Jan Franse 1938 – 2017 (Petit Echo n° 1088 – 2018/02)

Jan est né à Eindhoven le 15 février 1938. Il a suivi notre formation à Sterksel, Santpoort, Boechout (Belgique), St Charles (près de Boxtel), Dorking (Angleterre), Heverlee (Belgique) où il fit son serment missionnaire le 28 juin 1964. Ordonné à Roosendaal le 3 juillet 1965.

Il avait un bon jugement, et était un travailleur solide, au parler agréable, de bonne humeur et toujours prêt à rendre service. Il était de tempérament plutôt nerveux ; il pouvait paraître manquer de confiance, ou exactement l’inverse : trop confiant. Il avait un penchant artistique. Il aimait la musique classique, les plantes et le jardinage ; il aimait voyager et aller visiter villes ou églises. De celles-ci, il faisait des rapports étendus.

Le 19 décembre 1965 il part pour la Tanzanie, Kipalapala, pour apprendre la langue et la culture. Là, il prend des leçons de conduite de motocyclette sur le terrain de foot, mais il tient le guidon si fermement qu’il risque de s’écraser sur le poteau des buts ! Il abandonne l’idée et pour ses safaris, plus tard, il se sert d’un âne, appelé «Rosa» !

En juillet 1966, il va au diocèse de Sumbawanga, à Chala, la paroisse la plus grande où presque toute la population était catholique, répartie en 43 centres d’Eglise. Le 10 août 1966 il écrit: “Je suis heureux ici… Heureusement nous avons une bonne communauté». En plus du travail pastoral ordinaire il était économe de la maison et en charge du travail avec les jeunes.

En 1967 il déménage à Matai ; en 1969, à Ulumi ; en 1973, à Karéma, sur le lac Tanganyika. C’est une place historique : c’est là que les PB s’établirent les premiers en 1885 et où le docteur Atiman travailla avec eux. Le 24 septembre 1973, il écrit : « Karéma n’est pas populaire parmi les P.B. … La population est ouverte mais difficile… L’autre jour, quelqu’un s’est levé au conseil de paroisse disant carrément qu’ils préféreraient nous voir partir. » L’endroit était très éloigné, la route misérable, inaccessible pendant la saison des pluies ; un vieil autocar y arrivait éventuellement une fois par semaine, et le bateau à vapeur était en réparation depuis déjà deux ans. De plus, Jan se faisait du souci pour sa maman malade.

C’en était trop. Le 25 février 1975, il part en congé pour raison de santé. Son Régional écrit le 23 février 1974 : « Il a toujours été un missionnaire première classe, et très zélé …Toujours trop tendu ; il lui faut une plus grande confiance en lui-même et des façons de se détendre. ». Le 14 mai 1974, il se rend aux U.S.A. pour quelques mois de promotion missionnaire et pour prêcher pour la MIVA (Mission-Transport-Action). Son supérieur écrit : « Il est agréable et il fait du bon travail. » Le 27 mai 1974, il écrit : « Les occasions ne manquent pas d’oublier les difficultés de Karéma … Impossible d’éliminer la Tanzanie de mes pensées. »

Le 6 mars 1975 il retourne en Tanzanie pour coopérer avec (et, plus tard, remplacer) Gerard Karel (+ 1985) comme recteur de l’hôpital de Bugando (750 lits) à Mwanza sur le lac Victoria. Au début de novembre 1976 il suit un cours de 3 mois sur « le soin pastoral des malades », lancé en 1972 à l’hôpital luthérien de Moshi pour apprendre comment converser avec les malades et être pour eux un signe d’espoir et de réconfort. Le cours était mené par deux pasteurs luthériens et un prêtre anglican ; il y avait deux étudiants protestants et deux catholiques, Jan étant le seul européen. Jan écrit le 11 janvier 1976: « Une approche œcuménique, et un contexte totalement tanzanien ». Le 30 août 1982, il va à la ville épiscopale de Kigoma pour y devenir le pasteur de l’hôpital régional. Là aussi, la pression devint trop forte et son diabète s’aggrave. Le 26 août 1983 il part en congé de maladie aux Pays-Bas. Il fut décidé qu’il y resterait.

