Jean Boulanger 1928 – 2017 (Petit Echo n° 1088 – 2018/02)

Jean est né le 17 août 1928 à Couillet, dans la province du Hainaut, diocèse de Tournai. Son père était secrétaire général du Syndicat des Cheminots et travaillait à Bruxelles, sa mère était enseignante. Jean commença les humanités anciennes à l’Athénée Royal de Charleroi et les poursuivit au Petit séminaire de Bonne-Espérance. En septembre 1948 il entra chez les Pères Blancs à Thy-le-Château. En septembre 1950 nous le trouvons au noviciat de Varsenare et ensuite à Heverlee pour la théologie. Il y prononce son serment missionnaire le 10 juillet 1954 et est ordonné prêtre le 10 avril 1955. Ses formateurs voient en Jean un homme enthousiaste, un peu impulsif, un caractère emballé, émotif. Il est généreux, dynamique et ouvert. C’est un travailleur dévoué et consciencieux, mais pas le type de chef. Il a une vie intérieure solide. Un passage obligatoire à l’université de Leuven lui sert de service militaire et permet son inscription à l’Armée coloniale. Nommé au Congo belge de l’époque, il part le 8 avril 1956 pour Baudouinville.

Il commence par apprendre le swahili, qu’il parlera fort bien. En août il est nommé professeur de français et de latin au Petit séminaire de Lusaka. Quelques mois plus tard il devient vicaire à la cathédrale de Baudouinville, responsable de l’école centrale, où il lance le mouvement Xavéri. En août 1958 il effectue un remplacement à Sola comme directeur de l’école des Catéchistes. D’août 1959 à 1961 il est directeur des écoles à Lubuye (Albertville). Pendant son premier congé en 1961 il obtient les diplômes nécessaires pour enseigner l’anglais, au programme des écoles secondaires depuis l’indépendance en 1960. A son retour en septembre 1962 Jean est nommé professeur de français, anglais et latin au Petit séminaire de Kapulo (Baudouinville). En août 1966 l’évêque l’envoie à Lyapenda comme préfet des études et fondateur de l’Institut Notre-Dame de Bonne Espérance. En août 1969 il est économe à la paroisse de Lusaka et directeur de l’internat. En janvier 1970 il suit la grande retraite à Villa Cavaletti. Il obtient ensuite à Charleroi-Gosselies le brevet de pilote privé. Il retourne à Lusaka. Faussement accusé d’avoir aidé quelqu’un à s’enfuir en Zambie, Jean passe quelques jours en prison ; jugé à Lubumbashi, il est acquitté. En 1975, il fait une Maîtrise en théologie à l’Université catholique de Paris. Il entre en contact avec un groupe charismatique où, écrit-il, « je me laisse faire par l’Esprit », malgré ses réticences du début.

De retour au Congo en juillet 1978, Jean va donner un coup de main à la paroisse de Cahi (Bukavu), touchée par une épidémie de choléra, qui fera des centaines de morts. En septembre 1978 il est nommé professeur au Petit séminaire de Mugeri, près de Katana. Fort de son expérience charismatique en France, Jean lance un groupe du Renouveau à la Fomulac, donne des récollections à Bandari, anime une retraite à Amani pour la jeunesse de Bukavu. Un groupe est créé au Lycée…

L’approche de Jean, où la sentimentalité colorait sa démarche spirituelle et où son bon cœur provoquait des réactions de jalousie, finit par susciter des questions. Mgr Mulindwa, archevêque de Bukavu, et le père Freddy Heintz, régional, lui demandèrent d’abord de renoncer à une bonne partie de ses engagements charismatiques. Finalement, dans une lettre datée du 13 août 1980, le régional le mit à la disposition de sa province d’origine. « J’ai eu comme consolation, ironise Jean, de pouvoir partir comme co-pilote de Jacques Fiévet », qui devait en dix étapes ramener la Cessna à Reims, pour une révision.

Jean est nommé économe à La Plante (Namur). Quatre jours après son retour un jésuite de Liège lui demande d’animer une retraite pour le renouveau du diocèse ! « Dieu me faisait comprendre qu’il me faisait encore confiance ! » En 1985, Jean est économe de notre communauté bruxelloise de Milcamps. Il est de plus en plus demandé pour des séminaires de la vie dans l’Esprit. En 1989 la Conférence centrafricaine l’invite pour trois retraites aux prêtres. Son agenda de retraites en 1992, à titre d’exemple, en comporte une trentaine, non seulement en Belgique, mais également en Suisse, en France, à l’Ile de la Réunion et au Burundi. « Je n’ai jamais fait de publicité pour ce ministère ! Je n’ai jamais rien décidé de moi-même et n’ai fait que répondre à des appels ». Il publie divers articles sur le Renouveau. En 1998 paraît son livre « Guérir pour une vie nouvelle » aux Editions Saint-Paul. Cet aspect de ‘guérison intérieure’ occupe une grande place dans ses retraites. « Jean est façonné par le mouvement charismatique dans son expression la plus sensible et voyante », note un provincial de Belgique.

En janvier 1996, Jean est nommé à la communauté d’animation missionnaire de la rue Namèche (Namur). En décembre 2001 il rejoint la communauté de La Plante, dont il prend la responsabilité en août 2002. De 2006 à 2009 il est responsable de notre communauté de Heusy jusqu’à sa fermeture. Jean retourne à Namur comme résident. Entretemps il a subi un double pontage cardiaque, en 2011 on lui a mis un pacemaker… Jean restait un dévot  passionné de la Vierge Marie et un fervent de Beauraing, de Banneux et surtout de Medjugorge. Quand son état de santé continue à baisser, il rejoint en juin 2012 notre communauté d’Evere. Ayant depuis longtemps un œil en verre, il devient presqu’aveugle. Il souffre de pertes de mémoire et de pertes d’équilibre… Rien ne présageait pourtant cet AVC et la chute malencontreuse de ce mardi 17 octobre. Plus aucune intervention n’était possible. Jean a sombré dans le coma. Hospitalisé à la Clinique universitaire de Bruxelles à Jette il s’est éteint paisiblement le 21 octobre.

La liturgie des funérailles eut lieu en la grande chapelle du hôme St-Joseph, suivie de l’inhumation à notre cimetière à Varsenare près de Bruges.

Jef Vleugels, M.Afr.

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