Troisième dimanche de Carême, Année A

Jésus, source d’eau vive jaillissant pour la vie éternelle

Exode 17, 3-7 / Psaume 94 (95) / Romains 5, 1-2.5-8 / Jean 4, 5-42

Aujourd’hui la parole de Dieu met l’accent sur la soif ; un des besoins quotidiens qui nous pousse à chercher de l’eau à boire. Cela étant, nous pouvons nous rendre compte de l’importance cruciale du besoin d’eau dans la vie humaine et pour tous les êtres vivants. Dans le langage populaire nous disons que : « L’eau, c’est la vie. »  Autrement dit, notre vie en dépend absolument. La soif d’eau est existentielle et personne n’est épargné. Dans l’histoire biblique, nous avons aussi des situations où le besoin d’eau se fait sentir d’une manière pressante. Les cas concrets de cette réalité sont illustrés dans la première lecture tirée du livre de l’Exode et dans l’extrait de l’évangile de saint Jean.

Première lecture

S’agissant de la première lecture, le peuple juif étant en route, au désert, vers la terre promise ressent la soif et commence à se révolter contre Dieu et Moïse. Ce peuple oublie déjà tout ce que le Seigneur a accompli tout au long de leur marche en demandant à Moïse : « Pourquoi nous as-tu fait monter de l’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir de soif avec nos fils et nos troupeaux ? » Malgré cette ingratitude, Moïse ne se décourage pas, tout en continuant à supplier le Seigneur. Par sa miséricorde et son amour infini, le Seigneur lui ordonne de frapper le rocher où sortira l’eau pour entacher leur soif. A travers ce geste, Dieu manifeste sa fidélité et son amour inébranlable pour son peuple. Le psalmiste illustre cela en ces termes : « Car l’Éternel est bon ; sa bonté dure toujours, et sa fidélité d’âge en âge » (Ps 100, 5).

A l’instar de ce peuple, nous avons aussi parfois une mémoire rebelle qui oublie vite les bienfaits de Dieu lorsque nous traversons le désert de la vie ou encore des situations difficiles. Lorsque nous souffrons, nous nous sentons abandonnés, désemparés, révoltés et peut-être soulignons-nous l’absence de Dieu dans notre vie en nous disant : « Pourquoi Dieu doit-il permettre à ce que cette maladie, cette guerre, cette déception ou encore ce moment de calvaire m’arrive ? » Eh bien, quelles que soient les situations difficiles que nous connaissons, le Seigneur demeure présent dans nos vies. Il ne cesse de nous combler de son amour par sa compassion envers nous. Cette péricope nous invite à la persévérance et à prier sans cesse spécialement pour ce temps de carême.

Nous n’avons qu’un rocher, la source d’eau intarissable qu’est le Seigneur. C’est lui notre refuge, notre force et notre bouclier pour tenir face aux secousses de la vie.  Revenons vers lui, car il est la source de notre salut. Il nous appelle aujourd’hui à la conversion de notre cœur et surtout à identifier nos sécheresses spirituelles afin de recevoir l’eau du rocher qui étanche la soif qui nous agace.

Deuxième lecture

Dans cette perspective salvifique, la deuxième lecture tirée de la lettre aux Romains nous invite à goûter et à savourer cet amour répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint pour nous procurer la vie éternelle. C’est par amour que le Christ a versé son sang, et l’eau vive a jailli de son cœur pour nous délivrer de la mort et du péché. Cette lettre nous invite à l’espérance et à faire confiance au Seigneur qui a voulu que son fils unique soit la cause de notre rédemption.

Évangile

S’agissant de l’Évangile, nous avons une rencontre bouleversante entre Jésus et la femme samaritaine. Cette rencontre est marquée par une dynamique de conversion et de transformation profonde, étant donné que Jésus vient rompre la barrière culturelle de division entre juifs et samaritains. Pour lui, le salut est universel et aucune discrimination n’est tolérable. A travers ses paroles rassurantes, Jésus aide la femme samaritaine à se débarrasser de sa peur et à s’ouvrir au salut. Partant de cette rencontre constructive, cette femme reconnaît en la personne de Jésus, le prophète, le messie ou encore le sauveur du monde. 

Après cette reconnaissante révélatrice, elle lui demande de boire cette eau vive pour ne plus avoir soif. Jésus est pour elle, la source véritable d’eau vive jaillissant pour la vie éternelle. Celui qui boit de cette eau n’aura plus jamais soif. Autrement dit, si nous acceptons d’accueillir Jésus et de nous laisser transformer par lui, nous nous ouvrons à la grâce surabondante et au salut. Accepter de rencontrer le Christ, c’est choisir de prendre une nouvelle direction qui nous ouvre à la pénitence et à combler notre cœur de la soif de Dieu.

Nous sommes tous assoiffés de quelque chose : soif du pouvoir, soif de gagner de l’argent, soif de sécurité, soit d’être aimé, soif d’un travail stable, etc. Lorsque ces différentes soifs ne sont pas satisfaites, il nous arrive de récriminer contre Dieu, et peut-être de chercher la solution ailleurs. Aujourd’hui, prenons conscience qu’en dehors de Jésus, la source véritable d’eau vive, nous ne pouvons qu’avoir des satisfactions éphémères. Changeons nos cœurs et mettons-nous à la recherche de cette eau vive pendant ce carême à travers la prière, un jeûne véritable, la pénitence et l’aumône.

Que Dieu nous aide à mettre sa parole en pratique et à témoigner de lui auprès de nos frères et sœurs. Bonne montée vers Pâques et fructueux temps de carême.

Par: Gilbert Serge Assani Kakusu, M.Afr.