« The Church we want… » – Une revue (PE n° 1083)

Agbonkhianmeghe E. Orobator (Ed.), The Church We Want. African Catholics look to Vatican III, ISBN 978-1-62698-203-1, Orbis Books, New York, 2016, XXXI + 272 pages

Pendant 3 ans, de 2013 à 2015, 60 théologiens d’Afrique, de toutes conditions, ont échangé sur la religion, l’Eglise et la société en Afrique. 3 volumes ont paru aux Editions Paulines de Nairobi en 2014, 2015 et 2016.

Le livre présenté ici en est une anthologie éditée pour le monde extérieur à l’Afrique ; nous en remercions les éditions Orbis Books de la Société des Maryknoll. Elle reprend 19 contributions dont celles de 2 évêques et de 8 théologiennes.

L’ouvrage comporte 3 parties de valeur inégale : l’impact du pape François sur l’Eglise d’Afrique, partie intéressante sur laquelle je reviens, critique de la méthode en théologie et de la pratique ecclésiale, partie moins intéressante à mon avis car elle reprend des éléments connus et développés ailleurs, et « une Eglise qui avance avec audace et créativité ».

Cette 3ème partie est à retenir car elle reprend à la fois les problèmes majeurs auxquels l’Eglise a à faire face aujourd’hui sur le continent, mais souligne surtout les caractéristiques que devraient avoir la théologie et la pastorale en Afrique aujourd’hui. Elle plaide pour une pratique inclusive, contextuelle et créatrice, basée sur une théologie en dialogue, en collaboration (spécialistes et non-spécialistes), intergénérationnelle (les jeunes étant la partie la plus nombreuse, la plus vivante et la plus active actuellement) et interdisciplinaire.

La contribution d’Emmanuel Katongole, ougandais, décrit 7 caractéristiques de cette ‘Eglise que nous voulons’ : une Eglise pauvre pour les pauvres, une communauté active et non-violente, prônant une révolution silencieuse dans une Afrique du bruit, ancrée dans le sol africain (et non plus calquée de l’Occident), où les responsables sont réellement au service de tous, une Eglise où les femmes exercent davantage leur rôle de leaders, une Eglise, finalement, fiable et honnête (p. 161-173).

Une autre contribution de valeur est celle de Joseph Healey du Kenya. Partant d’actions et de déclarations d’évêques et d’autres personnes engagées, revenant sur la pastorale des communautés ecclésiales vivantes de base, il souligne, entre autres, 2 problèmes urgents : l’absence d’eucharistie dominicale pour 80 % des catholiques en Afrique de l’Est et la nécessité d’adopter le sacrement de mariage par étapes (p. 189-211).

A la lecture du livre, on sent aussi l’impact du pape François sur la réflexion théologique exprimée dans l’ouvrage. Mgr Kevin Dowling, d’Afrique du Sud, dans la contribution initiale (p. 3-10), met en valeur les principes de Vatican II repris par le pape actuel : subsidiarité, collégialité, discernement par dialogue et écoute. Il insiste sur la nécessité de partir de la base pour discerner ce que l’Esprit dit aux Eglises.

Mgr Antoine Kambanda, du Rwanda, reprend 3 qualités du pape actuel que devrait développer chaque évêque : la compassion, l’amour et l’attention pour les plus pauvres, et une proximité pastorale effective du peuple (p. 65-76).

Je ne puis que conseiller la lecture de cet ouvrage. Chaque confrère y trouvera des éléments de réflexion, sans doute d’autres que je n’ai pas développés ici. Mais la question demeure (p. 189) : aurons-nous un Concile Vatican III ou Nairobi I ?

Guy Theunis, M.Afr.

 

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