Un bon pasteur, non pas un « faiseur de miracles » (PE n°1090 – 2018/04)

Il est vrai que Jésus a fait beaucoup de guérisons mais il n’est pas venu sur la terre pour commencer un groupe de guérisseurs ou de faiseurs de potions magiques : il y en avait suffisamment à l’époque (Lc 11,19) qui avaient beaucoup de succès ! Si Jésus guérissait les malades, c’était pour annoncer un Royaume, une nouvelle communauté proche des personnes et spécialement des plus démunis, souvent rejetées par le monde religieux. Jésus a souvent refusé que l’on parle de ses guérisons, qu’il fasse des choses extraordinaires (Mt 12,38-42) – ce qui n’est pas le cas de toutes les personnes qui ne pratiquent ce don que pour faire parler d’elles… Beaucoup de gens ne sont que de faux messies. Quand les foules ont voulu le faire roi (Jn, 6-15) Jésus se retira tout seul dans les collines environnantes, car pour lui le grand miracle, c’est « le pain de vie » (Jn, 6-58) et au verset 66, on lit que beaucoup l’ abandonnèrent… C’est pourquoi, demandons-nous : que puis-je faire quand je suis en présence de personnes malades, sans nourriture, exclues… pour ma part, je ne cherche pas à faire tomber la pluie (ceux qui la prédisent savent souvent regarder la nature, comme une suractivité des termitières, signe de pluie proche) moi, j’encourage les paysans a bien préparer leurs champs, quand la saison des pluies approche, au lieu de traîner dans les bistrots, d’employer des légumineuses qui enrichissent les sols, de reboiser, de ne pas planter que du maïs ( pour la bénédiction des graines, je m’assure toujours, avant de commencer la célébration, qu’ils ont amené des plants de maniocs, très résistants en cas de sécheresse). Quand je suis appelé par un chrétien malade, de quelque maladie que ce soit, même psychique, je crois qu’il est aimé, que j’ai à l’écouter et je peux lui donner le sacrement des malades, entouré de ses proches, de sa communauté – et nous lui imposons les mains, pas moi seul, mais nous tous. Et s’il se sent guéri, je ne veux pas passer seul pour un faiseur de miracles.

A chacun de se demander : quel sont les dons que j’ai reçus et comment vais-je les utiliser pour être proche de tous ceux de ma communauté, de mon voisinage quand « le Padre » n’est pas là ?

Extrait d’une lettre (en swahili) aux chrétiens d’Iboja – 1998

 

 

 

Georges Paquet

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