Heureux, vous les pauvres

HEUREUX, VOUS LES PAUVRES !

Thème de l’année 2019 à Lourdes
Jubilé de 150 ans d’existence des M.Afr.

Georges Paquet, M.Afr.

« Heureux, vous les pauvres ! » Je préfère une autre traduction : « Quelle chance pour vous les pauvres… » Mais quels pauvres ? j’ai rencontré beaucoup de « pauvres » en Tanzanie et depuis 20 ans en France chez les migrants – j’ai vu que certains peuvent être durs, agressifs, violents, même envers les autres pauvres ! Mais qui sont donc « les pauvres qui seuls possèdent le Royaume des cieux » (Madeleine Delbrel). Certainement pas ceux qui se disent être « dans une vallée de larmes et en exil sur la terre », comme on le chante encore en latin… Oui, quelle chance pour toi Bernadette Soubirou quand tu dis de tes parents : « pourvu qu’ils ne s’enlisent pas. » Tu préfères voir tes parents lutter pour s’en sortir plutôt que de les voir aux mains des bourgeois de la ville – qui ont essayé de te piéger avec de beaux habits. Tu as compris que l’essentiel était ce que tu vivais avec les tiens dans l’amour, la prière en famille et plus tard dans une communauté religieuse. « Je te loue, Père, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents, et de l’avoir révélé aux tout-petits. » (Lc 10,21)

Et cette voix qui te disait « vous » te permettait de rester toi-même face au déferlement du monde des faux grands comme Zola et d’autres…Tu n’as rien à donner sinon un message, entendu au plus profond de ton cœur : « Je ne suis pas là pour vous le faire croire , mais pour vous le dire. » C’est ce que je témoignais en Afrique : « Toute personne a le droit d’entendre le message de Jésus et après d’en faire ce qu’il veut. » (Kila mtu ana haki ya kusikia maneno ya Yesu, na baadaye ya kufanya kama anavyotaka.)

Moi qui ne suis pas né dans la pauvreté, comment suis-je interpellé, lorsque je dis : « quelle chance pour vous les pauvres » ? Je veux être avec vous pour lutter contre la misère, le dénuement et je le pourrai si je suis capable de le faire avec autant de force d’amour que Bernadette… 140 ans après sa mort, voyez  ce que la technique et beaucoup d’amour, peut réaliser : regardez cet extrait du spectacle de cet été à Lourdes avec Eyma… qui a 16 ans.

Le Royaume, c’est vivre l’instant présent, être créateur avec le Créateur. On n’est pas heureux dans le monde de l‘égoïsme, de la haine.  « L’autre monde » il est là où il y a de l’amour.

A chacun de se mettre à l’écoute de la Voix, qui est là tout près de toi.

 Un peu d’histoire : 

    • 1830 : la médaille miraculeuse « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. » 
    • 7.01.1844 : naissance de Bernadette Soubirou
    • 1854 : le dogme de l’immaculée conception

« Sans doute l’expression Immaculée conception a-t-elle frappé ses oreilles, à l’église, lors de la fête du 8 décembre. Mais dans ces sermons prononcés en Français (une langue étrangère)… c’est une notion inconnue pour elle… » (p. 123). « Bernadette avait un chapelet de 2 sous acheté en 1856 à Bétharram, elle savait le dire en Français ; elle savait aussi cette invocation qu’on disait à la prière du soir : «  O Marie conçue sans péché… » (p.48).

    • Les apparitions du 11.02 au 16.07.1858 –  « j’ai vu quelque chose de blanc, Aquéro ( cela ou celle-là, suivant l’accent) a la forme d’une petite demoiselle ( damiséle) » (p.78).
    • « Le 3 juin 1859, elle fait sa première communion. En juillet, un jeune avocat, Charles Madon, parle avec Bernadette : « et vos secrets, de quoi s’agit-il ? – Ils ne regardent que moi – et si le pape vous demandait, les lui diriez vous ? – Non… » (p.140) Et si son secret était la manière dont Aquéro concevait le sens de « immaculada councepciou » ?
    • « Grosse difficulté pour sa canonisation ! Pendant l’été 1861, se trouvant au premier étage de l’hospice des sœurs, elle commande à une petite fille, une certaine Julie : « je jette mon sabot par la fenêtre. Tu vas le chercher et tu ramènes des fraises. » (du jardin en dessous)  (p.159) « Je ne sais pas méditer … mais elle s’y mit à la longue. » (p.161) 
    • 4.04.1864 : Bernadette dit qu’elle veut être religieuse 
    • 7.07.1866 : elle est à Nevers
    • 16.04.1879 : Bernadette meurt

Les citations dans « Vie de Bernadette » par René Laurentin, Desclée de Brouwer (1978)

    • Ce même siècle c’est à Bayonne, le 30.10.1825, que nait  Charles Lavigerie. Il est archevêque d’Alger en 1867 et cardinal en 1882.
    • Le 1.07.1888, à Paris, il lance sa campagne anti-esclavagiste. La rédaction du « Temps » écriait : « Le cardinal a détruit presque en totalité les notions trop sommaires que nous avions sur l’état de la traite des nègres. »
    • Le 19.10.1868, il ouvre le premier noviciat et le 8 décembre, il nomme « l’Immaculée Conception » patronne de sa nouvelle Société des Missionnaires d’Afrique, dits Pères Blancs. En 1869,  ce sont les sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique (mafrome.org : Mais qui est saint ?)
    • En 1878, c’est la première caravane pour l’Afrique de l’Est, ce qui sera la Tanzanie. J’y serais en 1971, cent ans après l’explorateur Stanley (pas St Stanley, un autre américain martyr).
    • A Chavanay, en 1878, ma famille avait érigé une statue de Marie, avec sur le socle : « Sainte Marie de l’étoile, je suis l’oror brillante, la clarté du midi, le dernier rayon du soir. Ave Maria 1878. »
Notre Dame de la Grande gorge – en dessus du Rhône, face au soleil levant.

Voir  le poème « Marie » dans  http://peresblancs.org/georges_paquet_poeme.htm 

Georges Paquet, M.Afr.
Tanzanie 1971 – 1998.

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