Rob  van  Iterson 1927 – 2017 (PE n° 1084)

Rob est né à La Haye le 5 février 1927. Il a d’abord étudié à ‘s-Heerenberg, puis à Thibar en Tunisie où il a fait le serment missionnaire le 29 juin 1953 ; il a été ordonné à Carthage le 18 avril 1954. Il avait un demi-frère qui était cistercien à Rochefort, en Belgique.

Il avait un bon jugement et savait s’affirmer. C’était une personne joyeuse qui travaillait fort et avait le sens de l’organisation ; il savait prendre des initiatives et était toujours prêt à rendre service. Il avait le sens artistique et aimait le travail de précision.

En août 1954, Il a enseigné dans notre petit séminaire à Sterksel. Après 2 ans, il s’est rendu au Malawi à Likuni où il a étudié la langue et la culture nyanja. Après un séjour dans les paroisses de Chiphaso et Likuni, il est allé à Madisi en septembre 1957 ; c’était la plus jeune paroisse du vicariat. A cet endroit, les Sœurs Blanches ont fait leur première expérience de ne pas travailler dans les soins de santé ou les écoles, mais dans le travail pastoral et le développement. Elles visitaient les villages pour la formation des catéchumènes, pour le mouvement d’action catholique des sages-femmes, pour des sessions pour les femmes des enseignants et pour des cours de couture.

En avril 1959, Rob a été nommé curé de Namitete, une paroisse plus grande avec une école technique dirigée par un confrère, un hôpital géré par les Sœurs et une école primaire. Un membre de la communauté était un prêtre diocésain malawien. La population était assez hétérogène en raison des travailleurs saisonniers pour la culture du tabac et d’une douzaine d’églises diverses. Une autre difficulté importante était le fait qu’un grand nombre de personnes allaient travailler dans les mines en région éloignée. Dans la paroisse, il y avait 4.500 catholiques et 1.500 catéchumènes ; l’église paroissiale était à construire, et en plus il fallait un dortoir, une salle à manger et une cuisine pour les classes supérieures de l’école primaire et aussi construire des maisons pour les enseignants.

Rob écrit le 20 janvier 1962 : “La tâche la plus importante pendant la période de la lutte pour l’indépendance était la formation de leaders, non seulement parmi la soi-disant élite, mais aussi dans les villages pour toutes les communautés chrétiennes”. Il a été élu représentant diocésain au Conseil régional, et était membre de la Commission liturgique diocésaine pendant Vatican II.

En octobre 1964, il a été nommé curé de Likuni où il y avait un hôpital, une imprimerie (chargée de la rédaction du journal « L’Afrique ») et le garage diocésain. En 1966, eut lieu une forte tempête qui a détruit en quelques minutes les toits de 6 salles de classe et des 3 dortoirs de l’école secondaire. Heureusement, les étudiants étaient en vacances, mais beaucoup de matériel scolaire a été perdu.

En mai 1966, Rob devient économe diocésain. Sa première tâche a été de faire le grand ménage du matériel dans les entrepôts du diocèse, car le matériel ne se vendait pas bien (on pouvait se procurer le même matériel dans les magasins commerciaux). Il a aussi amélioré l’administration des projets de financement. Durant la journée il était occupé par toutes sortes de transactions et, le soir après le repas, il faisait la comptabilité parfois jusque tard dans la soirée.

Après avoir suivi quelques cours en 1970, il est devenu l’aumônier du noviciat des Sœurs diocésaines et a pris d’autres engagements avec la congrégation. Son Régional écrit en mars 1973 : « Les Sœurs apprécient sa spiritualité solide ; c’est un confrère doué. »

En février 1976, il travaille à la paroisse de Vubwe en Zambie, pays voisin. Il revient au Malawi en mai 1978 à la paroisse de Ludzi. En mai 1979, il est nommé secrétaire de l’évêque à Lilongwe et fait des remplacements dans quelques paroisses, entre autres à Mpherere en 1981. C’était une véritable paroisse rurale, éloignée et montagneuse. Le Régional écrit : « on peut compter sur lui ; c’est un excellent organisateur et un administrateur efficace. » Il réagit parfois fortement parce qu’il n’accepte pas le travail mal fait Rob retourne à Likuni en février 1987. L’hôpital avait maintenant deux médecins et un dentiste ; l’imprimerie était dirigée par un personnel totalement malawien comptant 70 personnes. Il y avait aussi un centre pour l’étude de la langue et de la culture. Le travail pastoral a à la fois un caractère urbain et rural. Chaque jour des confrères passaient à la paroisse à cause du garage et plusieurs y passaient la nuit. C’était agréable, mais parfois lourd, à cause du travail pastoral important.

Rob s’installe à Kanengo en janvier 1991 pour travailler à temps partiel en paroisse. Il faisait la comptabilité deux jours par semaine pour les Pères Blancs de la région. Chaque mois il avait des réunions avec l’administration de l’imprimerie et le comité financier diocésain. Il fait ce commentaire en 1993 : « cela exige beaucoup de travail à la maison, et beaucoup de patience ». En plus, il donne des conférences le week-end pour aider les Sœurs du Malawi à préparer leur Chapitre auquel il participe lui-même comme conseiller spirituel. A cause de cette charge de travail, en 1993, il déménage de Kanengo à Chezi, où il aide à la paroisse, spécialement pour la visite des succursales le week-end.

En novembre 1996, Rob revient aux Pays-Bas. Il écrit en janvier 1996 : « Je suis reconnaissant et heureux de ce que j’ai pu faire … en faisant confiance avec l’espérance que les gens vont trouver leur façon de faire » et plus loin : « avec la vision qu’ensemble les chrétiens vont construire une communauté autonome dans le respect mutuel et la confiance. »

Il rejoint notre communauté de Vaassen encore en bonne santé ; il y vit au jour le jour en s’adaptant à ce qu’il peut faire. Il met en place un atelier de menuiserie pour l’entretien du matériel. En mai 1998, il devient coordinateur d’une nouvelle communauté à Leidschendam, et, en 2005, déménage à Dongen. Il met ses talents au service de la communauté comme peintre, menuisier et bricoleur. Si quelqu’un a besoin d’un tableau ou d’une étagère, il le reçoit. Il construit une cage d’oiseaux sous la forme d’un temple grec ; elle est visitée chaque jour.

Le 14 janvier 2015, il déménage à Heythuysen. Rob aimait la lecture et la musique, et appréciait un cigare. Il a développé graduellement des problèmes de santé qui se sont devenus plus sérieux au début de 2017. II a dû être hospitalisé le 27 mai et décède le 31 du même mois.

Voici la caractéristique de Jésus que Rob a vécue tout au long de sa vie : « D’où cela lui vient-il ? Et quelle est cette sagesse qui lui a été donnée ? N’est-ce pas le charpentier ? » (Mc 6,2-3)

Avec ses parents et amis, nous l’avons enterré dans notre cimetière à St. Charles le 7 juin 2017.

Marien van den Eijnden, M.Afr.

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