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La pertinence durable de Laudato Si’

 Laudato Si’ est-il toujours d’actualité ? Sans violer les règles de la logique, la réponse est oui. Bien que cette encyclique reste encore à découvrir, à comprendre et à apprécier, la Société des Missionnaires d’Afrique la trouve utile. Elle est d’avis que prendre soin de notre maison commune favorise le bien commun. C’est pourquoi, le 10 mai 2025, huit membres de la Communauté généralice de Rome, se sont joints à d’autres volontaires dans le cadre du projet de l’hospice de Roma Cura Roma (« Rome prend soin de Rome »), pour sa 4e édition. L’objectif du projet est de garder la ville de Rome propre. Roma Cura Roma est une initiative annuelle qui rassemble diverses organisations gouvernementales, non gouvernementales, confessionnelles et des personnes de bonne volonté pour nettoyer et entretenir les espaces publics tels que les parcs, les places, les jardins, les rues, etc., dans toutes les municipalités de Rome. Cette année, 365 initiatives ont été enregistrées et ont réuni environ 19000 participants.

Pourquoi les Missionnaires d’Afrique participent-ils à de telles activités ? Prendre soin de notre maison commune n’est pas quelque chose de nouveau dans notre vocation évangélisatrice. Comme certains d’entre nous l’ont vécu depuis leur plus jeune âge, nous avons rencontré des missionnaires, qui intègrent sans cesse la protection de l’environnement dans leurs efforts missionnaires-pastoraux, en plantant des arbres, en introduisant de nouvelles cultures (graines) dans leur zone de mission, en luttant contre l’érosion, en sensibilisant aux dangers des semences génétiquement modifiées, en entretenant les routes et les ponts qui relient les villages, etc. Aujourd’hui, comme le recommandait le dernier Chapitre général (cf. Recommandation n° 6, Actes capitulaires : 29e Chapitre général, p. 28), l’adhésion  à Roma Cura Roma Roma est une manière d’actualiser les idéaux de notre apostolat missionnaire. Les sages disent que « les actes valent mieux que les paroles ». Et nous voulons, non seulement parler, mais aussi traiter de petites actions qui, étape par étape, mènent au changement et à la transformation sociale.

Cette année, le Roma Cura Roma est spécial. Le fait d’être dans l’année jubilaire de l’Eglise lui donne une saveur particulière. À Rome, la plupart des espaces publics tels que les terminus de train et de bus, les arrêts de bus, les monuments historiques, les trottoirs, etc., ont été rénovés pour marquer les événements du jubilé. Roma Cura Roma réitère d’une manière ou d’une autre la nécessité de garder la ville de Rome propre pour les pèlerins et les résidents. C’est aussi un rappel pour nous, Missionnaires d’Afrique, que le soin de notre maison commune fait partie intégrante de notre charisme. Il y a beaucoup à imiter de nos ancêtres dans la Mission, dans d’autres instituts religieux et dans la société civile en général.

Nous tenons à souligner que l’organisation ou la participation à de telles initiatives n’est pas l’œuvre d’experts. Il s’adresse à ceux qui sont passionnés par le soin de l’humanité et de la création. Elle suppose la bonne volonté. La première chose à faire est de regarder ses points forts ; ensuite, pensez à ce qui manque, comme l’argent et d’autres moyens matériels. Cependant, le financement des fonds ne peut se faire que si et seulement si une initiative volontaire a commencé à avoir lieu, en fonction du contexte missionnaire du moment.

À travers le projet Roma Cura Roma , nous voyons à quel point Laudato Si’ est toujours d’actualité. Elle reste une encyclique qui continue d’inspirer et d’informer notre charisme missionnaire. C’est à nous, selon nos divers contextes pastoraux, de mettre en pratique les intuitions et la sagesse qu’elle offre.

Par: Prosper Harelimana, M.Afr.

Promouvoir des valeurs universelles qui transcendent les différences culturelles et religieuses

Nous vivons dans un monde marqué par diverses cultures et des croyances religieuses très diversifiées. A l’heure où nous sommes, l’humanité devient de plus en plus interculturelle et interreligieuse. L’on remarque actuellement que les sociétés humaines se sont développées dans différents sens : diverses cultures et, par conséquent, différentes manières de nommer Dieu et les choses. La prise de conscience du multireligieux et du multiculturel a été vite accentuée par la communication, la mobilité des populations et la croissante interdépendance entre les peuples. C’est cet éveil de la diversité qui provoque en nous, chrétiens, des questions, l’affirmation de notre foi, notre manière de vivre et d’entrer en relation avec ceux-là que nous considérons différents de nous. Le christianisme a, dès les origines, pris conscience de l’existence des communautés juives et d’autres confessions religieuses.

Les questions qui se posent aujourd’hui sont celles de savoir : Qu’entendons-nous par dialogue interculturel et dialogue interreligieux ? comment pouvons-nous aborder la question du dialogue interculturel et interreligieux ? comment promouvoir, à la lumière de l’évangile, des valeurs universelles qui transcendent les différences culturelles et religieuses et favoriser la création d’un environnement propice à la coexistence pacifique et à la collaboration de diverses communautés ?

Qu’entendons-nous par dialogue interculturel et dialogue interreligieux ?

