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Deuxième dimanche du Temps Ordinaire, Année A

Notre vocation de chrétiens

Isaïe 49, 3.5-6 / Psaume 39(40) / 1 Corinthiens 1, 1-3 / Jean 1, 29-34

Dans la Parole de Dieu de ce dimanche, nous rencontrons la figure du « Serviteur de Yahvé » ou « Serviteur du Seigneur » (Is 49, 3 ; Is 42, 1 ; Is 42, 19). Qui est ce serviteur ? Est-ce un personnage récurrent en Is 40-55, tantôt décrit comme Israël, tantôt comme un individu prophétique unique distinct d’Israël ? Dans notre cas, la première lecture l’identifie (serviteur de Yahvé) à Israël. En ce sens, le serviteur représente l’ensemble du peuple de Dieu. Au temps de l’exil à Babylone, Israël avait échoué en tant que nation ; ses rêves de gloire et de victoire s’étaient effondrés. Pourtant, même dans cette situation de défaite et de désespoir, Dieu choisit Israël pour être une lumière de salut pour toutes les nations. Cela peut paraître incroyable, mais c’est précisément à travers ce serviteur blessé que le Seigneur promet de manifester sa gloire (cf. Is 52, 13).

Deux éléments importants se dégagent de la vocation de ce serviteur. Premièrement, l’appel vient de Dieu. Deuxièmement, celui qui est appelé est envoyé en mission pour le bien des autres. Cet appel ne se limite pas à Israël seul ; c’est un appel qui nous est adressé à tous.

L’appel vient de Dieu

Dans la deuxième lecture, saint Paul se présente comme « appelé à être apôtre » (cf. 1 Co 1, 1 ; Rm 1, 1 ; 1 Tm 1, 1 ; Col 1, 1 ; Ep 1, 1). Son autorité ne vient pas d’une qualification humaine mais d’une vocation reçue de Dieu. Un apôtre est un envoyé (cf. Jn 13, 16 ; Lc 6, 13) pour proclamer l’Évangile, surtout à ceux qui ne l’ont pas encore entendu. Paul rappelle aux Corinthiens que son message ne repose pas sur la sagesse humaine mais sur l’autorité de Dieu qui l’a envoyé.
Paul appelle aussi les Corinthiens « peuple saint ». Dans ce contexte, la sainteté signifiait être « mis à part » ou « consacré » pour Dieu. Ils étaient saints non parce qu’ils étaient parfaits, mais parce qu’ils avaient choisi un mode de vie distinct des pratiques païennes. De la même manière, notre sainteté aujourd’hui s’enracine dans notre appartenance à Dieu et dans la vie que nous choisissons de vivre selon sa volonté.

Celui qui est appelé est envoyé pour les autres

Nous avons vu comment les premiers chrétiens défendaient courageusement leur foi en Jésus Christ. Aujourd’hui, nous devons nous demander : que défendons-nous, et qui proclamons-nous ? Notre mission n’est pas simplement d’imiter Jésus extérieurement ou de rester au niveau de l’imitation, mais de l’accueillir dans nos cœurs puis de conduire les autres à Lui. Ayant reçu l’Esprit Saint, nous sommes envoyés pour rendre témoignage afin que d’autres puissent rencontrer Jésus Christ, qui nous sauve par son amour qui donne la vie.

Mes chers frères et sœurs, chacun de nous a une vocation. Et cette vocation poursuit la mission de Jésus lui-même, que Jean Baptiste proclame comme l’Agneau de Dieu, c’est-à-dire celui qui s’offre en sacrifice pour que tous aient la vie (cf. Jn 1, 29 ; Is 53, 7). À travers la catéchèse et la formation de la foi, nos yeux se sont ouverts pour reconnaître la véritable identité de Jésus. Nous devons donc nous souvenir que notre vie a une mission qui nous dépasse. Comme Isaïe nous le rappelle, le serviteur est appelé non seulement à restaurer Israël mais aussi à être « une lumière pour les nations » (Is 49, 6 ; Is 42, 6) et l’accomplissement sera en Jésus (Lc 2, 32).

Que retenir de la Parole de Dieu de ce jour ?

Premièrement, Dieu ne nous appelle pas seulement pour une sainteté personnelle ou un succès privé. Toute vocation chrétienne : que ce soit le mariage, le sacerdoce, la vie religieuse ou le travail professionnel ; est destinée à servir les autres et à apporter la lumière de Dieu dans le monde. Une foi qui se replie sur elle-même manque son véritable but.

Deuxièmement, notre vraie identité se trouve dans l’appel de Dieu. Isaïe parle d’être formé dans le sein maternel, et Paul se décrit comme « appelé à être apôtre du Christ Jésus » (1 Co 1, 1). Notre identité la plus profonde ne vient pas de nos réussites, de nos titres ou de nos échecs, mais de Dieu qui nous appelle. Quand nous savons qui nous sommes en Dieu, nous vivons avec humilité, espérance et confiance.

Troisièmement, Jésus est l’Agneau qui enlève le péché du monde. Jean Baptiste Le désigne clairement, et non lui-même. Notre salut ne s’obtient pas par l’effort humain seul, mais par Jésus qui s’offre pour le pardon des péchés. Chaque célébration eucharistique et chaque confession à laquelle nous participons, nous invitent à rencontrer cet Agneau qui guérit, libère et nous réconcilie avec Dieu. Notre responsabilité est alors de faire grandir les autres comme le Christ nous a fait grandir, et non de les discréditer ou de prier pour leur échec.

Enfin, nous sommes appelés à être des témoins, et non des remplaçants, du Christ. Jean Baptiste déclare avec humilité : Je ne le connaissais pas, mais je suis venu baptiser pour qu’il soit manifesté (cf. Jn 1, 31 ; Jn 1, 33). Il s’efface pour que le Christ soit révélé. Comme Jean, notre rôle n’est pas d’attirer l’attention sur nous-mêmes, mais de conduire les autres au Christ par nos paroles, notre intégrité, notre amour et notre service.

