Contribution de Marien van den Eijnden au «Musée virtuel» (PE n° 1084)

Objets significatifs de notre vie missionnaire

Dans le Petit Echo n° 1081, l’on vous proposait d’envoyer des récits concernant les objets insolites que vous auriez rencontrés, voir utilisés, pendant votre vie missionnaire. Voici la contribution d’un premier confrère, Marien van den Eijnden. 

Partageras-tu, toi-aussi tes souvenirs … et tes photos ?

Caisse chapelle épiscopale pour la messe

Quand je suis arrivé au diocèse de Kigoma, en Tanzanie, en novembre 1966, j’ai informé les confrères que je n’avais pas de caisse chapelle. L’évêque émérite Jan van Sambeek (+ 25.12.1966) m’a donné celle de l’évêque Birraux (1884-1947) qui avait quitté le diocèse pour devenir notre Supérieur général. J’ai été frappé par sa simplicité. C’était une valise en bois rectangulaire, contenant une aube à dentelle, une chasuble tridentine usagée (en Hollande on appelle cela un « étui en violon ») que j’ai remplacé par une chasuble fabriquée en matériel local «khanga» et un calice en argent d’une douzaine de centimètres de hauteur ; il n’y avait aucune dalmatique épiscopale, ni des souliers de couleur liturgique ! Je l’attachais sur ma moto Honda-150 avec des vieilles chambres à air qu’on pouvait trouver au marché. Mais après quelques années sur nos routes et chemins cahoteux, la valise s’est désintégrée. L’évêque de l’époque, Mgr Holmes-Siedle (+1995), a bien voulu me donner son panier rectangulaire en osier, ce qui était tout à fait symbolique pour l’Eucharistie ! Cela m’a servi de façon célèbre jusqu’à mon départ de la Tanzanie en 2006, à l’exception de la poignée d’osier que j’ai remplacée par une vieille ceinture en cuir. J’ai remis le calice en argent à la communauté de Dar-es-Salaam, en spécifiant qu’il avait appartenu à Mgr Birraux.

Pinces à combinaison avec des griffes pour hacher la viande

Des confrères âgés résidaient habituellement au presbytère de Ndala dans l’archidiocèse de Tabora, en Tanzanie, puisqu’il était voisin de l’hôpital diocésain. Avant la venue des prothèses dentaires (en Swahili «meno ya duka» = les dents d’un magasin), ces confrères avaient du mal à manger de la viande. En plus du couteau et de la fourchette, ils avaient fabriqué un dispositif intelligent pour hacher la viande : une espèce de pince combinée avec des griffes travaillant comme des doigts croisés ! Durant l’une de mes visites à la communauté, j’ai vu quelqu’un l’utiliser.

Dans les années 2000, lorsque je vivais à la paroisse de Kaliua dans ce même diocèse, j’ai dû faire extraire mes molaires. Je me suis souvenu de ce dispositif spécial de Ndala. Je suis allé demander aux confrères résidents s’ils pouvaient m’en trouver un. Ils n’utilisaient plus ce genre de hachoir mais j’étais bienvenu dans leur grenier où les pièces de musée les plus extraordinaires étaient conservées ! Malheureusement, aucune pince avec des broches !

« Arbre de Noël en métal »

Quand j’ai visité pour la première fois, dans les années 60, la communauté des M. Afr. à Dar-es-Salaam, en Tanzanie, «Atiman House», j’ai vu dans la cour une sorte de sapin de Noël en métal. Je me demandais à quoi cela pouvait servir. Il mesurait environ 1 m 50 de haut et comportait une cinquantaine de branches ascendantes.

Les confrères m’ont expliqué qu’on l’utilisait pour égoutter les bouteilles de vin après avoir les avoir nettoyées et rincées, mais on l’utilisait maintenant rarement. Cette communauté était la procure et on importait le vin de messe et le vin de table du Nord du pays. En plus des bouteilles individuelles, on utilisait aussi des bouteilles d’environ 20 litres entourées d’un panier en osier « damjan » (dame-jeanne). On a utilisé par la suite des récipients de 100 litres dans les différents diocèses.

Marien van den Eijnden, M.Afr.
Heythuysen (Nederland)

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