Veillée pascale, Année A

Le Christ est ressuscité des morts. Alleluia! Alleluia!

Gn 1,1-2,2 / Gn 22,1-18 / Ex 14,15-15,1 / Is 54,5-14 / Is 55,1-11 / Ba 3,9-15.32-4:4 / Ez 36,16-17a,18-28 / Rm 6,3-11 / Ps 117(118) / Mt 28, 1-10

Les quarante jours du Carême sont terminés, et ce soir, nous nous réunissons pour célébrer la veillée pascale. C’est la solennité des solennités ; la mère de toutes les fêtes dans la Sainte Église Catholique. C’est la nuit la plus sacrée de notre foi : la nuit de la lumière, la nuit de la vie nouvelle, la nuit de la victoire. Des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie, Dieu révèle sa puissance salvatrice. Alors que nous veillons sur le tombeau de Jésus, nous restons vigilants et prêts à accueillir le Seigneur Ressuscité, vivant, victorieux et immortel.

Deux signes puissants nous aident à pénétrer le sens et le mystère de la Résurrection :

Le premier signe est le feu, qui devient lumière. Au départ, Dieu a dit : « Que la lumière soit. » La lumière est un symbole universel de compréhension, de vérité et de libération des ténèbres et de l’esclavage. En commençant cette veillée par le rite solennel de la lumière, nous sommes rappelés que Jésus est la Lumière du monde, qui dissipe toutes ténèbres et éclaire notre chemin, tout comme la colonne de feu guidait autrefois les Israélites vers la Terre promise. Alors que nous entrions en procession dans l’église sombre, la flamme du cierge pascal s’est répandue parmi nous, devenant un signe du Christ, véritable Étoile du Matin qui ne se couche jamais ; Celui en qui la lumière a vaincu les ténèbres.

Le deuxième signe est l’eau. Partout, l’eau signifie le renouveau, la purification et le rétablissement de la vie. Par l’eau et le Saint-Esprit, nous renaissons en tant qu’enfants d’une nouvelle création. Ce soir, lors de la bénédiction solennelle des fonts baptismaux, lorsque le cierge pascal, symbole du Christ ressuscité, est plongé dans l’eau, nous nous souvenons de notre propre baptême. Nous renouvelons nos promesses baptismales, en rejetant le péché et en professant notre foi. Par les eaux du baptême, nos péchés sont lavés, et nous sommes renouvelés, vivant comme enfants de Dieu dans l’Esprit Saint. Ce soir, l’eau devient pour nous une source vivante ; source de vie et pleine de grâce ; une image du sacrement par lequel nous participons à la mort et à la résurrection de Jésus-Christ.

Outre ces deux signes, il y a un autre élément essentiel : la Parole de Dieu. Les lectures que nous avons écoutées ce soir dévoilent et éclairent chacune le sens de la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Elles nous guident à travers l’histoire du salut, de la création à l’appel et à la libération d’Israël, au témoignage des prophètes – toutes indiquant de plus en plus clairement Jésus-Christ.

Nous avons commencé par le récit de la création, où Dieu tire l’ordre du chaos et la lumière des ténèbres. Cela nous rappelle que Dieu est toujours à l’œuvre, même au moment le plus sombre de nos vies, faisant naître une réalité nouvelle et belle. Bien que le péché soit entré au monde par Adam, le Christ, nouvel Adam, ressuscite d’entre les morts pour inaugurer une nouvelle création.

Dans l’histoire d’Abraham, nous rencontrons un exemple profond de foi et de confiance. Abraham voulait tout offrir à Dieu, et Dieu, en retour, a pourvu à ses besoins. Cela nous apprend que Dieu n’abandonne jamais ceux qui placent leur confiance en Lui. Tout comme il a été demandé à Abraham d’offrir son fils Isaac, Dieu le Père a donné Son Fils unique pour notre salut. Accepter la résurrection du Christ devient donc le véritable test et le fondement de notre foi.

Dans l’Exode (Ex 14, 15–15, 1), Dieu délivre son peuple de l’esclavage et le conduit à la liberté. La traversée de la mer Rouge devient un puissant symbole de salut : un passage de l’esclavage à la liberté. De la même manière, la résurrection du Christ nous libère de l’esclavage du péché et de la mort et nous conduit à la vie nouvelle.

Par le prophète Ézéchiel (Ez 36, 16-28), Dieu promet un cœur nouveau et un esprit nouveau. Il parle de purifier son peuple, d’ôter ses impuretés et de le renouveler de l’intérieur. Cette promesse s’accomplit en Christ, dont la résurrection nous purifie et fait de nous une nouvelle création.

Dans l’Épître aux Romains, St Paul nous rappelle que par le baptême, nous sommes unis au Christ dans sa mort et sa résurrection. Notre ancien moi est enseveli, et nous ressuscitons à une vie nouvelle, ne vivant plus pour le péché mais pour Dieu dans la puissance du Saint-Esprit.

Enfin, dans l’Évangile (Mt 28, 1-10), les femmes se rendent au tombeau et le trouvent vide. Le tombeau neuf dans lequel Jésus avait été enseveli fut trouvé vide. C’était un tombeau neuf ; il n’y eut donc aucune confusion des corps. Les gardes romains qui s’y trouvaient ont également témoigné du tombé vide. Saint Jean, dans l’Évangile, nous présente « l’expérience du tombeau vide comme un signe de la résurrection de Jésus à la vie. Jésus est ressuscité ; il n’est pas là. Marie-Madeleine court annoncer aux disciples que le corps du Seigneur n’est pas dans le tombeau. Le « disciple que Jésus aimait » et Pierre coururent vers le tombeau et, bien que le « disciple bien-aimé » soit arrivé le premier, par respect, il laissa Pierre entrer avant lui. Saint Jean nous dit que le disciple bien-aimé est également entré dans le tombeau vide, et « il a vu et il a cru ». Il a cru que le Seigneur était vraiment ressuscité. » Ici, la réponse à la question « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » est « le tombeau vide ». Le message résonne d’espoir et de victoire : « Il n’est pas ici ; il a été ressuscité. » La mort a été vaincue. Le Christ est vivant.

Mes chers frères et sœurs, proclamons avec une grande joie : « Le Christ est ressuscité d’entre les morts ! » Que « Alléluia ! Alléluia ! » soit notre chant chaque jour, car nous sommes désormais « le peuple de Pâques ». Par sa résurrection, Jésus a vaincu la mort, et cette victoire est le fondement même de notre foi. Elle nous assure de notre propre résurrection, proclame le pardon de nos péchés et nous appelle à la vie éternelle. C’est pourquoi nous sommes invités à passer de la peur à la foi, du doute à l’espérance, et de la mort à la vie. Prenons un moment pour reconnaître ce qui nous tient captifs – que ce soit le péché, la peur ou des habitudes malsaines – et permettons à Dieu de nous conduire vers la véritable liberté. Comme les femmes au tombeau, partons et partageons cette Bonne Nouvelle par nos paroles et par nos vies.

Que cette célébration soit le début d’un engagement renouvelé et discipliné envers la prière, le sacrifice et la charité, nourri tout au long de notre cheminement de Carême. Qu’elle renforce également notre foi et comble nos cœurs de la joie du Seigneur ressuscité. Alléluia !

Par: John C. Mubanga, M.Afr.