Nous désirons tous la sainteté, c’est donc notre vocation commune. Notre présence à la prière, spécialement dans la célébration eucharistique, et nos œuvres de miséricorde, nous placent parmi ceux qui cherchent la face du Dieu vivant. Dans l’Eucharistie, nous célébrons notre foi en Jésus Christ, que nous rencontrons dans la Parole, dans la fraction du Pain et dans la communauté des croyants à laquelle nous sommes envoyés pour servir.

Célébrons donc chaque jour la présence de notre Seigneur Jésus Christ, puis allons enrichir la vie des autres de la lumière que nous avons reçue, par un sourire, des actes d’amour, de charité, de joie, de paix et d’harmonie.

Par: John C. Mubanga, M.Afr.

Quand l’unité dans la diversité devient mission

Depuis que j’ai commencé mon cheminement vocationnel chez les Missionnaires d’Afrique, j’ai toujours été touché par la place qu’occupe la vie communautaire et relationnelle dans tous nos lieux d’insertion. Elle a toujours été pour moi une source d’inspiration. Mon expérience personnelle dans les différentes communautés où je suis passé m’a permis de constater que vivre en communauté fait partie de l’identité même des Missionnaires d’Afrique. Réunis autour d’un objectif commun qu’est d’annoncer l’évangile nous formons une famille unie par la fraternité malgré nos diversités culturelles et nos origine différentes. Il s’agit d’un héritage spirituel et missionnaire que notre fondateur nous a transmis. Cet article se veut un partage de mon vécu quotidien de cet héritage missionnaire. Après avoir relevé les valeurs fondatrices de la vie communautaire telles que voulues par notre fondateur, je décris comment ces valeurs sont vécues dans ma communauté, sans oublier les défis que pose la vie communautaire. En conclusion, je propose quelques initiatives pour renforcer les liens fraternels dans nos communautés.

Les valeurs fondatrices de la vie communautaire selon notre fondateur

« Ma dernière recommandation, mes chers Fils, la plus importante : Restez unis, unis de cœur, unis de pensées. Formez véritablement une seule famille, ayez fortement, dans le sens chrétien et apostolique de ce mot, l’esprit de corps. » Cardinal Lavigerie. « Nous célébrons et partageons la vie manifestée dans le Verbe incarné lorsque nous formons une famille ayant entre nous des relations profondément humaines et évangéliques, aidant chacun à se sentir estimé et confirmé, supportant le fardeau et les faiblesses les uns des autres, sachant apprécier la riche diversité de nos personnalités, de nos cultures et de nos âges. » (Chapitre général de 1998)

Ces deux citations me permettent de dégager quelques valeurs fondatrices de la vie communautaire :

  • Vivre sous le même toit et faire de nos communautés des lieux où il fait bon vivre en frères. Il s’agit d’une communauté de vie.
  • Diversité culturelle : venant de plusieurs pays et cultures, chacun apporte quelque chose d’unique et d’irremplaçable. C’est une communauté internationale et interculturelle.
  • La vie de prière : nous essayons de rythmer nos journées par des temps de prière communautaire. C’est une communauté de prière.
  • Projet de vie communautaire : avoir un projet communautaire et pastoral qui tienne compte des capacités de chacun. C’est une communauté de travail.
  • Partage et discernement : organiser des moments fixes pour échanger sur la vie communautaire et former ainsi une communauté de partage et de discernement.
  • Ouverture et accueil : favoriser une attitude d’ouverture à l’autre et d’accueil chaleureux. C’est une communauté d’hospitalité

Comment ces valeurs sont-elles vécues dans ma communauté ?

Je suis actuellement à la paroisse Saint-Jean XXIII de Ouagadougou, au Burkina Faso. Dans notre communauté, la règle des trois (toujours, rarement deux, jamais un) est bien respectée, car nous sommes quatre confrères de nationalités et de cultures différentes.

Nos différences culturelles constituent pour nous une source d’enrichissement humain et spirituel. Qu’elles soient générationnelles ou liées à la personnalité, elles sont un avantage pour notre vie apostolique. Le fait que nous parlions plusieurs langues, que nous ayons eu des expériences missionnaires dans des lieux et à des époques différentes enrichit les fidèles, qui se sentent écoutés et valorisés. Nous cherchons aussi à mieux connaître la culture, le pays et les expériences missionnaires de chacun à travers des échanges formels et informels. Ainsi, notre vie communautaire reflète la richesse de nos diverses origines. Les dons que nous avons reçus ne sont pas une source d’orgueil pour critiquer les autres, mais plutôt une source de joie et de réussite commune.

Pour que notre mission porte du fruit, nous élaborons un projet communautaire et pastoral qui tient compte des compétences et des capacités de chacun. Nous avons nos rencontres hebdomadaires où nous partageons notre vécu personnel et communautaire, où nous programmons et évaluons nos activités. Ces moments sont aussi l’occasion de partager nos joies et nos peines, et de discerner ensemble pour le bien de la communauté.

Nous faisons en sorte que notre communauté soit un lieu où il fait bon vivre, où chacun se sent écouté et accueilli. C’est une tâche permanente, une responsabilité collective. Notre communauté est également un lieu de fête : nous célébrons ensemble les fêtes liturgiques, les anniversaires et d’autres événements marquants. Nous sommes ouverts à l’accueil des visiteurs, et nous rendons régulièrement visite à nos fidèles dans leurs familles.

