Une «relation de travail» qui fonctionne ! (Une collaboration qui marche bien) (PE n°1092 – 2018/06)

« S’il te plaît, pourras-tu écrire comment toi, en tant que Secrétaire général, tu perçois les relations entre le Conseil général (CG) et les confrères  « . C’est la demande qui m’a été faite par l’éditeur du Petit Echo. Quand j’ai commencé à y réfléchir, deux objections principales me sont venues à l’esprit : comment une telle question peut-elle être résolue par quelqu’un qui a passé les six dernières années dans un bureau, à regarder un écran et à traiter des documents, papiers et autres ? En effet, aux antipodes des autres membres du CG, je n’ai jamais fait de longs voyages à travers les provinces, sections ou secteurs, écoutant et partageant avec les confrères. Mais alors une pensée m’est venue à l’esprit: n’existe-t-il pas des mots écrits, sous quelque forme que ce soit, souvent plus fiables que les paroles qui visent souvent à plaire à l’auditeur «  surtout quand ce dernier est un provincial ou un membre du CG ? Ensuite, j’ai dû faire face à une deuxième objection : comment quelqu’un, lié par la règle stricte de la confidentialité, peut-il répondre à cette question ? Peut-être que j’essayais d’esquiver et d’échapper ! Certes, on ne peut entrer dans les détails des cas individuels, mais on peut toujours donner des impressions générales ! Et c’est ce que je vais essayer de faire dans ce qui suit. L’un des dictons les plus connus de certaines personnes âgées est : plus on vieillit, plus le temps semble s’écouler rapidement. Les horloges semblent défier la « limite de vitesse » et tournent sans relâche leurs aiguilles à toute vitesse ! Il est en effet incroyable que, lorsque vous lirez cet article après le 1er juillet, mes six années en tant que Secrétaire général de la Société seront déjà conjuguées « au passé » et un « bon matériel » pour les archives de la Société. Frappez à la porte du bureau du secrétaire général à Rome, et un autre André, pas moi, vous souhaitera la bienvenue ! Ces six années, dont quatre avec Richard Baawobr et son équipe, et deux avec l’équipe actuelle, me semblent avoir été plus courtes, que le noviciat d’un an au milieu des années soixante qui, je dois l’admettre, ne futt, pour le dire modérément, pas l’année la plus heureuse de ma vie !

Je regarde avec gratitude ces six dernières années qui m’ont aidé à apprécier encore plus ma vocation missionnaire et les merveilleux services que notre Société et ses membres rendent à l’Afrique et  « partout où notre charisme est nécessaire » (CA 2016, p. 17). Une partie de ma tâche consistait à « traiter » tous les documents entrants et sortants, comme les lettres adressées au Conseil général (de la part des confrères, des évêques, du Vatican et autres), les procès-verbaux des réunions des Conseils provinciaux, les rapports des Institutions, etc. Ceci faisant, j’ai réalisé que notre Société ressemble beaucoup à notre Fondateur, le cardinal Lavigerie, à la fois très héroïque et généreux, mais aussi frêle et humain. Je suis impressionné par le dévouement des confrères aux ministères qui leur sont confiés, que ce soit dans le leadership, la formation, le travail paroissial ou les services rendus à l’Église locale. La plupart des confrères qui écrivent au CG partagent leurs joies et leurs soucis, souvent de manière proactive, en proposant des solutions à des problèmes existants ou en suggérant des moyens de traiter des questions souvent épineuses, mais aussi en acceptant volontiers, à la fin du dialogue qui s’ensuit, que le « dernier mot » revienne au Conseil général.  Tous les confrères ne suivent cependant pas les procédures appropriées et ne passent pas par la direction locale. Je suis impressionné de voir comment ce Conseil respecte le leadership local et invite doucement le confrère à discuter d’abord avec son provincial ! Il y a sans aucun doute une grande confiance mutuelle.

Il n’est cependant pas surprenant que des confrères se plaignent parfois que les décisions ne soient pas prises aussi rapidement qu’ils le souhaitent. Ils peuvent parfois avoir un point valable, mais je peux vous assurer que le CG prend très au sérieux tout ce qui lui est présenté et essaie d’y faire face sans retard. Ils manque parfois cependant, certaines informations essentielles ou l’agenda est si chargé qu’un certain retard est inévitable. Au demeurant, tous les confrères ne connaissent pas le rythme de rencontres du CG à Rome : deux fois de suite, trois fois dans l’année (janvier-février, mai-juin, septembre-octobre) et les autres mois sont principalement dédiés aux visites dans les provinces, sections ou secteurs.

André Schaminée avec Pello Sala, ancien secrétaire administratif

Comme je l’ai écrit plus haut, la Société est aussi fragile et humaine. Le CG doit également faire face à des problèmes douloureux, voire embarrassants. Certaines questions, qui dépassent l’autorité de la direction locale, sont référées au Conseil général, qui doit trouver le temps de s’occuper d’elles, que cela plaise ou non ! Quand les confrères quittent le droit chemin et deviennent victimes des nombreuses tentations que la vie procure, le CG avec la direction locale, fait tout son possible pour les aider à affronter leur situation souvent désespérée avec honnêteté, courage et détermination. Certains ne veulent pas accepter  « qu’ils ont un problème » , d’autres, grâce à l’approche douce et miséricordieuse des dirigeants locaux et du CG retrouvent le bon chemin.

André Schaminée assurant le secrétariat au Conseil général.

Ce n’est pas un secret que la Société diminue en nombre, mais il y a une augmentation significative de nombreux nouveaux jeunes membres, pour lesquels nous remercions Dieu. L’âge moyen actuel des confrères est d’un peu plus de 67 ans. Je mentionne ceci pour souligner que les demandes de travailleurs pour la vigne dépassent l’offre disponible. Une telle situation pourrait facilement provoquer des tensions entre le CG et les dirigeants locaux. Au moment des nominations, par exemple, une province peut demander quinze stagiaires et huit jeunes confrères mais ne recevra peut être que sept et quatre respectivement, car « personne ne peut donner ce qu’il n’a pas » . Je suis toujours surpris et impressionné qu’à la fin. tout le monde semble être content de ce qu’il a reçu, même si cela n’a été que la moitié de ce qu’il avait demandé. Cela montre qu’il y a un haut degré de réalisme et un bon esprit de coresponsabilité à tous les niveaux.

 

André Schaminée avec Odon Kipili, le nouveau secrétaire administratif

Un regard global me permet de conclure que la relation entre le CG et les confrères est généralement saine et heureuse. La clef de ce succès tient à cette formule : « Montre, autant que se peut, le plus grand respect pour les autres ! »

André Schaminée,
ex-Secrétaire Général

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