace ? Je trouve que les jeunes qui font un parcours de formation universitaire en sciences humaines sont souvent bien plus matures que beaucoup de jeunes prêtres à la fin de leur formation. Il faudrait y réfléchir. Je pense que le format séminaire à fait son temps, et ne correspond plus comme outils efficace pour la formation des futurs prêtres, il pourrait même être une des causes de la crise que nous traversons actuellement.

Sans vouloir devenir Protestant, nous aurions peut-être des choses à apprendre de la formation de nos frères et soeurs pasteur(e)s dans nos églises soeurs. Mais cela demanderait une humilité que nous n’avons pas encore.

Mais, comme je l’écrivais au début de ce post, il est important tout d’abord de découvrir ensemble ce que nous voulons vivre, ensuite nous pourrons déterminer ensemble comment et avec qui y arriver.

Ce ne sont ici que quelques idées, il en existe certainement d’autres intéressantes à découvrir.

Stéphane Joulain, M.Afr.
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