Ward Schoofs 1923 – 2017 (PE n° 1089 – 2018/03)

Ward (Edouard, que l’on appelait le plus souvent ‘Warre’) est né le 28 août 1923 dans une famille nombreuse à Kinrooi en province du Limbourg. Il est le second de dix enfants. Son père était directeur d’école. Ward suivit les humanités gréco-latines chez les Pères Croisés à Maaseik. Notons en passant que Ward restera toute sa vie un grand défenseur du dialecte de Kinrooi. En septembre 1941, il entra chez les Pères Blancs à Boechout. Sa soeur Mia était déjà entrée chez les Soeurs de l’Enfant Jésus, où sa cadette Hélène la suivrait plus tard. Et Willy, plus jeune, suivra son frère Ward. Pendant le noviciat à Varsenare en 1943, les novices durent céder la place à l’occupant allemand et s’installer à Sint-Kruis près de Bruges. Ward prononça son serment missionnaire le 6 avril 1947 à Heverlee, où il fut ordonné prêtre le 29 mars 1948. Pendant les années de formation on décrit Ward comme un homme joyeux et aimable, toujours prêt à rendre service. Il est très actif, volontaire, homme du devoir, un leader. Il est très pieux, a un caractère modéré ? et équilibré, mais devra surveiller et vaincre sa timidité naturelle.

Le 13 novembre 1948, Ward s’envole en DC-7 de Melsbroek via Léopoldville pour le Burundi. Son premier poste sera Mutumba dans le vicariat de Gitega, en ce temps-là. En 1951 il prend part à la fondation de Rumonge. En juillet 1955 on l’envoie à Ngarara, où, en plus de vicaire et de directeur des écoles, il est professeur à l’école des policiers. Partout la direction des écoles lui réussit fort bien, notent aussi bien Hellemans que Van Hoof, régionaux. Et de souligner tous les deux que Ward est un excellent confrère.

De retour de son premier congé, où il fit aussi sa grande retraite à Mours, Ward retourne début 1959 à Ngarara. En 1961 et pour de longues années, il devient supérieur à Gihanga. Cette paroisse fait partie de l’archevêché de Bujumbura érigé en 1959 par le transfert de 11 paroisses du diocèse de Gitega. Ward construit plusieurs succursales, lance des coopératives, réalise des adductions d’eau potable et donne des cours de religion à l’école technique. « Il est très zélé, note en juillet 1964 le père Braekers, régional, il suit bien ses paroissiens, il est aimable à leur égard. Il cherche le contact avec les gens ». Et de conclure : « Aussi la paroisse prospère-t-elle ». Ward lance une méthode spéciale pour la prière en famille. En 1972 il est élu conseiller de la Région. Il fait également partie du Conseil de l’évêque. En 1972 il devient aussi responsable du B.D.D.B. (Bureau de Développement du Diocèse de Bujumbura). « Un peu lent de tempérament (ne s’énerve jamais), mais patient et tenace dans la réalisation de ses projets longuement mûris », écrit le père Quintard, alors assistant-régional. Entretemps la paroisse de Gihanga avait été intégrée au diocèse de Bubanza, créé en 1980.

Sous la présidence de Bagaza les missionnaires doivent chaque année renouveler leur permis de séjour. Nombre de missionnaires ne voient plus le leur renouvelé. Le 4 mars 1985, Ward reçoit à son tour la permission de quitter définitivement le pays. Un confrère réagit abasourdi : « Ward, le sage ! Une catastrophe pour Gihanga, mais heureusement il a beaucoup travaillé avec les laïcs et préparé l’avenir. Un grand pasteur s’en va, un bon conseiller, un ami de tous. Son évêque regrettera très sincèrement son départ…». Ward aurait bientôt 63 ans, dont 37 comme missionnaire au Burundi…

Des mois durant Ward s’est demandé s’il allait partir au Congo ou s’il devait attendre un éventuel retour au Burundi… Un argument probant fut finalement sa surdité grandissante. Aussi décida-t-il d’accepter sa nomination à notre communauté de Genk. Il écrit : « Je devrai à peu près repartir à zéro. C’est au fond la pauvreté la plus grande mais fort curieusement aussi la plus grande richesse. Tu dois t’abandonner et tu ne peux te fier qu’à Lui. C’est ta seule planche de salut et tu ne peux plus être que ‘missionnaire’. Tu n’as plus de prise sur ta vie, plus de prise sur le chemin que tu dois emprunter. On ne peut plus que suivre le chemin que Dieu t’indique en t’engageant totalement avec ardeur. »

Fin 1985, Mgr. Schreurs nomme Ward vicaire à Bret-Gelieren, à quelques kilomètres de notre maison de Genk. C’est une paroisse dynamique avec plein de mouvements et d’activités. A côté des mouvements de jeunesse et des chorales, on y trouve un cercle missionnaire fort actif, une Ligue des hommes, une association de tir… Les premières années, Ward assure encore la catéchèse des enfants. Le dimanche plusieurs célébrations eucharistiques sont à assurer. Ward se consacre plus spécialement à la visite des malades, aussi bien dans les hôpitaux que chez les gens à la maison. La population l’apprécie beaucoup. Chez nous, Ward est nommé responsable de la communauté en 1987 et quelques années plus tard il sera membre du Conseil provincial.

En novembre 2010, Ward déménage de Genk à Munsterbilzen. Marcher et bouger se font de plus en plus lentement, mais son esprit reste lucide et alerte. Il continue d’être le conteur agréable qu’il a toujours été. Fin novembre 2017 – devenu le dernier résident vraiment âgé de notre communauté de Munsterbilzen – Ward rejoint la maison de repos ‘Immadi’ des Sœurs de l’Enfant Jésus à Hasselt, où il retrouve sa sœur Hélène. Il s’y éteint paisiblement le 12 décembre 2017. La liturgie d’adieu eut lieu le lundi 18 décembre en l’église paroissiale Notre-Dame de Fatima à Bret-Gelieren, suivie de l’inhumation en notre cimetière de Varsenare. Qu’il repose en paix.

Jef Vleugels, M.Afr.

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