La place de la prière dans la vie communautaire et relationnelle

Outre les prières communautaires, la prière personnelle et les récollections mensuelles nous aident à renforcer notre unité. Nous nous souvenons aussi de Jésus et de son grand désir d’unité, car le fondement de notre fraternité est notre attachement à lui : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

Les défis de la vie communautaire : Individualisme et nouvelles technologies

Étant des êtres humains, nous ne sommes pas épargnés par le phénomène de l’individualisme qui ronge notre société. L’épanouissement personnel tend souvent à primer sur l’épanouissement communautaire. Pour y remédier, notre communauté bannit tout projet personnel qui échappe au discernement communautaire. Nous développons l’esprit de corps à travers trois types de partages lors de nos rencontres hebdomadaires : nous partageons ce qu’on possède (les biens matériels, un livre de lecture, …) ;  nous partageons ce qu’on fait (travail, occupation, apostolat) et par-dessus tout, nous partageons ce qu’on est : joies, peines, souhaits, désir…

Mal utilisées, les nouvelles technologies peuvent favoriser le repli sur soi et nuire à la vie communautaire. Nous sommes conscients qu’avec un téléphone, on peut être proche de ceux qui sont loin, mais loin de ceux qui sont proches. Nous apprenons donc à les utiliser avec modération. Une plateforme communautaire est mise en place pour partager des nouvelles, surtout quand l’un de nous est en mission à l’extérieur.

Que faire pour renforcer les liens fraternels dans nos communautés ?

  • Éviter les préjugés : cela passe par un effort pour mieux se connaître soi-même, son caractère, ses limites, ses qualités, et même les comportements qui peuvent irriter les autres. Ce travail personnel aide à mieux comprendre, apprécier et aimer l’autre.
  • Vivre un équilibre entre les quatre dimensions de la vie missionnaire : prière, travail (apostolat), vie relationnelle et détente. Cela permet de former une communauté soudée, où les besoins collectifs priment sur les désirs personnels.

Si le monde entier aspire à l’unité, nous, les Missionnaires d’Afrique, que Dieu a choisis et consacrés par le serment, devons être les premiers à la réaliser ! C’est notre mission de montrer que l’unité est possible, que l’on peut vivre ensemble, heureux, entre tribus, cultures, nationalités, âges et personnalités différents.

Car la racine de tous les maux en communauté, c’est le manque d’unité.

Par: Innocent Habimana, M.Afr.

Clôture des célébrations du bicentenaire de la naissance du cardinal Charles Lavigerie à Kasongo, en RD Congo

A la date du 26 novembre 2025, le secteur du Maniema (diocèses de Kindu et Kasongo) dans la province de l’Afrique centrale s’est réuni dans la joie, l’action de grâce et la mémoire vivante pour clôturer solennellement le bicentenaire de la naissance de son fondateur, le cardinal Charles Lavigerie (1825-2025) à Kasongo. Ce moment de foi, d’histoire et de gratitude marque non seulement la fin d’une année jubilaire, mais surtout l’enracinement profond de son héritage dans notre terre, dans nos communautés et dans notre engagement missionnaire. Cet evenement inoubliable a rassemblé plusieurs personnes : laics, abbés, religieuses et religieux et les Missionnaires d’Afrique oeuvrant dans ce secteur.

Né le 31 octobre 1825 en France, Charles Lavigerie fut un pasteur visionnaire, un évêque audacieux et un apôtre des peuples d’Afrique. Fondateur de la Société des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) en 1868, et des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique en 1869, il comprit très tôt que l’évangile ne pouvait s’enraciner durablement sans respect de la culture, promotion de la dignité humaine et la lutte contre l’esclavage. Homme de foi et de courage, il planta les premières graines de l’Église catholique en Afrique centrale et de l’Est, avec un zèle apostolique qui continue d’inspirer.

Grâce à l’œuvre des missionnaires qu’il a envoyés, la lumière du Christ est parvenue jusqu’aux terres du Maniema. Les premières missions, les écoles, les hôpitaux, les séminaires, les centres de catéchèse ont vu le jour, façonnant une société plus humaine et plus évangélique. Kasongo en est un fruit vivant. Aujourd’hui, prêtres, religieux, catéchistes, laïcs engagés, nous sommes les héritiers et les témoins de cette œuvre.

Clôturer ce bicentenaire, c’est ouvrir une nouvelle page de fidélité de notre mission en Afrique. Le cardinal Lavigerie disait : « Vous êtes des Africains, devenez des apôtres pour l’Afrique. » Cet appel résonne encore dans nos paroisses, nos familles, nos écoles, nos œuvres sociales : sommes-nous missionnaires selon son esprit ? Sommes-nous défenseurs de la justice, porteurs de la paix, bâtisseurs d’une Église locale adulte et responsable ?

Que ce bicentenaire ne soit pas seulement un souvenir, mais une semence pour l’avenir. Que le flambeau de la mission continue à brûler dans les cœurs de nos jeunes, dans nos vocations, dans notre service des pauvres et dans notre attachement indéfectible à Jésus-Christ.

Par: Patrick Dwomoah Adu, M.Afr.

Le Baptême de notre Seigneur Jésus-Christ, Année A

C’est Jésus baptisé qu’il faut suivre, pas ce monde discordant

Isaïe 42, 1-4.6-7 / Psaume 28 (29) / Actes des Apôtres 10, 34-38 / Matthieu 3, 13-17

Frères et sœurs en Christ, aujourd’hui nous célébrons le baptême du Seigneur, un moment clé dans l’histoire du salut. Imaginez la scène au Jourdain : Jésus descend dans les eaux troubles, et soudain, les cieux s’ouvrent. Dieu le Père déclare avec une voix tonnante : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je mets toute ma complaisance ! » (Mt 3, 17).

Cette parole n’est pas seulement pour Jésus ; elle résonne pour chacun de nous. Mais dans notre monde si bruyant, rempli de voix qui nous appellent, nous séduisent et nous égarent, et parfois même la voix de notre propre cœur nous trompe, comment discerner et suivre vraiment Jésus baptisé ?

Pensez à nos vies quotidiennes partout dans le monde. Nous sommes entourés de tant d’influences qui nous promettent le bonheur mais nous éloignent de la vérité. Il y a les politiciens avec leurs discours creux, comme ceux qui, avant les élections, distribuent des promesses en échange de nos voix, nous faisant oublier que la vraie justice vient de Dieu, pas des alliances fragiles. Il y a nos amis qui nous tirent vers le bas, comme ce jeune homme qui, pour suivre la bande, a abandonné ses études et s’est enfoncé dans l’alcool ou la drogue, rêvant d’une vie facile qui n’a apporté que maladie et regret.

