Accueil et accompagnement des jeunes confrères (PE n° 1091 – 2018/05)

Une facette de notre vie missionnaire comporte des allées et venues, des bienvenues et des adieux. Entre les arrivées et les départs, nous sommes appelés à construire une communauté, par un style de vie simple, un esprit de fraternité et de partage, une communion de prière et une collaboration apostolique missionnaire. Cette réalité revêt un caractère unique lors de l’arrivée des jeunes confrères dans leur lieu d’apostolat après le serment, et cela non seulement pour les nouveaux arrivés mais aussi pour les confrères qui les reçoivent.

L’accompagnement des jeunes confrères débute bien avant leur arri- vée. Dès l’annonce de leur nomination à une communauté et lieu d’apostolat, il est important de lui souhaiter la bienvenue et lui dire que nous avons hâte de faire connaissance. Il est opportun de lui décrire brièvement les membres de la communauté, le lieu et le type d’apostolat exercé. Ainsi le jeune confrère devient en mesure de partager cette information avec parents et amis. Il se sent bienvenu et déjà des liens commencent à se tisser. Il reçoit le goût de se rendre sur place et de participer à la vie de la communauté et à l’apostolat. De plus cette communication procure un point de départ pour l’insertion du jeune confrère.

Jean Lamonde avec John Biju et Pascal Durant

Souvenons-nous que l’arrivée d’un jeune confrère transforme la com- munauté d’accueil. Celui-ci possède ses propres qualités, ses dons, ses forces ainsi que ses limites et faiblesses. Il n’est pas une pièce nouvelle de rechange et il n’accomplira pas son apostolat exactement comme celui qui vient de partir.

L’accueil des jeunes confrères

Comment accueillir et accompagner un jeune confrère ? Sur quels points insister ?  

D’abord préparer sa chambre et l’accueillir dès les premiers instants. Passer du temps avec lui. Ainsi chacun parle un peu de lui-même, de sa vie, de sa famille et de son apostolat. Ces rencontres sont cruciales pour établir des liens d’amitié et les dynamiques de collaboration missionnaire. Elles aident les membres de la communauté à faire le point sur leur vécu missionnaire (vie de communauté, prière, apostolat et ses priorités, etc.) et à apporter les ajustements nécessaires. Ainsi l’accueil et l’accompagnement d’un jeune confrère fournissent à la communauté l’occasion d’une relecture et d’un renouvellement.  

Cette démarche est exigeante, plus que de répondre : « Ici, ça ne se fait pas comme cela, et tu verras pourquoi plus tard ». Moi aussi, j’ai été accueilli et initié comme jeune confrère et souvent j’ai ressenti le besoin de poser mes questions. Et parfois, la réponse du confrère « expérimenté » était tout simplement : « Je ne sais pas. Je pense qu’en procédant de cette manière, notre témoignage missionnaire sera plus fructueux ». Réponse humble et honnête sans prétention.

Comment former une communauté ?

Ce procédé ne se construit pas automatiquement et la communauté est invitée à prendre les moyens nécessaires pour le mettre et le garder en marche. La prière est le premier moyen car elle nous soude au Sei- gneur et nous unit. Les conseils communautaires hebdomadaires en constituent un bon instrument car ils aident la communauté à formuler clairement un projet communautaire qui tienne compte de toutes les dimensions de notre charisme missionnaire, prière personnelle et communautaire, vie communautaire, apostolat et ses priorités, détente, formation permanente, etc. La tenue du conseil augmente le partage des informations et favorise la confiance et l’estime mutuelle. Il ne s’agit donc pas que de solutionner des problèmes mais bien de bâtir une communauté et une équipe. D’ailleurs les meilleurs conseils communautaires sont ceux menés lorsqu’il n’y a pas de situation urgente à gérer, ni d’événements immédiats à organiser, car ils permettent une discussion en profondeur sur les différents éléments fondamentaux de la mission, sur la mentalité et situation des gens que nous servons, sur les rapports que nous entretenons entre nous-mêmes et avec nos collaborateurs, etc.

La solidarité fait partie de notre style de vie simple et ne se limite pas qu’à renflouer la caisse d’entraide. Elle inclut la disponibilité d’être « dérangé » par le confrère qui veut vérifier quelques mots de sa nouvelle langue de vie ou s’informer sur son apostolat. Un soutien amical en temps de maladie est toujours le bienvenu.  Comme il est bon de s’entendre dire : « Tu es fatigué, repose-toi; aujourd’hui je prends ton safari ».

Mes réflexions

Les premières années de vie missionnaire s’avèrent une expérience fondatrice. Elles renferment suffisamment d’informations au sujet de toutes les dimensions de notre vie (prière, contact avec les gens, vie communautaire, vie apostolique, conseils évangéliques, gérance de la soli- tude, etc.) pour permettre une bonne relecture du vécu missionnaire dès les débuts de notre engagement. Toutes les dynamiques d’engagement et d’évitement, de croissance et de régression s’y sont manifestées. Et comme elles sont encore récentes, il est alors plus facile de les fortifier ou de les rectifier selon les besoins personnels et ceux de la mission. La retraite annuelle et les récollections sont très bénéfiques dans ce cheminement.  

Finalement l’essentiel est que chacun soit heureux dans sa communauté comme homme et comme missionnaire, qu’il puisse mettre joyeusement tous ses dons au service de la mission et qu’il grandisse en fidélité et en amour avec son Seigneur et les personnes qui leur sont confiées et avec qui il vit.  

Jean Lamonde, M.Afr.

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