Projet Princesse Tamar de protection des mineurs (Brésil)

Au Brésil nous avons regroupé dans une structure « le Centre Cardinal Lavigerie » nos engagements pour la Justice, Paix, Intégrité de la Création et Rencontre et Dialogue. Ce centre est installé à l’Université Catholique. Nous organisons des tables rondes, expositions, conférences, séminaires sur les questions de JPIC RD. La prévention contre les abus sexuels de mineurs et des personnes vulnérables est un de nos projets pilotés par notre centre.

L’année dernière, après avoir suivi la formation offerte par la Société des Missionnaires d’Afrique pour ses Délégués à la protection des mineurs je suis retourné au Brésil en me demandant ce que nous pourrions faire concrètement. Le missionnaire est un apôtre qui sait traduire la compassion (un sentiment) en miséricorde (une action concrète en faveur de la personne). J’ai commencé par en parler ouvertement dans notre paroisse et aussi pendant les retraites et récollections que je prêche. Comme tout le monde se sent mal à l’aise pour parler directement d’abus, d’abusés et d’abuseurs, je suis alors parti de l’histoire biblique de la princesse Tamar violée par son demi-frère Amnon (2 Samuel 13). La narration a toujours un effet libérateur. Le résultat fut explosif : les langues se sont déliées pour révéler les Tamar et Amnon d’aujourd’hui qui fréquentent nos églises.

Pendant la retraite annuelle des servants de messe de notre paroisse l’année dernière, nous avons passé quelques heures avec l’histoire de la princesse Tamar. Ces adolescents sont entrés dans l’histoire avec passion, émotions, révoltes… À partir de ce moment, j’ai créé le Projet Princesse Tamar, une campagne de sensibilisation, de protection des mineurs et personnes vulnérables contre les abus sexuels. Cette année les sœurs de Saint-Joseph en contact avec cette réalité ont souhaité participer à cette campagne de protection des mineurs. J’ai aussi parlé des abus sexuels lors de la retraite annuelle du clergé d’un diocèse. Le prêtre responsable de l’Action sociale du diocèse et qui est aussi président d’une association en faveur de la vie (ProVida) s’est passionné pour le Projet Princesse Tamar. Toutes ces réactions positives et spontanées ont été à l’origine de l’organisation d’un séminaire sur la prévention contre les abus sexuels de mineurs et personnes vulnérables du 17 au 19 septembre 2018, à Salvador, une initiative des Missionnaires d’Afrique au Brésil.

Nous étions 14 participants représentant institutions ou associations qui formeraient un réseau de collaboration : les Missionnaires d’Afrique, la Pastorale Sociale de la paroisse des Missionnaires d’Afrique, l’Action Sociale de l’Archidiocese de Salvador dont un représentant de la Pastorale des Mineurs et un autre de la Pastorale des Jeunes ; la Pastorale des Enfants, l’Association ProVida, et l’Association Sac Social. Le séminaire s’est déroulé en 3 moments :

  1. Partage personnel sur la réalité des abus sexuels. Ce moment est très vite devenu émotionnel. La compassion est effectivement une force nécessaire dans cet engagement en faveur de la vie.
  2. Formation : comprendre ce mal des abus sexuels. Notre texte de base a été deux des livrets publiés au Brésil sur le sujet.
  3. Définir des actions concrètes du Projet Princesse Tamar.

Notre objectif : une campagne de prévention. Nous avons préparé du matériel imprimé, audiovisuel basé sur la culture du Nord-est brésilien. Ce matériel sera utilisé lors des rencontres organisées dans les écoles, paroisses, quartiers… Les associations membres du réseau ont la capacité de mobiliser du monde et d’entrer dans toutes les sphères de la société brésilienne. Nous visiterons les institutions où se trouvent des mineurs pour assurer que ce sont des lieux sûrs. Le séminaire a élaboré tout un programme d’actions.

Le Projet Princesse Tamar est donc en marche comme un réseau de collaboration pour la protection des mineurs et personnes vulnérables au nord-est du Brésil. Nous aurons besoin de soutien financier pour réaliser cette campagne de sensibilisation et de protection. Nous comptons sur la générosité de la Société des Missionnaires d’Afrique et des confrères. Nous avons décidé de nous rencontrer deux fois par an pour évaluer notre engagement et pour participer d’une formation nécessaire à notre mission.

Moussa Serge Traore, M.Afr.

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