Les réseaux sociaux nous intoxiquent : combien de nos jeunes passent des heures sur TikTok ou Instagram, comparant leur vie à des villas illusoires et des vies de stars, finissant par désespérer au lieu de cultiver les dons que Dieu leur a confiés ? La musique moderne nous distrait de l’essentiel, avec ses rythmes qui célèbrent l’argent, le plaisir et la violence, plutôt que la louange du Ps 29 qui fait trembler les cèdres. Et n’oublions pas notre propre ego, ce menteur intérieur qui nous murmure : « Tu mérites plus ; prends ce que tu veux sans te soucier des autres. » Ces voix promettent monts et merveilles, mais elles nous éloignent de Jésus, nous laissant vides et discordants comme un orchestre désaccordé.

C’est ici que surgit le vrai défi du discernement, frères et sœurs, un discernement qui doit devenir notre boussole quotidienne.

D’abord, les influences extérieures nous interrogent durement : qui parle vraiment en elles ? Est-ce la voix de Dieu qui appelle à la justice et à l’amour, ou le monde qui crie au ‘chacun pour soi’ ? Je me souviens d’une sœur de paroisse tentée par un emploi bien payé dans la nuit, où l’argent coulait à flots mais l’âme se noyait dans le péché ; elle a discerné, prié, et choisi plutôt d’enseigner le catéchisme aux enfants, trouvant la vraie richesse.

Ensuite, nos choix quotidiens nous lancent un défi : reflètent-ils l’amour humble de Jésus, ou nos ambitions égoïstes ? Quand un mari maltraite sa femme après une dispute, est-ce Jésus qu’il suit ou qu’il écoute ? Nos peurs et désirs profonds nous interpellent aussi : sont-ils alignés sur l’évangile, ou dictés par la peur de manquer qui nous pousse à la corruption ?

Enfin, le bruit incessant du monde (klaxons, bars, musique, discours politique et même ragots) nous pousse-t-il vers Dieu ou vers le vide spirituel ? Frères et sœurs, osons nous poser ces questions aujourd’hui : quel bruit domine votre cœur ?

Le baptême de Jésus nous offre précisément la force pour répondre à cet appel, en ravivant la flamme de notre propre baptême. Il nous rappelle d’abord que Dieu nous aime infiniment, comme il aime Jésus : « Tu es mon enfant bien-aimé, en toi je mets ma complaisance ! » Imaginez un père après des années de labeur, regardant son fils avec fierté ; multipliez cela par l’amour éternel de Dieu pour vous ! Cette vérité a transformé la vie d’un catéchumène que j’ai baptisé au Malawi : orphelin, abandonné, il a entendu cette parole et s’est redressé, devenant artisan de paix dans sa communauté, ne comptant même plus les fautes de ses ennemis.

Le baptême de Jésus nous encourage ensuite à rester fidèles au nôtre : sommes-nous vraiment disciples de Jésus-Christ, ou du monde discordant ? Il nous dit encore : comme je suis oint par l’Esprit pour servir les pauvres et les opprimés, toi aussi, sois oint pour aimer et servir sans compter ! Jésus s’est même identifié à nous, pécheurs, en descendant dans les eaux du Jourdain ; face à cet amour fou, comment répondons-nous ? Enfin, l’Esprit-Saint qui descend comme une colombe sur Jésus descend aussi sur nous au baptême : sommes-nous ouverts à sa conduite douce mais ferme, ou la repoussons-nous par notre tiédeur ?

Et voilà que notre propre baptême se révèle comme un appel brûlant à la mission, un envoi quotidien dans notre monde. Nous sommes tous enfants de Dieu, appelés à refléter Jésus dans nos familles, nos communautés et nos lieux de travail, que ce soit en ville ou à la campagne. J’ai rencontré une autre veuve : après la mort de son mari, elle était tentée avec les papas de son quartier car elle était si belle et attirante ; elle me dit elle-même qu’elle coucha avec 10 des 12 qui la voulaient et fut tentée même d’avorter des jumeaux. Son baptême l’a poussée à pardonner au responsable de l’accident qui prit la vie de son mari, et de changer complètement sa vie ; aujourd’hui elle prie pour lui, transformant la haine en lumière ; elle a changé de manière radicale.

Chaque jour, notre baptême nous lance cet ordre divin : « Va, aime, pardonne, sers comme Jésus ! » Le faisons-nous vraiment, ou restons-nous assis dans nos églises comme de simples spectateurs ? Notre baptême est un envoi missionnaire pour partager l’amour de Dieu dans un monde assoiffé, où la faim n’est pas seulement physique mais spirituelle. Vivons-le comme un feu ardent qui brûle en nous, prêt à éclairer les ténèbres du désespoir, à réchauffer les cœurs endurcis par l’égoïsme, et à transformer nos sociétés fracturées. Sommes-nous prêts à laisser Jésus nous façonner, comme l’argile dans les mains du potier, pour qu’il agisse puissamment à travers nous ?

Frères et sœurs, Jésus baptisé doit être notre référence unique, la voix qui surpasse toutes les autres sans exception. Que le Seigneur nous aide à discerner sa voix douce au milieu du vacarme, à vivre pleinement notre baptême, et à marcher derrière lui vers la vie éternelle ! Amen

Par: Marcellin Mubalama, M.Afr.

Revitaliser notre identité : une reconsidération de la place de Notre-Dame d’Afrique dans la vie de notre Société des Missionnaires d’Afrique

Notre rosaire est-il un objet d’ornement, de beauté, ou est-ce un instrument de prière ? Depuis le jour que Je l’ai reçu, combien de fois l’ai-je utilisé pour prier ?

Où est mon rosaire ? Où est ma gandoura ? Je n’ai plus de gandoura, je vais m’en faire faire une autre. Et le rosaire ? C’est pour quand ? 

