Karel Watteeuw 1924 – 2017 (PE n° 1083)

Karel est né le 6 novembre 1924 à Roulers dans le diocèse de Bruges. Il a suivi l’école primaire et les humanités classiques au Petit séminaire de sa ville natale. En septembre 1944 il entra chez les Pères Blancs à Boechout, où il resta trois ans. Après le noviciat à Varsenare, il fit sa première année de théologie à Mariënthal, les autres à Heverlee. Il y prononça son serment missionnaire le 21 juillet 1951 et fut ordonné prêtre le 12 avril 1952. Ses formateurs décrivent Karel comme un homme dévoué et généreux, consciencieux. Ce n’est pas un grand intellectuel, mais il est capable et pragmatique. Délicat et simple dans ses relations, un peu timide, mais un grand cœur. C’est un type nerveux, fort influençable et vite impressionné. Sa santé plutôt fragile demandera un climat tempéré…

Nommé au Rwanda, Karel part le 13 septembre 1952 et rejoint son premier poste, Kansi, où il apprend la langue et est directeur des écoles. Début 1954 il est envoyé à Rushaki, où il réussit bien auprès des enseignants. Karel a des idées strictes sur la pauvreté et est fort critique pour les économes trop paresseux, d’après lui, pour mettre en valeur les terrains disponibles et pourvoir aux besoins de la paroisse et de la communauté. En 1956 il est nommé au Petit séminaire de Kabgayi. Cette vie ‘assise’ l’énerve tellement qu’au bout de quatre mois il peut repartir en brousse, à Mibilizi. Le père Van Hoof, régional, constate que Karel fait du bon travail, mais qu’il entreprend trop de choses et néglige de se reposer. En novembre 1959 Karel subit deux opérations au dos ; suit la session et la grande retraite à Mours, mais il a hâte de repartir. En février 1961 le voilà de retour à Mibilizi. A cause des tensions ethniques, il est décidé de transmettre la paroisse au clergé. En mai 1961 Karel est nommé à Byumba ; en janvier 1962 il devient curé à Rwesero et en janvier 1963 fondateur et curé de Burehe. Karel travaille dur, mais ne peut éviter, selon le régional, « quelques accrocs bien bêtes avec les chrétiens et même avec son confrère ». Aussi écrit-il une longue lettre à l’évêque et au régional pour se plaindre de son jeune confrère qu’il juge trop entreprenant et trop progressif. Début 1965 Karel est envoyé comme curé à Rushaki. Les autorités communales et certains chrétiens auraient préféré que les Pères Blancs ne reviennent pas parce que ces derniers redresseraient certainement quelques abus qui avaient fait leur apparition. Ils redoutaient surtout le père Watteeuw, homme de principes. Dans une lettre à l’évêque, ce dernier décrit longuement les situations intolérables. En septembre il part en congé et Jules Severy, régional, note : “Il était grand temps : intenable à Rushaki !” En juin 1967 Karel se trouve à Busogo, mais il doit quitter suite à quelques bagarres à son encontre. Il est alors nommé à Rwaza, où cela ne se passe pas fort bien non plus. Début 1969, il se plaint amèrement dans une longue lettre au régional : le supérieur n’a pas confiance en lui, la vie communautaire PB n’est qu’un mensonge ; il voudrait aller vivre hors communauté…

Quand Karel part en congé en juillet 1970, le régional voudrait qu’il se fasse traiter médicalement pour son tempérament colérique. Le père Severy reporte ensuite indéfiniment son retour au Rwanda. En attendant Karel se met à la disposition de la paroisse St-Louis à Deerlijk (diocèse de Bruges), y remplaçant notre confrère Maurice Maes. Il n’y voit qu’une solution provisoire, car il veut retourner en Afrique. Au Rwanda, le Conseil décide de lui offrir une dernière chance. En février 1975 Karel est vicaire à Muyunzwe (diocèse de Butare) où il n’est pas du tout connu. En l’accueillant le régional lui fait remarquer que les gens n’acceptent plus certaines attitudes de notre part. Quand le clergé diocésain reprend la paroisse en octobre 1976, Karel est nommé à Kibangu dans le diocèse de Kabgayi. A sa propre demande il revient définitivement en Belgique en avril 1978. A son arrivée un car entier de paroissiens enthousiastes venus de Deerlijk l’attend. L’évêque de Bruges le nomme vicaire de la paroisse Sainte-Godelieve à Roulers. Il entre en fonction le premier janvier 1979 et habite chez sa sœur Marie-Louise. Karel se montre enthousiaste de sa nouvelle paroisse et de l’équipe sacerdotale. Il est responsable d’un grand secteur, organise la formation des groupes liturgiques et bibliques de la paroisse. En janvier 1981 le provincial lui demande de s’intégrer dans l’équipe PB chargée de la paroisse Sainte-Catherine à Stabroek dans le diocèse d’Anvers. La collaboration avec son confrère curé pose problème. Karel se sent mis de côté, déprécié… Avec nostalgie il évoque l’Eglise jeune et vivante du Rwanda, tandis qu’ici… En 1989 Karel atteint l’âge de la pension et présente sa démission. En mai 1990 il regagne la communauté de La Plante à Namur ; en septembre l’évêque le nomme curé de Beez. C’est une petite paroisse, partiellement rurale. Karel y assure le service jusqu’en septembre1997.

Le premier octobre 1997 Karel s’installe à Varsenare. Pendant quelques années, de février 1999 à février 2005, il assure l’aumônerie à Avondrust. Il passe ensuite quelques années au château, avant de retourner définitivement à Avondrust, début novembre 2008, cette fois comme résident. Les deux dernières années, Karel était mentalement ‘absent’, mais il gardait toujours son sourire reconnaissant. A trois reprises on le croyait mourant, mais il remontait chaque fois la pente. Finalement, le matin du 5 février 2017, Karel s’est doucement éteint. La liturgie d’adieu et la mise en terre eurent lieu le vendredi suivant.

Jef Vleugels, M.Afr.

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