La formation permanente, une partie intégrante de nos deux Instituts (Petit Echo n° 1088 – 2018/02)

Comment voyez-vous la formation permanente aujourd’hui ?

La formation permanente est devenue une partie intégrante de nos deux Instituts. Je ne connais pas beaucoup le programme de formation permanente des Missionnaires d’Afrique, mais dans notre congrégation des SMNDA, nous avons le noviciat avant les premiers vœux, le juvénat avant les vœux perpétuels et le troisième An après une dizaine d’années de vœux perpétuels. Ce sont trois étapes pour approfondir notre foi, notre vocation personnelle et communautaire et notre mission dans le monde d’aujourd’hui. On nous offre aussi une année doctrinale d’études théologiques. Il y a aussi la possibilité d’une année sabbatique dans certains cas.

Je crois que la formation permanente en tant que missionnaires religieux a été et continue d’être une nécessité dans la vie de chacun. En fait, si je regarde ma propre vie et celle de mes sœurs, je peux dire que nous devons y consacrer du temps, de l’attention et de l’argent (livres, retraites, sessions, etc.).

Célébration finale dans la chapelle de la maison généralice

Qu’est-ce qui a changé au cours des 40 dernières années ?

Je parle du début des années 70 après Vatican 2. A cette époque, nous avons reçu beaucoup de sessions psychologiques variées et des dynamiques de groupe : PRH, Meyers Briggs, Ennéagramme, etc. C’était une recherche pour savoir comment intégrer la psychologie avec la spiritualité. Il y avait beaucoup d’emphase sur le partage. Tenant compte d’une certaine résistance et de la sagesse de nos aînés, on est arrivé à un meilleur équilibre sur la nécessité de plus de silence et d’espace personnel. Dans les années 80, le focus de la formation adulte et pastorale était centré sur tous les aspects de justice et paix dans notre formation, comme par exemple, identifier la racine des problèmes, la contextualisation et la conscientisation (voir, juger, agir) et la théologie de la libération. Cela a été suivi par une implication plus large dans les questions écologiques, ce que les « Verts » avaient déjà commencé plus tôt. Plus tard, les années 90 nous ont propulsé assez rapidement dans toutes les nouvelles technologies, la théologie quantique, l’interdépendance non seulement entre les humains partout dans le monde, mais de tout le cosmos en expansion constante, la prise de conscience croissante de cette relation spirituelle profonde avec toute la création. L’importance du silence communautaire créatif, l’impact de nos pensées et de notre vision intérieure, les mouvements de méditation globale et autres, nous influencent aujourd’hui dans tout ce qui a trait à notre formation permanente, y compris tout ce qui précède.

Les participants de la session « Transition » à Rome en 2017

Comment vivez-vous la collaboration des M.Afr et des SMNDA dans l’animation des rencontres de formation ?

Depuis plusieurs années, il y a des sessions à Jérusalem ouvertes aux SMNDA en tant que participantes ou animatrices. Je crois que ces sessions ont toujours été bien appréciées, mais je n’en ai pas fait l’expérience. J’ai seulement une petite expérience de formation permanente dans nos deux Sociétés : ce sont les deux sessions de formation appelées « Transition » et « Senior ». Nous, les animateurs, essayons patiemment de les nommer « RENCONTRES », mais l’étiquette « Session » continue à apparaître. C’est un signe que nous perdons très lentement nos « vieilles peaux » ; les serpents sont beaucoup plus agiles !

J’ai une certaine expérience de la collaboration avec les M.Afr., mais c’est surtout de manière ponctuelle, en faisant appel à des M.Afr pour nous aider dans une paroisse dirigée par des SMNDA ou encore travailler dans le même domaine, mais dans des endroits différents.

Depuis 3 ans, je suis engagée étroitement avec un M.Afr dans l’animation des sessions qui se tiennent à la Maison Généralice des M.Afr. Auparavant les sessions étaient seulement sous la responsabilité du M.Afr. ; les sœurs participaient à l’animation de la liturgie. Maintenant nous essayons d’animer les rencontres sur un pied d’égalité. Cela exige un partage honnête de points de vue, de réflexions et de sentiments dans le quotidien. Cela permet que chacun puisse contribuer avec le meilleur de lui-même. Dans une relation honnête, respectueuse, pardonnante et confiante entre les animateurs, nous pouvons contribuer, espérons-le, à un environnement de confiance et d’ouverture où les participants peuvent cheminer personnellement : ils prennent le temps de s’arrêter, trouver des outils pour faire une relecture de leur vécu, intégrer de nouveaux aspects et faire ainsi face à des transitions dans leur vie, vu leur âge. Ils ont l’opportunité de partager en petits groupes et de travailler seuls. Nous leur donnons l’espace et la liberté nécessaires pour cheminer à leur rythme et selon leurs besoins. Je trouve cela difficile (dans le sens positif) et fructueux de travailler ensemble en tant que femme et homme dans notre complémentarité ; il en est de même pour la plupart des confrères et des sœurs.

Comment nos deux Sociétés pourraient-elles concrètement améliorer leurs programmes de formation permanente pour une meilleure performance ?

Ceci, bien sûr, est une question importante ! Je crois que nous avons parcouru un long chemin depuis nos débuts ; des peaux ont été renouvelées, tandis que d’autres attendent toujours d’être ébranlées. Cela nécessite une attention et des efforts continus dans nos deux Sociétés. Il peut être utile de se rencontrer à différentes périodes de formation permanente, à partir du noviciat. C’est le travail des responsables de la formation permanente de nos deux Instituts de proposer des améliorations pour offrir des programmes adaptés aux besoins de nos consœurs et confrères.

Helga Franke, smnda

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