Dès les origines de notre Société des Missionnaires d’Afrique, notre fondateur, le cardinal Charles Lavigerie, a consacré ladite société à Marie Notre-Dame d’Afrique. Et pour manifester et pérenniser cette consécration, le rosaire que nous portons, sinon que doit porter chaque missionnaire d’Afrique, a vu le jour. Comme l’on dit que derrière chaque grand homme se cache une femme, derrière tout homme qui réussit dans sa vie, il y a une femme qui le soutient. De même peut-on dire, avec conviction, que le cardinal Lavigerie, avait bel et bien découvert que derrière toute congrégation ou société apostolique qui vit la mission de l’Eglise, il doit y avoir la Vierge Marie qui soutient ses membres et les guide dans la mission au service de son Fils. En dédiant la Société des Missionnaires d’Afrique à la Vierge Marie, Notre-Dame d’Afrique, notre fondateur ne s’était nullement trompé.

C’est aller a l’encontre de la volonté du cardinal Lavigerie, que de penser vivre et faire fructifier la mission sans la présence de Marie, Notre-Dame d’Afrique, ou en négligeant et en ne donnant pas à Marie, Notre-Dame d’Afrique la place qui lui revient dans la vie missionnaire.

Voilà pourquoi, en ce temps où nous parlons de la revitalisation de notre identité de missionnaire d’Afrique, il serait inimaginable de parler de notre identité sans toutefois parler de la place de Marie, Notre-Dame d’Afrique, sans se poser la question : Qui est Marie, Notre- Dame d’Afrique, pour moi personnellement, comme missionnaire d’Afrique ? et Qui est–elle pour notre Société dans son ensemble ?

 Sans aucun doute, la Vierge Marie est et restera le chemin par excellence pour atteindre Jésus. Car, je le crois, nulle autre personne ne connaît ou ne connaîtra Jésus-Christ plus que la Vierge Marie. Aussi, nulle autre personne n’aura une expérience intime avec Jésus-Christ qui dépasse celle que Marie a eue avec son Fils Jésus, le Christ. C’est pour cette raison que, pour bien suivre et servir le Christ, tout disciple et missionnaire digne de ce nom devrait passer par l’école de la Vierge Marie, Notre-Dame d’Afrique. Et ceci, notre fondateur l’avait bien remarqué dès la fondation de notre Société. Qu’en est-il donc aujourd’hui ? Où en sommes-nous ? Dans nos vies, où est la Vierge Marie ? A-t-elle encore une place dans ma vie missionnaire personnelle et communautaire ?

Mon expérience personnelle

Mon expérience personnelle m’a emmené à la conviction selon laquelle la Vierge Marie, Notre-Dame d’Afrique, écoute, intercède et précipite ma prière (fait que mes demandes à son fils se réalisent vite). Et je me sens vraiment soutenu par elle dans ma vie missionnaire. Serait-ce parce qu’un jour, avant même de commencer à penser aux Missionnaires d’Afrique, je lui avais demandé, en me prosternant devant sa statue  ‘Sainte Vierge Marie obtient-moi la grâce d’être un jour totalement au service de ton Fils Jésus Christ’. Et voilà qu’en arrivant au noviciat, parmi les insignes missionnaires d’Afrique que l’on nous avait donnés, je trouve qu’il y a le rosaire. Dès ce jour-là, le rosaire qui renvoie à la Vierge Marie, a trouvé une importante place dans ma vie de Missionnaire d’Afrique, de telle manière que, si une fois j’oublie de le porter pour la messe, je sens qu’il y a quelque chose qui manque.

La place de Notre-Dame d’Afrique dans ma vie personnelle comme dans celle de notre Société en général, ne doit pas et ne devrait pas être optionnelle, c’est-à-dire que ceux qui se sentent avoir la dévotion mariale, donnent une place important à la Vierge Marie dans leur vie, et que ceux qui n’ont pas cette dévotion, laissent la Vierge Marie tranquille, là où elle est ! Mais ceci, ce serait se tromper lamentablement, et aller à l’encontre de la volonté de notre fondateur. La place de Notre-Dame d’Afrique dans notre Société est plus qu’une question de dévotion, personnelle ou communautaire : Marie assure et rassure la présence du Christ là où son absence se fait sentir. Alors dans la mission, quand le sentiment d’être abandonné par Jésus nous gagne le cœur, tournons-nous vers Marie, Notre-Dame d’Afrique. 

Il y a beaucoup à apprendre en ce qui concerne Jésus-Christ, surtout en ce qui concerne comment le suivre et comment le servir, que l’on ne peut réaliser qu’en passant par la Vierge Marie. Marie nous fait savoir ce que son fils attend de celui qui va à sa suite.

Qui se rappelle ce petit livret ? Quand était-ce la dernière fois que je l’ai utilisé ? Ce livret a-t-il été fait seulement pour une certaine époque de la vie de notre Société ? Je ne pense pas.

Rappelons-nous donc l’importance de ce petit livret de prières mariales pour les Missionnaires d’Afrique. Où est-il passé ce livret ? Certainement, on peut encore en trouver dans certaines bibliothèques de nos maisons de formations ! Mais dans certaines communautés, c’est déjà déclassé. Car, il n’est  plus à la mode, dit-on.

La place de Marie, Notre-Dame d’Afrique, est devenue, dans notre temps, une affaire personnelle. Raison pour laquelle, les fêtes qui en découlent sont souvent oubliées, méconnues ou rarement commémorées ou seulement mentionnées dans nos communautés. 

Mon souci constant me conduit à dire que les fêtes qui concernent la Vierge Marie, Notre-Dame d’Afrique, et celles qui concernent notre Fondateur, le cardinal Lavigerie, n’ont d’importance que dans nos maisons de formation. Quelle en est la raison ? N’attendez pas de moi la réponse. C’est un questionnement qui surgit en moi souvent.

