P. Helmut Huber 1942 – 2017 (PE n° 1084)

Après une longue maladie portée dans la foi profonde le P. Helmut Huber est décédé à l’Hôpital de Bad Aibling.

P. H. Huber est né à Amberg. Son père était maître principal d’une école, profession qui exigeait de la famille un changement de domicile plusieurs fois. A Hahnbach, Helmut pouvait vivre une enfance sans souci dans une famille profondément croyante au milieu de ses frères et sœurs et fréquenter aussi l’école primaire. En 1952, il retourne à Amberg pour poursuive ses études au lycée. Par sa gaieté naturelle, Helmut était un camarade aimable, Parmi les professeurs il était très estimé et, ainsi, dispensé de l’examen oral lors de l’examen du bac à cause de ses bonnes notes dans les examens écrits. Helmut avait pris contact avec les Pères Blancs qui avaient ouvert une maison à Amberg en 1959. Sur ces contacts personnels avec les Pères Helmut gardait le silence, aussi devant ses parents, jusqu’au moment où il était clair pour lui de vouloir devenir Missionnaire d’Afrique.

L’étude de la philosophie suit à Trêves de mai 1961 à août 1963, ensuite noviciat à Hörstel en 1963/64. Helmut avait acquis de bonnes connaissances en anglais du temps du lycée mais pas en français. C’est pourquoi il demande à ses supérieurs de pouvoir faire ses études théologiques au scolasticat de Totteridge. Cette demande est acceptée et, le 27 juin 1967, il y fait son serment perpétuel. Le 29 juin 1968, Helmut est ordonné prêtre à Regensburg.
Sa première nomination en août 1968 ne le conduit pas en Afrique. On lui demande de collaborer à «l’Action Missio» pour l’animation missionnaire dans les écoles secondaires en Allemagne. Pour se préparer Helmut va pour une année chez les Pères Blancs à Sutton-Coldfield en Angleterre. Par la suite, Helmut reçoit la permission de faire un voyage d’information en Afrique Orientale ; cela le conduit à la mission de Kamsamba dans le diocèse de Mbeya, là où le père Büth et le frère Ildefons travaillent. Naturellement il ne connaissait pas encore le Kiswahili. Pour la messe dominicale il notait quelques phrases en kiswahili avec la phonétique. Il les apprenait par cœur et les proclamait devant les chrétiens à l’église. Les chrétiens étaient impressionnés par ce «Mzungu» qui connaissait leur langue sans avoir été en Tanzanie auparavant. Après la messe, ils s’adressaient à lui en Kiswahili et devaient constater que l’Esprit saint l’avait abandonné. Il ne parlait que l’anglais.

En 1972, Huber est nommé en Tanzanie à la cathédrale de Mbeya. Il y apprend le Kiswahili à fond et avec zèle. Il s’achète un journal tous les jours et le lit de la première page à la dernière.

En 1976, il est nommé dans les paroisses de Mkulwe et Kamsamba situées dans la vallée de la Rukwa. Dans ce climat chaud et humide, des attaques de malaria n`étaient pas une rareté. Avec un confrère canadien il dessert les deux paroisses avec 50 succursales. Les safaris étaient souvent faits en vélo, parce qu’il y avait peu de ponts sur les fleuves. Helmut que les gens appellent « Padri Samuel », s’intéresse aux us et coutumes des différentes tribus et commence à apprendre leurs langues. Il prend des photos des évènements de la vie de tous les jours, dessine les cartes des paroisses et succursales qu’il utilise lors d’exposés pendant ses congés en Allemagne.