Il rejoint la communauté PB de Breda ; de là il va visiter par transport public les familles de confrères travaillant en Afrique. Plusieurs fois dans l’année il est aumônier de vacances et de pèlerinages des malades ; il rencontre beaucoup de malades, d’handicapés et leurs soignants volontaires. Il était impressionné par ces volontaires qui sacrifiaient leurs vacances pour ce travail exigeant. Le 9 juin 1987 il rejoint notre communauté de Bois-le-duc pour le même travail. Le 15 novembre 1987 il devient recteur de la maison de retraite de Oosterhof. Toute sa vie il voulut une liturgie bien adaptée et bien faite ; là, il s’efforce de la rendre encore plus proche des participants.

A son jubilé d’argent, en 1990, il écrit : « Pendant 25 ans j’ai eu le privilège de célébrer l’Eucharistie au nom de Jésus ; répétant ses paroles, disant ou chantant : ‘Une alliance nouvelle et éternelle’ dans l’amour infini de Dieu. Pendant 25 ans, j’ai eu le privilège d’expérimenter ce lien avec/dans/ à travers les gens, jeunes ou âgés, malades ou en bonne santé, proches ou lointains, en Tanzanie et aux Pays-Bas. Pendant 25 ans, j’ai eu le privilège d’être reconnaissant pour l’expérience de l’amitié et de relations chaleureuses ». Le 1 février 1998 l’évêque le décharge de sa tâche en le remerciant pour « la manière enthousiaste et exaltante… avec laquelle il s’était dévoué… »

En janvier 1999 il déménage à Heythuysen ; il était reconnaissant pour les soins qu’il y reçut. Il y organise des après-midis pour ceux qui voulaient voir un DVD. Il y devient membre du comité liturgique. Comme c’était une personne droite il est élu au Conseil des Résidents plusieurs années d’affilée. Avant que les constructions ne commencent, il catalogue tous les Africana avant qu’ils soient transportés à Dongen. Quand les constructions sont terminées il sélectionne les articles les plus frappants, les arrange dans trois armoires dans le corridor de la chapelle ; sur les murs il expose les dessins au crayon de Tanzaniens par notre confrère Lambert Sep. Pour se détendre, il écoute de la musique classique.

En 2010 il dit de lui-même : « Mon dehors a une bonne façade, mais mon intérieur est un monument de préservation » ! Au mois d’août on lui fait 3 pontages. Il ne préside plus à l’eucharistie dans les églises de Leveroy et Nederweert. Au début de 2011 il commence à photocopier à l’intention des résidents sur papier A-4 recto-verso pour chaque récollection du mois un chapitre (raccourci) d’un auteur spirituel. Il prend un livre par année et fait ainsi jusqu’à la fin de 2015. A la fin de 2014 il s’arrête de présider l’eucharistie dans notre chapelle car il lui devient de plus en plus pénible de marcher. Le 14 octobre 2017, assez brusquement, il doit être hospitalisé à Weert, où il meurt paisiblement le 23 octobre 2017. Avec sa parenté et ses amis on l’ensevelit dans notre cimetière de St-Charles le 27 octobre 2017.

La caractéristique de Jésus que Jan a illustrée durant sa vie, comme il l’a dit lui-même : A mon sujet on peut tout oublier, sauf que j’ai vécu et travaillé par : « … Réjouissez-vous de ce que votre nom est écrit au ciel » (Luc 10, 20). Le 25 juin 2017 il écrit : « Le Seigneur dit : « Je suis la résurrection et la vie. » Celui qui croit en moi (i.e. me donne son cœur) vivra à jamais ».

Marien  van den Eijnden, M.Afr.

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