Je n’ai pas siégé parmi ceux qui voient tout en noir, même quand il y a la lumière. J’aimerais cependant signaler que, dans certaines de nos communautés M. Afr., comme ici au Niger, la prière de l’angélus est chaque fois dite après la prière du milieu du jour ; le chant Sancta Maria, pour lequel la Société manifeste une grande fidélité, couronne toujours nos rencontres et/ou célébrations en tant que missionnaires d’Afrique.

 Prière du rosaire, dans notre paroisse Saint-Vincent de Paul, à Konni (Niger)

Au niveau de nos paroisses, le mois du rosaire est toujours bien animé par les chrétiens, avec ou sans la présence du clergé. Il y a des prêtres, pour ne pas dire certains de nos confrères, qui considèrent – et ils en sont convaincus – que ce temps de prière avec la Vierge Marie est une affaire des fidèles laïcs seulement. Alors on entend des expressions comme quoi :’c’est une affaire de dévotion’ ou encore ‘Je ne suis pas aumônier du mouvement marial’.

De ceci, encore un fois, une question surgit avec force : « quand le cardinal Lavigerie a mis notre Société sous le patronage de Notre-Dame d’Afrique, était-ce une question de dévotion de sa part ? Ou était-il lui-même aumônier d’un mouvement marial ? N’avait-il pas vu quelque chose de plus grand, de plus profond et de vital dans l’acte de consécration de toute la Société à la Vierge Marie, Notre-Dame Afrique ? Encore une fois, ne cherchez pas les réponses à ces questions dans cet article. Les réponses à ces questions se trouvent plutôt en vous.

Selon que l’on a côtoyé, que l’on se laisse accompagner et instruire par Marie, on découvre petit à petit qu’elle est vraiment avec nous dans la mission. Elle vit la mission avec nous. C’est la raison pour laquelle, par exemple, dans notre milieu de mission, milieu fortement musulman, en plus d’être Notre-Dame d’Afrique, la Vierge Marie est considérée comme Notre-Dame du dialogue.

Oui, nous croyons que Notre-Dame d’Afrique nous accompagne bel et bien dans toutes nos rencontres avec nos frères et sœurs d’autres religions. Est-ce ici une question de dévotion seulement ? Je ne pense pas. Car Marie étant modèle de patience et de fidélité, nous enseigne justement que la patience et la fidélité ne doivent pas manquer dans la vie d’un missionnaire, surtout chez ceux et celles qui s’engagent dans le dialogue interreligieux : la patience et la fidélité doivent être leurs chevaux de bataille. Ces deux vertus, Marie en est l’exemple par excellence, elle qui était avec Jésus partout, en tout temps et en toute circonstance. 

Loin d’être laissé aux initiatives et dévotions personnelles, la place de Marie, Notre- Dame d’Afrique, devrait être reconsidérée dans plusieurs de nos communautés et lieux de mission, et pourquoi pas au niveau de toute la Société selon que notre fondateur, le cardinal Lavigerie l’a bien voulu dès les origines de notre Société des Missionnaires d’Afrique.

Comme Jésus l’a dit à Marie et à Jean, debouts devant la croix : « Femme, voici ton fils ». Puis il dit au disciple : « Voici ta mère » (Jn 19, 25-27). Ainsi notre fondateur le dit aujourd’hui, je le crois, à Marie : « Voici tes fils missionnaires d’Afrique » et aux fils missionnaires d’Afrique « voici votre Mère ».

Par: Pierre Cebuluzi, M.Afr.

Walter Vogels R.I.P.

Société des Missionnaires d’Afrique
Le Père André Simonart, Délégué Provincial du secteur de Belgique,
vous fait part du retour au Seigneur du Père

le mercredi 7 janvier 2026 à Antwerpen (Belgique)
à l’âge de 93 ans dont 69 ans de vie missionnaire
en Italie, au Canada et en Belgique.

Téléchargez ici le faire-part de décès du Père Walter Vogels

Né à :
Berchem
le 14/10/1932
Année SpirituelleSerment MissionnaireOrdination sacerdotale
Diocèse :
Mechelen-Brussel
21/09/195207/07/195621/04/1957
Nationalité :
Belge
Varsenare
(Belgique)
Heverlee
(Belgique)
Heverlee
(Belgique)

Bionotes

01/09/1957Etudes Théo. +BibleRomaItalia
01/09/1960Prof. ScolasticatEastviewCanada
01/09/1966ProfesseurEastview+Un. St PaulCanada
15/05/1968Doctorat en ThéologieOttawaCanada
01/09/1968Prof. plein tempsOttawa, Un. St PaulCanada
01/06/1988Conférences en Afrique
01/09/1988Prof. Univ. St PaulOttawa, ArgyleCanada
01/11/2006Session bibliqueOttawaCanada
01/09/2014Session biblique H.COtawaCanada
01/09/2016Sessions bibliquesAntwerpen, Keizerstr.Belgique
01/09/2023Sessions bibliquesAntwerpen, Pieter Van H.Belgique
07/01/2026DCD (93)Antwerpen, Pieter Van H.Belgique

La spiritualité ignatienne, un outil pour un engagement durable et significatif au service du Règne de Dieu

Pendant le noviciat au début de ma formation, je ne me rappelle pas que nous étions bombardés par la terminologie de la spiritualité ignatienne. Y ai-je entendu les mots « principe et fondement, le Règne, élection, consolation et désolation, etc. » ? Pas bien souvent. On nous parlait incessamment « du plan du Père, de la place centrale de Jésus Christ, de la disponibilité à Dieu, de l’importance de notre affectivité et de devenir nous-mêmes ». Pour moi, il est clair que nos formateurs ne nous ont pas enseigné la spiritualité ignatienne comme matière académique. Ils nous y ont initiés et nous y ont fait marcher nos premiers pas. Et nous avons compris que la spiritualité ignatienne ne constitue pas une spiritualité de dévotion, mais bien d’engagement avec tous nos dons dans la mise en œuvre de la mission. Et nous voici lancés pour la théologie (sans stage à cette époque) et ensuite nommés pour nos missions respectives.