Lors d’un examen médical en 1980 à Dar-es-Salam le médecin lui conseille de prendre le vol suivant pour l’Allemagne. A Amberg il subit d’urgence une opération du cancer. La tumeur avait déjà détruit un rein. L’opération suivante et la réhabilitation ont du succès. La grande confiance en Dieu de Helmut, son désir ardent de retourner en Tanzanie et son humour l’aident dans ce temps difficile. Il ne prend pas une longue période de récupération, mais demande une autre responsabilité aussitôt que le traitement au cobalt est terminé. En octobre 1981, il devient responsable de la communauté de Munich à une période difficile de reconstruction. Il voyait sa tâche principale dans l’ouverture de la maison pour l’animation missionnaire. Il était doué artistiquement – il s’est éternisé dans ses nombreux dessins et caricatures – et à cause de son habilité linguistique il eu beaucoup de succès lors des rencontres de jeunes.

L’accord des médecins pour une nomination en Afrique est donné en 1988 – cette fois-ci pour le Kenya. Ce fut pour Helmut un renforcement moral ; cela lui a donné la certitude d’avoir surmonté sa maladie du cancer. A Nairobi, il a pu compter sur de bons soins médicaux.

Sa nomination le conduit dans une paroisse de bidonville à l’est de Nairobi, là où le père Arnold Groll avait fondé un projet nommé «Undugu» («Fraternité») qui comprenait tous les quartiers de misère de la ville : des écoles servant de salles polyvalentes étaient lancées dans les quartiers concernés ; des hômes étaient ouverts où les enfants pouvaient manger et dormir ; un centre de formation était installé pour des travaux de menuiserie et de tôlerie et, le plus important, un atelier de mécanique a ouvert aux enfants de la rue un avenir, au lieu de courir toute la journée dans les rues à ramasser des déchets. Helmut se consacre de tout cœur au projet «Kwetu» («Chez nous à la maison»). Cette activité correspondait totalement à son caractère, à ses dispositions et à ses intérêts : donner aux jeunes gens la sécurité et une nouvelle espérance pour leur avenir.

En octobre 2000, Helmut quitte le Kenya : il est nommé à la nouvelle fondation sur l’île Pemba. Pendant trois mois, il travaille d’abord dans les camps de réfugiés à Benaco en Tanzanie où il y avait environ 100.000 réfugiés du Burundi et du Rwanda. En janvier 2001, une communauté de quatre Pères Blancs traverse de Dar-es-Salam á Zanzibar (50 km) et quelques jours plus tard à Pemba. Leur but était de créer de bonnes relations avec les musulmans par le travail de formation des jeunes et des adultes, des cours de langue – un terrain neutre qui ne touchait pas la religion. Des contacts personnels pouvaient être noués. Le travail pastoral n’était pas facile parce que la communauté des chrétiens était dispersée sur toute l’ile et ne représentait que 0,01% de la population.

Lors d’un examen médical en 2004, les médecins découvrent chez Huber plusieurs parties de la peau atteintes du cancer. Pour cela et pour des raisons familiales, Helmut rentre en Allemagne en 2005.

Dans les années suivantes Helmut est de nouveau un membre estimé de la communauté de Munich. En 2012, toujours ouvert à de nouvelles expériences, il répond à l’appel du provincial d’Irlande qui cherchait des confrères pour quelques mois pour sa communauté de Dublin. De même il répond à l’invitation de la communauté de Jérusalem en 2014 pour s’occuper pour trois mois des pèlerins de l’Eglise Sainte Anne. Il le fait avec un grand zèle et une grande joie.

Après une attaque d’apoplexie au début de l’année 2015, l’état de santé du P. H. Huber se détériore visiblement. En novembre 2016 il va à l’hôpital pour vérification et on y constate une pression de l’eau cérébrale élevée. On essaie de réduire cette pression au début de février 2017, mais à cause d’une complication c’est le début de la fin pour Helmut avec une pneumonie, un coma artificiel, une réhabilitation neurologique à Bad Feilnbach interrompue par des séjours à l’hôpital de Bad Aibling à cause d’autres troubles auxquels le corps affaibli d’Helmut n’avait plus rien à opposer. Ce fut réellement une rédemption quand il a pu s’éteindre à Bad Aibling dans la nuit du 18 au 19 mai pour aller vers la maison de Celui dont il avait annoncé le message bienheureux pendant toute sa vie.

Günther Zahn, M.Afr.

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