Revue de Jean Monbourquette, Les projections maléfiques. Comment échapper à leur violence. (PE n° 1078)

On apprécie Jean Monbourquette, prêtre canadien décédé récemment, pour la qualité de ses ouvrages : A chacun sa mission, Apprivoiser son ombre, Aimer, perdre, grandir, Comment pardonner, Demander pardon sans s’humilier ?, La violence des hommes, etc.

Ce livre posthume, court et facile à lire, est fort instructif sur les phénomènes marginaux, mais connus dans la société, que sont les projections maléfiques, les sorts jetés, les boucs émissaires, les souffre-douleur à l’école, les moutons noirs dans les familles, les ‘têtes de Turc’ au travail, etc.

Il part de définitions claires venant surtout de la psychologie jungienne : la persona, cette faculté d’adaptation au monde extérieur, l’ombre, tout ce que nous avons refoulé dans l’inconscient (ombre blanche et ombre noire, ombre familiale, institutionnelle ou nationale) pour aboutir finalement à l’analyse du phénomène de la projection, phénomène très courant, y compris chez les gens dit ‘normaux’.

Selon la définition de Jung, la projection est un transfert inconscient, c’est-à-dire non perçu et involontaire, d’éléments psychiques subjectifs sur une personne, un animal ou un objet extérieur. Elle peut être bénéfique. Elle est alors un outil essentiel pour les éducateurs : parents, maîtres, formateurs, etc. Mais elle peut aussi être maléfique. A cette dernière, est consacrée la suite du livre, partie très concrète et comportant de nombreux exemples, venant aussi bien de la vie familiale (relations dans le couple, entre parents et enfants), du système scolaire que du monde du travail.

L’auteur mentionne d’abord les types de personnalité à risque : l’envieux, le jaloux, les personnes à l’esprit négatif, les suffisants, etc. Il envisage ensuite en détail les victimes : bouc émissaire, souffre-douleur, mouton noir, tête de Turc. Il cite aussi, par exemple, la cyberintimidation, le harcèlement par internet, dont souffrent beaucoup d’adolescents aujourd’hui : au Canada, 70 % des jeunes de 13 à 15 ans interrogés ont répondu avoir été intimidés sur Internet ; 44 % ont avoué avoir intimidé quelqu’un au moins une fois (p. 66).

Le livre se termine par des stratégies pour sortir de la victimisation et développer le respect de soi. C’est sans doute la partie la plus intéressante du livre. Voilà donc un nouvel outil pour le développement personnel qui vaut son pesant d’or!

Jean Monbourquette,
Les projections maléfiques. Comment échapper à leur violence,
collection Développement personnel,
ISBN 978-2-227-48846-5,
Bayard, Montrouge, Novalis, Montréal, août 2015, 118 pages, 14 euros

Guy Theunis, M.Afr.
Petit Echo n° 1078

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