Ai-je vraiment pensé à la spiritualité ignatienne au cours de mes premières années d’apostolat ? La réponse franche est « non ». Il s’agissait plutôt d’apprendre la langue et débuter l’apostolat missionnaire avec les conseils de la communauté qui m’accueillait. Toutefois je n’affirme pas que cette spiritualité était complètement hors de mon univers. Elle constituait plutôt mon univers sans en être conscient. En effet, les relectures de prière et de la journée ont été des instruments de croissance personnelle, et de rapprochement personnel vers Celui qui m’a appelé à son service. De plus, la question d’obéissance à Dieu et aux supérieurs ne s’est jamais transformée en une compétition de souque à la corde entre Dieu, les supérieurs et moi-même. Elle a pris racine en moi au contact de nombreuses circonstances et défis tant personnels, communautaires que missionnaires, avec cette phrase récurrente en moi : « Seigneur, je ne sais pas si cette situation est ta volonté, mais je sais qu’elle n’est pas la mienne ». Elle n’a pas l’intensité ni la profondeur de l’offrande de soi (Exercices spirituels no. 98). Mais elle m’a quand même fait avancer dans la bonne direction.

La prière et la connaissance de soi ont été au rendez-vous quotidien par leur entrelacement. La prière m’a permis de mieux me connaitre et de relever les défis missionnaires quotidiens. Me connaitre m’a aidé à prier d’abord et ensuite à mieux prier en m’ouvrant aux autres et au Seigneur, en me disant : « Jean, tu te connais. Si tu ne pries pas le matin, adieu la méditation ». Voilà ce qui m’a permis de persévérer et servir jusqu’à maintenant.

Les éléments de la spiritualité ignatienne sont devenus plus clairs pour moi lorsque j’ai été appelé à servir la mission dans les maisons de formation, pour initier et inspirer des jeunes hommes dans leur désir de s’engager au Seigneur et discerner leur vocation. Lectures, sessions et cours m’ont permis de distinguer et de nommer les différents principes que nous a laissés Saint-Ignace.

La spiritualité ignatienne demeure bien pertinente aujourd’hui. Elle invite la personne à vivre une expérience personnelle du Dieu vivant. Elle accomplit cette tâche par le truchement de repères sûrs : amour de Dieu, perception de ses limites et péchés, nécessité de conversion, fondement conduisant à la liberté profonde nommée indifférence dans le langage ignatien, qualités humaines et spirituelles requises pour un engagement durable et significatif pour le Règne de Dieu à la suite du Christ. Tous ces ingrédients forgent l’unité du projet de vie.

De plus, la spiritualité ignatienne propose des mesures concrètes pour mettre en pratique l’engagement que la personne désire vivre et auquel elle se voit appelée par Jésus-Christ. Elle suggère des exercices de prière qui sollicitent tous les aspects de la personne, des relectures pour discerner la présence du Seigneur dans la vie quotidienne, des principes de prise de décision et de fidélité.

Nous ne sommes pas face à un système de pensée spirituelle, ou idéologie spirituelle. Elle est une aventure d’amour entre la personne et son Créateur au fur et à mesure que le temps passe. Elle nous fait désirer la présence de Dieu en nous et dans le monde, génère le désir d’être saints et de devenir disciples du Christ. Elle nous rend disponibles pour un engagement fidèle dans la Vigne du Seigneur et dans le monde qui nous entoure.

La spiritualité ignatienne inspire par ses contenus. Saint Ignace met beaucoup l’accent sur l’incarnation du Fils de Dieu comme étant une clé d’intimité dans l’Esprit Saint avec le Père et le Christ au cours de notre vie. Les situations vécues par Jésus, ses difficultés quotidiennes et ses enseignements offrent un exemple concret de vie et de présence engagée auprès du peuple de Dieu. Je constate aujourd’hui que ma présence auprès de gens rencontrés, mon témoignage et ma prédication en ont été façonnées.

Je conclus avec Éphésiens 3(14-21) :

« C’est pourquoi je fléchis les genoux devant le Père de qui toute famille tient son nom, au ciel et sur terre, daigne selon la richesse de sa gloire vous armer de puissance, par son Esprit, pour que se fortifie en vous l’homme intérieur, qu’il fasse habiter en vos cœurs le Christ par la foi ; enracinés et fondés dans l’amour, vous aurez ainsi la force de comprendre, avec tous les saints, ce qu’est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur, … et de connaitre l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez comblés jusqu’à recevoir toute la plénitude de Dieu …».

Par: Jean Lamonde, M.Afr.

Épiphanie du Seigneur

Isaïe 60, 1-6 / Psaume 71 (72) / Éphésiens 3, 2-3a.5-6 / Matthieu 2, 1-12

Nous célébrons aujourd’hui la Solennité de l’Épiphanie du Seigneur. Ce mot d’origine grecque veut dire « manifestation ». En effet, en se laissant découvrir par des mages, le Seigneur se manifeste au monde et à tout l’univers, représenté par les mages venus d’Orient.

La première lecture est tirée du « troisième Isaïe » (un auteur à qui l’on attribue les chapitres 56-66 du livre d’Isaïe). Cette partie a été écrite après le retour de l’exil, donc après 538 av JC. L’auteur, qui a exercé son ministère au milieu d’un peuple découragé, redonne l’espoir à celui-ci et l’encourage à continuer à espérer dans le Seigneur, parce que Dieu est fidèle à sa parole. Le symbole du soleil levant sur Jérusalem et qui illumine la colline de Sion sert d’illustration à la réalisation des promesses divines. En se projetant dans le futur, ce prophète voit Jérusalem devenir alors la lumière du monde.