De manière générale, j’entends par dialogue, une conversation où des personnes cherchent à entrer en relation malgré leurs différences. C’est un échange entre deux ou plusieurs personnes qui cherchent à partager leurs expériences de vie.  Ceci se fonde sur le principe que l’homme est un être relationnel. Le dialogue interculturel sera alors entendu comme une conversation entre deux ou plusieurs personnes de cultures différentes. Le fait même de s’intéresser à apprendre la langue de l’autre constitue déjà un élément de dialogue interculturel. Nous cherchons à utiliser les mêmes mots pour nommer Dieu et les choses. Quant au dialogue interreligieux, c’est un échange de vie où des personnes de différentes confessions de foi cherchent à entrer en relation et à partager leurs expériences de vie malgré leurs différences religieuses.

En tant que témoins de l’amour de Dieu comment pouvons-nous aborder la question du dialogue interculturel et interreligieux ?

Partant de mon expérience de stage à Savelugu de 2009-2011, j’ai pu découvrir que pour aborder le dialogue interreligieux, il faut identifier un besoin humain. Dans l’évangile de Jean, au chapitre 4, 1-15, Jésus, l’homme de Nazareth et juif, est un exemple parlant. L’évangile nous dit que Jésus, pour entrer en dialogue avec la femme samaritaine, commence par exprimer un besoin : il a besoin d’eau. Ce dialogue a été possible parce que Jésus a pris l’initiative de s’adresser à la femme. Là, Jésus initie un dialogue à la fois interculturel et interreligieux. A Savelugu, j’avais besoin d’apprendre la langue. En prenant l’initiative d’entrer en contact avec les gens du milieu, j’ai été accueilli par une famille qui m’a logé pour une période de trois mois pour apprendre le dagbanili, la langue du milieu.

De nos rencontres quotidiennes est né le besoin d’avoir un terrain de football pour les jeunes. Ceci a davantage occasionné le dialogue entre la communauté des Missionnaires d’Afrique travaillant à Savelugu et les voisins. Aujourd’hui le terrain accueille beaucoup de jeunes venant d’autres communautés environnantes. Je trouve qu’en prenant l’initiative d’aller vers l’autre et en exprimant un besoin humain, on peut aborder le dialogue interculturel et interreligieux. Il faut entrer dans ce dialogue avec un esprit d’ouverture à l’autre, sans jugement. Une telle attitude aide à la préparation pour commencer le dialogue. Jésus a demandé de l’eau à une samaritaine ; il savait aussi les prohibitions sociales existant entre juifs et samaritains. Mais il adopte une attitude de liberté, allant au-delà de la culture et du genre. Il se montre libre des hostilités, tout en restant orienté vers l’essentiel : entrer en conversation avec la personne, ici la femme samaritaine.

Comment promouvoir, à la lumière de l’évangile, des valeurs universelles transcendant les différences culturelles et religieuses ?

En lisant les évangiles, un fait remarquable est que pour Jésus, c’est la personne qui compte. L’on voit sa lutte quotidienne pour le peuple, en particulier les marginalisés et les pauvres. Son ministère est toujours en relation avec une personne, les disciples comme la foule, les amis comme les ennemis. Jésus s’intéresse toujours à ceux qui ne sont pas Juifs,ceux donc qui ne font pas partie du peuple élu. Ses paraboles et ses rencontres avec les non-juifs devraient nous aider à promouvoir le dialogue avec d’autres personnes de traditions religieuses différentes. A travers la Bible, nous voyons Jésus qui s’entretien avec la samaritaine (Jn 4, 1-15) comme mentionné ci-dessus ; il admire la foi d’un païen (Mt 8, 10) ; il y a bien d’autres rencontres.

Comme nous l’avons souligné, nous sommes des disciples de Jésus qui cherchent à emboiter ses pas. Cette imitation de Jésus nous aide à aller au-delà des barrières religieuses qui se présentent à nous. En 1984, saint Jean-Paul II, alors pape, déclarait que « le dialogue (interreligieux) est fondamental pour l’Eglise qui est appelée à collaborer au plan de Dieu par des méthodes de présence, de respect et d’amour pour tous les hommes ». Comme chrétiens à la suite du Christ, l’exemple de la Trinité fonde l’exigence d’une Eglise qui soit en communion de dialogue. Nous comprenons que nous devons nous engager à présenter les louanges des hommes tout en nous engageant dans le dialogue avec d’autres confessions religieuses.

A l’exemple de Jésus de Nazareth, nous serons alors des personnes qui brisent les barrières, pratiquent la tolérance et la patience, s’engageant pour la libération de l’homme et réaliseant dans les faits la fraternité face à l’unique paternité de Dieu. Chacun gardant ses propres convictions religieuses, il faut entrer dans ce dialogue avec un esprit libre, sans critique négative pour arriver à une communion vraie ; car comme le dit Gustavo Gutierrez dans son livre Théologie de la libération, « l’homme est destiné à la totale communion avec Dieu et à la plus complète fraternité avec les autres hommes ». En ce sens, il nous faut l’écoute, donner place à l’autre. Il ne faut pas chercher à ramener l’autre à soi, mais reconnaitre et accepter les différences.

Par: Gaspard Cirimwami, M.Afr.

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