Xavier Boinot 1918 – 2016 (PE n° 1078)

Xavier est né le 3 décembre 1918 à Niort dans les Deux-Sèvres. Le dixième enfant d’une famille qui en compta Onze, famille profondément chrétienne où germèrent six vocations sacerdotales : deux prêtres diocésains, un Dominicain, un Bénédictin et deux Pères Blancs, Xavier, et François son aîné qui lui envoyait des photos de Thibar où il était scholastique. Toute sa vie Xavier resta profondément attaché à sa famille : il suivait l’évolution de chacun de ses membres avec attention et affection. Quand Xavier parla à ses parents de son désir de devenir missionnaire, de suivre François, ceux-ci le trouvèrent trop jeune et lui demandèrent d’aller d’abord à l’Université, la catho d’Angers. Il choisit de faire l’année préparatoire à la médecine. Un an après, en 1936, il entrait à Kerlois muni de son diplôme ( P.C.B.).

Malheureusement, au début de la 2° année, il tombe malade : tuberculose pulmonaire. S’en suit un long éloignement des P.B. D’abord le sanatorium du clergé de Thorenc, où il trouva un climat spirituel solide, et y noua de grandes amitiés. Puis les études au grand séminaire de Poitiers. Il est ordonné prêtre en 1943, passe une année à la Catho d’Angers d’où il ressort avec une licence en théologie. Il est alors admis au noviciat à Tournus en décembre 1944.

Sa première nomination sera pour St Laurent d’Olt ( Aveyron ) qui était le Petit Séminaire des P.B. Il y prononce son serment missionnaire le 8 décembre 1946. Après quoi, il est envoyé à Kerlois, comme professeur de philosophie de 1947 à 1952.

C’est alors le départ pour l’Afrique ; Xavier est nommé à Ouagadougou, ( Haute Volta, devenue Burkina Faso ). Il est vicaire à la cathédrale et aumônier d’étudiants. En 1958, alors qu’il était en congé en France, il reçoit sa nomination comme supérieur de Kerlois. Il a aimé Kerlois, où, débarrassé de l’enseignement de la philosophie, responsable de la maison, il formait une équipe soudée avec de jeunes professeurs. Il y resta sept ans.

En juin 1965, malgré toutes ses objections, il est nommé Provincial de France. Il forma une équipe fraternelle avec les PP Saclier et Longin. Leur entente à trois était parfaite. Xavier pouvait aussi compter sur la collaboration et la compétence de François de Gaulle pour les problèmes économiques. Durant son mandat de Provincial, il fut à l’origine de la fondation de la maison de retraite de Bry sur Marne, et veilla particulièrement au suivi des étudiants dans les foyers de Neuviller et Fréconrupt à Strasbourg. En mai 1968, alors que plusieurs confrères étudiants étaient engagés dans ce qui se passait dans leurs facultés, Xavier n’a jamais eu une attitude négative de condamnation, mais il parlait avec eux, les écoutait, leur faisait confiance, montrait la sûreté de son discernement, son ouverture d’esprit et son sens du dialogue fraternel. Ce que ses confrères du Chapitre de 1967 ont également apprécié ; il y fut de bon conseil pour les participants de cette réunion à Rome où dans la prière et la réflexion ont été traités les problèmes de la Société et de l’Afrique.

Avec grande joie, Xavier retrouve l’Afrique en 1972 Il se retrouve seul Père Blanc dans la communauté sacerdotale africaine qui dessert la cathédrale de Ouagadougou. : il y est heureux dans le ministère paroissial, où il s’occupe entre autre de la préparation au mariage. Mais il devint surtout le collaborateur habituel du Cardinal Zoungrana. Pendant plusieurs années, il fut le secrétaire qui déchargeait le Cardinal de bien des tâches et travaux divers. Cela pouvait aller du courrier à faire, des homélies et discours à rédiger dont il recevait auparavant les idées maîtresses. Il fallait aussi l’accompagner dans ses voyages, à Rome surtout. Le tout avec rapidité et discrétion. Ce fut, dit Xavier, un véritable plaisir de travailler avec le Cardinal et pour lui.

A côté de ces fonctions il était aussi vicaire épiscopal pour les religieuses. Il aida tout particulièrement les Soeurs de l’Immaculée Conception, tant au plan spirituel qu’au niveau juridique. Il aimait s’arrêter dans leurs communautés pour partager leur prière, les écouter, leur parler, en toute simplicité. Il était aussi l’Official pour l’archidiocèse de Ouaga et pour les diocèses voisins. Cela lui demandait du travail car il n’était pas préparé pour cette fonction. Mais il y prit goût, et traita un certain nombre de causes, permettant à des chrétiens de retrouver la paix avec une situation normale dans l’Eglise ; travail aride mais indispensable.

Xavier fut aussi aumônier de la prison. Il y rencontra des officiers et fonctionnaires victimes de la révolution, des catholiques qu’il retrouva par la suite berger de groupes du Renouveau Charismatique, mais aussi des musulmans de haut niveau avec qui il garda des relations.

De cette période aussi datent ses relations avec le Président Sankara, et sa famille. Xavier a eu une place spéciale dans son foyer et jusqu’à ces dernières années il garda des relations avec le père du Président, Mme Sankara et ses enfants

On pourrait allonger la liste de toutes les activités et entreprises de Xavier, toujours disponible pour rendre service à tous, facilitant aussi l’Africanisation du Diocèse par ses liens avec le clergé et la hiérarchie. Un grave accident de moto en décembre 1982, nécessita le rapatriement en France pour fracture du crane. Des séjours à St Joseph puis à l’hôpital Duran pour trépanation le remirent d’aplomb, si bien qu’après une convalescence à Billère, il est de retour à Ouaga en 1983. Il est alors professeur au Grand Séminaire diocésain St Jean, et ceci pendant 5 ans. De1988 à 1990, il réside à la maison d’accueil de Ouaga, tout en étant vicaire épiscopal et judiciaire.

La mission lui demande un dernier service : faire partie de la mission de Zinder, au Niger, dont la Société prend la charge après le départ des Pères Rédemptoristes. Période difficile pour Xavier : ils n’étaient que deux en Communauté, et l’apostolat dans ce pays à 95 % musulman, lui était totalement nouveau. Il y resta trois ans, au terme desquels, ce fut le retour définitif en France.

Après un séjour à Billère pour contrôle de santé, Xavier participe au service de l’accueil à la rue Friant jusqu’en 1999. Il s’occupe aussi de la Bibliothèque. Ce qu’il continuera à faire à Bry sur Marne où il arrive le 10 octobre 1999 pour une retraite bien méritée. La Communauté de Billère l’accueillera en 2012 pour lui procurer des soins plus adaptés à son état de santé. Il nous quittera sereinement, bien entouré par sa Communauté et par le personnel de la maison, dans la soirée du jeudi 22 septembre 2016. Il avait 97 ans.

Telle fut la vie d’un Missionnaire Père Blanc, serviteur de la Bonne Nouvelle en Afrique et serviteur de ses confrères avec lesquels il aimait vivre en Communauté. La vie de communauté, avec l’exigence de prière, qui le rapprochait d’un de ses frères et de son neveu bénédictins, lui étaient en effet très chères. Avec son souci d’apostolat aux dimensions multiformes, Xavier fut un confrère qui par toute sa vie aida beaucoup d’entre nous.

Xavier, Merci pour tout ce que tu as fait, Merci pour ce que tu as été. Merci pour tout ce que tu laisses. A Dieu.

La communauté de Billère
Petit Echo n° 1078

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