Séminaire résidentiel de Sedos : Jeunesse et mission (PE n° 1092 – 2018/06)

Combien d’entre nous savent qui sont les « millénaires » populairement connus comme la génération Y ? A quelle génération appartiens-tu ? Es-tu membre de la génération perdue G ou de la génération I ou encore de la génération silencieuse, baby-boomers, ou génération X, ou Y ou encore génération Z ? Ce serait un sujet intéressant de faire une recherche en ligne pour en savoir plus sur ces classifications. Pour de nombreux participants au séminaire, c’était quelque chose de nouveau à découvrir : des classifications modernes.

En préparation du prochain synode sur la Jeunesse en octobre 2018 au Vatican, SEDOS (Centre de Documentation et de Recherche sur la Mission globale) a organisé un séminaire résidentiel de cinq jours sur le thème « Jeunesse et Mission » à la maison du Divin Maître à Ariccia (Rome) du 30 avril au 4 mai 2018. Plus d’une centaine de personnes représentant les quatre coins du monde ont été invitées à y participer, entre autres 4 confrères : André Schaminée (Rome), Daniel Ntumba Kabuya (Toulouse), Dieudonné Bulambo Amani (Ghana) et Leo Laurence Maria Joseph (Belgique) et une SMNDA, Sr Anafrida Biro (Pologne). La plupart des participants étaient des supérieurs majeurs, des animateurs vocationnels, des administrateurs ou des agents pastoraux travaillant avec les jeunes dans les paroisses et dans les centres spécialisés pour l’apostolat des jeunes.

Les principaux thèmes discutés pendant le séminaire étaient : « La culture contemporaine des jeunes : Entre le bien et le mal » par Emilia Palladino, professeur à l’Université pontificale grégorienne ; « Générée par la vie pour correspondre à l’amour » par Sr Bruna Zaltron (SCM) professeur à l’université Claretianum ; « Le rôle et les défis de l’évangélisation pour les jeunes dans le monde multiculturel et pluraliste d’aujourd’hui » par le Fr Paul Raj FSG, assistant général de la Congrégation des Frères Montfortains de Saint-Gabriel ; « Les évangélisés vont évangéliser : le rôle des laïcs missionnaires aujourd’hui » par M. Michael Papenkordt, professeur à l’Institut d’Évangélisation mondiale (ICPE-Allemagne) ; «Apprendre du ministère vocationnel aux Etats-Unis» par le Fr Paul Bednarczyck CSC, Vicaire général de la Congrégation de la Sainte Croix. La présentation du cardinal Lorenzo Baldisseri intitulée « Le Synode sur la jeunesse : les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » a conclu notre séminaire.

Les participants à la rencontre du SEDOS

Un des points forts du séminaire a été la table ronde en séance plénière avec quatre jeunes religieux qui ont ingénieusement partagé leurs expériences personnelles, en particulier leur cheminement vocationnel. Ce fut une découverte pour la plupart des participants d’entendre ce que ces jeunes religieux ont partagé concernant la formation. Un des éléments marquants a été la référence constante aux moyens modernes de communication, si importants autant dans l’animation vocationnelle que pendant la période de formation de nos candidats. Il est nécessaire d’avoir la liberté d’utiliser les téléphones et Internet pendant la période de formation pour apprendre à utiliser ces outils de manière responsable. Un Supérieur général nous a informé que dans leur congrégation, même les novices sont autorisés à utiliser le téléphone et Internet (bien sûr avec prudence et de manière responsable).

 
M.Afr. et SMNDA à la rencontre du SEDOS : Amani B. Dieudonné, Maria J. Léo Laurence, Sr Anafrida Biro, André Schaminée et Daniel K. Ntumba.

Quelle animation vocationnelle ?

Un autre élément important qui a attiré mon attention a été le mot « passion » dans l’apostolat avec les jeunes. Nous ne devons pas rester dans nos maisons et attendre que les jeunes viennent nous visiter. Il est temps que nous sortions de nos zones de confort (maisons religieuses et couvents) pour aller aux endroits où se trouvent les jeunes aujourd’hui. Si les jeunes ne rejoignent pas la vie religieuse, c’est précisément parce que notre mode de vie ne les attire pas. Nous avons perdu la passion pour le Christ, notre charisme et notre engagement missionnaire et nous sommes devenus trop à l’aise derrière des structures. L’un d’entre nous a même fait ressortir l’idée de « suicide collectif » parce qu’il n’avait pas d’espoir pour l’avenir. Cette tendance doit être fermement combattue.

Nous utilisons encore des brochures vocationnelles imprimées en 1920, a mentionné une Sœur en plaisantant et, en plus, une méthode d’animation vocationnelle qui n’attire plus la jeunesse d’aujourd’hui. Est-ce que les pamphlets sont destinés aux membres déjà existants ou aux futurs candidats potentiels ? Sont-ils attrayants pour la jeunesse d’aujourd’hui ? Combien d’entre nous saisissent tout le potentiel des moyens modernes de communication dans notre animation vocationnelle ? Les jeunes d’aujourd’hui sont en ligne 24 heures sur 24 et sont connectés au monde. Imaginez, si nous pouvions créer une application et la commercialiser dans Google Play Store, nous serions probablement les premiers sur le net à avoir une application. Nous pourrions aussi avoir notre propre application M. Afr. afin que les membres soient plus facilement connectés que par le biais d’un site Web.

Un autre élément qui m’a frappé dans les discussions est le fait que l’animation vocationnelle pour certaines congrégations est un travail à temps partiel, bien que l’avenir de la congrégation en dépende entièrement. Par conséquent, un engagement renouvelé de tous les membres à s’engager dans l’animation vocationnelle est nécessaire partout où cela est possible. Un promoteur vocationnel à temps plein est une nécessité absolue si nous voulons recevoir de nouveaux membres dans notre Société. Nous sommes tous appelés à faire la différence et à attirer les jeunes vers la vie religieuse par notre témoignage de vie.

Dans la période de formation, nous ne devons pas considérer les jeunes comme un objet à former, mais comme des sujets actifs capables de contribuer à leur propre formation et croissance. Par conséquent, une attitude plus ouverte et attentive est nécessaire dans les maisons de formation afin d’actualiser constamment notre méthode de formation en fonction des besoins de l’époque. On nous a demandé : Faites-vous confiance aux jeunes ? À notre grande surprise, tous les membres de l’assemblée ont affirmé que nous avons confiance et croyons en la jeunesse qui a un immense potentiel et est l’espoir pour l’avenir. Tout ce que nous devons faire est de les attirer par notre témoignage personnel, aller à leur rencontre et s’approcher d’eux avec espoir. Le prochain Synode sur la jeunesse pourrait apporter des conclusions radicales en raison de la participation active des jeunes qui ont répondu au questionnaire et participé à la préparation du document de travail.

Puissions-nous continuer à prier pour que le Saint-Esprit continue de nous guider dans la prise de bonnes décisions concernant les jeunes, non pas pour eux mais avec eux ! Dans l’ensemble, le séminaire a été instructif, stimulant et engageant. Merci à SEDOS et à la Société de nous avoir invités à participer à cette rencontre qui fut un succès.

Maria Leo Laurence, M.Afr.

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