Marcel Peeters 1925 – 2017 (PE n° 1093 – 2018/07)

Marcel est né le 5 juillet 1925 à Vremde dans la province d’Anvers. Après l’école primaire à Boechout, où ses parents s’étaient établis entretemps, il fit les humanités classiques au Petit séminaire de Hoogstraten. Son père était employé au Port d’Anvers. En septembre 1943 Marcel entra chez les Pères Blancs à Boechout. Suivirent le noviciat à Varsenare et les études de théologie à Heverlee. Le 21 juillet 1949 Marcel y prononça son serment missionnaire et fut ordonné prêtre le 8 avril 1950 en l’église paroissiale de Heverlee. Ses professeurs soulignent sa dévotion solide et son caractère dévoué. Il aime l’ordre et la propreté. Ce n’est pas un grand intellectuel, mais il travaille dur. Il dispose de beaucoup de savoir-faire. Ce n’est pas un chef ; il doit au contraire être soutenu, car il manque de confiance en soi. Il est assez nerveux et parle facilement sans réfléchir… Il a la critique facile. Fait assez remarquable: au scolasticat il s’est très sérieusement mis à l’étude du swahili…

Il est nommé au Burundi. Pour accomplir son service militaire il doit suivre des cours à l’université de Louvain. En avril 1951 il est ‘réserve-adjudant-infirmier première classe de la Force Publique du Congo’… Le 17 avril 1951 il part pour Bujumbura avec la compagnie Sobelair et rejoint d’abord Gatara et quelques mois plus tard Musenyi dans le diocèse de Ngozi. Il se met courageusement à l’étude du kirundi, mais sa timidité ne joue pas en sa faveur. Sa vraie première nomination, en décembre 1951, est Buraniro, un poste en fondation, où il devient responsable des écoles. C’est une paroisse avec une nombreuse jeunesse scolarisée et des séances au confessionnal qui n’en finissent pas. Début 1960 Marcel part en congé et suit la grande retraite à Villa Cavaletti. En décembre 1960 il devient supérieur à Buraniro. Le père Thévenon, régional, note que Marcel tient le coup malgré les tensions politiques des années 61-62. On l’accuse pourtant faussement de faire de la politique et il est obligé de quitter Buraniro. Après quelques mois à Muramba et à Kisanze, il retourne à Gatara. Il n’aime pas ce poste. En janvier 1965 il est nommé économe à Gasenyi. Il se plaint de sa pauvreté et de la cherté de la vie. Son économat est, d’après ses dires, toujours dans le rouge, alors qu’il n’en est rien. « C’est un mendiant-né ; il sait décrocher tout par ses insistances », commente le  régional. Quand il constate quelque part de grandes dépenses, il ne peut s’empêcher de critiquer vertement. Pourtant sa manière de réagir ne contrarie guère les confrères. C’est un genre qu’il se donne et les confrères jouent le jeu. Au contraire, ils l’apprécient énormément comme économe. A travers tout le pays Marcel était d’ailleurs nommé gentiment ‘le riche prêtre’…

Les nominations se suivent. En juillet 1965 Marcel est supérieur à Muhanga ; en juin 1968 il retourne à Gatara, mais déjà en septembre il rejoint Ijene, où il devient supérieur en juin 1970. Il reste un pasteur engagé et attentif. Il n’a jamais été un grand animateur de communauté, mais il est toujours prêt à rendre service. Un confrère témoigne : « À Ijene, il était un homme de paix, aimé et respecté. Les autorités de la commune ont eu peur qu’il soit nommé ailleurs. Pourquoi ? Parce qu’il était un élément de paix et d’unité dans la commune et sur tout le secteur ». A son grand regret, on le renvoie en janvier 1978 à Buraniro. Cette paroisse compte alors 42 000 chrétiens. Dans le cadre du catéchuménat les pères organisent également des cours d’alphabétisation et de calcul, en vue d’améliorer la culture générale. Mgr.Kaburungu veut lancer partout des ‘conseils de colline’ et préparer ainsi le synode diocésain. Fin 1979 Marcel participe à la session-retraite à Jérusalem. A son retour il est nommé vicaire à Gatara. Partout Marcel a pu compter sur le soutien des siens, en particulier sur l’organisation de Boechout “Briques pour Dieu”, pour construire églises et écoles, réaliser ponts et adductions d’eau  et acheter du matériel scolaire. En 1985, quand le torchon brûle entre Bagaza et l’Eglise catholique, Marcel fait partie des confrères qui reçoivent de la part du gouvernement “la permission de rester chez eux”. A l’occasion de son départ le Flash Burundi parle de “l’homme sage, le fin connaisseur, l’observateur averti de tant de choses du pays, l’homme charmant en communauté qui ne pouvait jamais se passer des taquineries de ses confrères, le PB qui pendant 35 ans a patiemment construit l’Eglise du Burundi en accompagnant des milliers de jeunes sur le chemin de la foi”. En Belgique il rejoint les confrères de la paroisse du Sacré-Coeur à Anvers, d’où il pourra visiter régulièrement sa vieille maman, qui s’éteindra en 1987 à l’âge de 92 ans.

Mais voilà qu’en septembre 1988 Waly Neven, régional, écrit au provincial de la Belgique : “Quant à Marcel Peeters, là vraiment, les confrères sont pratiquement unanimes pour dire qu’il ferait encore très bien par ici et que nous serions tous très contents de le recevoir parmi nous”. Marcel a pourtant encore besoin de temps pour digérer les événements du Burundi et ne répond pas tout de suite à l’invitation. Mais en décembre 1990 – il a alors 65 ans – il repart et devient vicaire à Ijene. A part un intérim à Giharo dans le diocèse de Ruyigi, il y reste jusqu’en 1997. Sa dernière nomination au Burundi l’envoie auprès des Dominicaines contemplatives de Rweza,  au “Monastère Notre Dame de la Paix”, où il assure les services avec feu Alex Verpoort et Théo Neven. En 2003 la Région décide de mettre fin à ce projet et Marcel et ses deux confrères rentrent définitivement en Belgique. Marcel s’installe dans notre communauté d’Anvers. Il reste égal à lui-même, rouspéteur éternel mais heureux. Jusqu’à la fin de sa vie il continuera à soutenir financièrement les moniales de Rweza…

Début 2016, sa santé décline sensiblement et il rejoint la Maison de Repos et de Soins “Notre-Dame d’Anvers”, quelques rues plus loin. Il y décède d’un arrêt du cœur le vendredi 12 mai 2017. La liturgie de la résurrection eut lieu en l’église paroissiale Charles Borromée à Anvers, le samedi 20 mai, suivi de l’inhumation en notre cimetière de Varsenare.

Jef Vleugels, M.Afr.

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