Le Conseil général au service de la mission et de la communion fraternelle (PE n°1092 – 2018/06)

Au cours d’une rencontre des Supérieurs généraux à laquelle j’ai participé récemment, un des participants m’a demandé combien nous sommes dans la Société. Me souvenant des statistiques publiées par notre secrétariat administratif au début de l’année, je lui ai répondu que nous étions environ 1200 confrères.

Il s’est exclamé en me regardant et puis il m’a dit « et tu connais tous tes gars ? » Avant de lui répondre par un ‘non’, j’ai eu le temps de sentir dans son exclamation, l’expression d’un aspect qui me paraît non négligeable dans ce qu’on attendrait d’un Conseil général ou de toute instance de leadership : la nécessité d’aller à la rencontre des confrères là où ils habitent afin de sentir comment ils vivent leur vocation de missionnaires d’Afrique. Le leadership requiert d’une façon ou d’une autre, qu’on garde contact avec ceux qu’on est sensé conduire. Cela m’a aussi fait penser aux nombreuses fois dans ma vie de Missionnaire d’Afrique que j’ai entendu les confrères se plaindre qu’ils ne voient jamais leur provincial!

Pour le Conseil général, les visites régulières aux confrères font partie des priorités. En allant à la rencontre des confrères, nous espérons dépasser la connaissance purement virtuelle que nous pouvons avoir d’eux et des lieux où ils habitent, à travers des registres et à partir du livre du personnel, pour arriver à les connaître un peu et à créer des liens. Naturellement, et cela n’est un secret pour personne, cela nous obligent malgré les moyens de communications modernes à être souvent en voyage.

Selon ce qu’écrivait un confrère récemment sur sa page Facebook : « quand tout tourne normalement, la maison généralice est le lieu d’absence du Supérieur général ». Commentant la publication, un autre ajouta : « oui qu’ils continuent (le Supérieur général et son Conseil) à descendre sur le terrain ». Quand tout tourne normalement le Conseil général est à Rome de façon continue en septembre et octobre, en janvier et février et en mai et juin. Les autres mois sont consacrés normalement aux visites dans les provinces et aux congés.

Depuis deux ans, la descente sur le terrain nous a menés dans toutes nos provinces et sections même s’il reste toujours des communautés à visiter. Partout où nous allons, nous faisons l’expérience de notre unité en tant que missionnaires d’Afrique. Nous allons moins pour donner des instructions ; davantage pour écouter et encourager. C’est le moment de se rendre compte des réalités que les confrères vivent concrètement. Nous prenons des renseignements aussi pour éventuellement réfléchir par la suite en conseil sur des décisions à prendre concernant des situations rencontrées. C’est également l’occasion de partager des nouvelles de la Société, d’expliquer certains choix de la Société et de répondre aux questions que posent les confrères.

Ces visites sont pour la plupart édifiantes et encourageantes. Souvent elles font aussi beaucoup du bien à la plupart des confrères que nous rencontrons. Même si nous ne leur apportons pas toujours des nouveautés, les visites sont des moments de vrais sentiments de communion avec la Société. Depuis deux ans que je suis à Rome, sur les 1210 que nous étions au début de l’année, j’ai à moi seul eu à rencontrer 452 confrères lors de mes visites.

En dehors des quatre mois au total, que les membres du Conseil général passent à visiter les confrères dans les provinces, le reste du temps ils sont à la maison généralice en session ordinaire. C’est particulièrement au cours de ces sessions que le discernement se fait et que les décisions sont prises ensemble.

Nous délibérons sur diverses situations que les provinces et les confrères soumettent à notre discernement et sur lesquelles ils attendent que nous donnions une orientation. Dans ce sens, on pourrait dire que nos conseils ordinaires constituent le véritable lieu d’exercice d’autorité que nous tâchons de vivre dans l’esprit indiqué par nos Constitutions et Lois. A la lumière de ces dernières, nous prenons de plus en plus conscience que notre ministère en tant que Conseil général consiste avant tout à favoriser le dynamisme missionnaire chez nos confrères et à construire l’unité de la Société (voir CL 149).

Au Conseil général, nous faisons nôtre le souci de veiller à ce qu’en tant que Société nous restions le plus proche possible de notre identité et de notre charisme tels que les a compris le dernier Chapitre, pour être une « Société missionnaire et interculturelle avec un esprit de famille… envoyé au monde africain et là où notre charisme est sollicité… »

En règle générale, le Conseil général n’intervient pour entrer en dialogue avec une province ou avec des confrères individuels que lorsque selon son discernement, il perçoit que certains engagements et comportements tendent à s’éloigner de l’esprit et des traits essentiels de la Société, en particulier son caractère apostolique et communautaire (voir CL 150). Autrement, la marche et le suivi des activités apostoliques sont assurées par le provincial et son conseil. Ils sont les plus proches collaborateurs du Conseil général. Donc, c’est souvent, et cela est en quelque sorte normal, pour des cas et des situations difficiles que le Conseil général est sollicité.

Pour promouvoir la communion au sein de la Société et offrir une vision d’ensemble de la mission, le Conseil général organise une réunion annuelle avec les provinciaux. Cette rencontre permet de travailler ensemble sur les nominations. C’est aussi l’occasion d’échanger ensemble sur de nombreux sujets qui touchent à la vie de la Société.

Stanley Lubungo,
Supérieur Général

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