Maintenant que les jours de l’exil sont passés, Jérusalem doit reprendre son double rôle : symbole de l’unité des croyants en YHWH et signe visible de la présence de Dieu au milieu de son peuple. La lumière qui se lève sur la ville symbolise cette gloire et cette présence de Dieu au milieu de son peuple. Dans cette vision futuriste du troisième Isaïe, le rassemblement qui va se réaliser dans Jérusalem ne concernera plus seulement les Israélites mais toutes les nations de la terre. Même des païens, ainsi que leurs rois, vont affluer vers Jérusalem et apporteront leurs présents. Pour nous, Chrétiens d’aujourd’hui, c’est l’Église qui est cette Jérusalem qui rassemble les différents peuples sans discrimination aucune. Elle est symbole de l’unité de tous les Chrétiens en Christ et elle est un signe de la présence de Dieu au milieu de son peuple.

Dans la deuxième lecture, Paul nous parle du mystère de l’introduction des païens dans l’Église. Les païens sont aussi appelés à accéder à la révélation du mystère de Dieu en Jésus-Christ. La lumière apportée par le Christ est destinée au monde entier, pas seulement aux Juifs. Désormais, les païens aussi peuvent avoir part à la vie éternelle. Dans son immense amour, Dieu nous avait déjà destiné le salut par le Christ avant même notre existence. L’Esprit-Saint nous aide à entrer dans ce mystère. Nous devons collaborer à cette grâce de l’Esprit-Saint. L’Épiphanie n’est pas un fait du passé, c’est une réalité que nous devons vivre tous les jours.

Dans l’évangile, Jésus se manifeste à des sages (des mages, selon l’évangile), venus de loin. Il se révèle comme la lumière du monde. Contrairement aux croyances de l’époque, avec la manifestation de Jésus à des étrangers, le salut n’est plus limité à une seule nation, mais il est ouvert à tous. C’est, encore, comme dans la première et la deuxième lectures, l’universalisme du salut qui est signifié dans l’évangile. Désormais toutes les cultures auront accès à la foi en Dieu et au salut qu’il apporte en Jésus-Christ. Tous les hommes sont invités à connaître leur sauveur et vivre en communion avec lui.

Les mages ont reconnu un signe de Dieu : une étoile parmi tant d’autres. Dieu nous fait toujours signe : à nous de savoir découvrir son signe au milieu de tous les signes qui nous entourent.

Chacun de nous est le visage de Dieu aujourd’hui, et chacun, par sa façon de vivre, est invité à manifester ce visage de Dieu aux autres. Manifestons quelque chose du visage de Dieu. Chacun devrait se demander : les personnes que je côtoie, peuvent-elles sentir en moi quelque chose de la présence de Dieu ?

L’Évangile qui nous est proposé aujourd’hui utilise un langage hautement symbolique.

Nous voyons la visite des mages à Bethléem. Le texte ne mentionne ni leur nombre ni leurs noms ou leurs nationalités. Il dit tout simplement « des mages venus d’Orient ». L’imaginaire dit qu’ils étaient 3 et leur donne des noms : Melchior, Gaspard et Balthazar.

Dans l’antiquité, existait une conception selon laquelle la naissance d’un personnage important était annoncée par l’apparition d’une étoile. La luminosité de l’astre était en rapport avec la grandeur du personnage.

Qui sont les mages ? Ce terme peut évoquer certaines catégories de personnes : des prêtres ; des magiciens ; des rois ; des astrologues, des sages…

Dans le cas des astrologues, ceux-ci interprètent les événements du monde à partir de la position des astres.

L’étoile que ces mages ont vue signifiait la naissance d’un roi. Ils se laissent guider par la lumière de cette étoile. Ceci signifie que pour nous les croyants, nous devons nous laisser guider par la lumière de Dieu. Christ est notre Lumière. La Parole de Dieu est notre lumière, la lampe de nos pas : « Ta parole est la lampe de mes pas, une lumière sur ma route » PS 119,105. « Je suis la lumière du monde », dit Jésus en Jean 8,12.

Les mages vont vérifier l’authenticité de leur révélation auprès des autorités religieuses à Jérusalem : dès qu’ils sont chez le roi Hérode, celui-ci convoque les grands prêtres et les scribes pour que ceux-ci scrutent les Écritures Saintes… Effectivement, la vérification est faite et la révélation des mages est confirmée par une prophétie de Michée 5,1-5. Nous voyons ici l’importance de toujours revenir à la source de la révélation : la Parole de Dieu, mais aussi vérifier les révélations auprès des autorités religieuses pour être sûr de ne pas se tromper. Sinon on risque de tomber dans le charlatanisme…

Il est très important de discerner les révélations et prophéties pour voir si elles sont conformes à la Parole de Dieu ou à la vie du Christ. Actuellement il y a trop de fausses révélations et prophéties dont certaines sont peut-être diaboliques…

Hérode le Grand est bouleversé par la nouvelle de la naissance d’un roi. Il a peur d’un tout petit enfant, Jésus. Il est habité par la peur de perdre le pouvoir. La peur est mauvaise conseillère ! Victime de sa peur, le roi va ordonner l’exécution de tous les enfants de moins de deux ans. Quand on a peur de perdre le pouvoir, on est prêt à tout, on tue tous ceux qui représentent un danger pour notre pouvoir. On se croit tout-puissant, mais un jour on finira par perdre ce pouvoir. L’histoire est là pour nous le confirmer. Ceux qui se croient tout-puissants aujourd’hui, demain ne le seront plus ; la mort les emportera…

Quand ils arrivent à Bethléem, les mages se prosternent devant l’enfant. C’est un geste d’adoration. Des païens reconnaissent dans un enfant la présence de Dieu alors que les Juifs, jusqu’à présent, n’ont pas reconnu en Jésus le Messie envoyé par Dieu. Ils l’attendent encore !

Ces mages expriment le respect envers Dieu. Quelle est notre attitude devant Dieu ? Est-ce que nous exprimons le respect dans la maison de Dieu ? Comment est-ce que nous recevons l’eucharistie ? Comment est-ce que nous exprimons notre respect envers ce Dieu qui est présent dans chaque être humain, en particulier dans les pauvres ?

Ils offrent :

L’OR : symbole de richesse. C’est ce que l’on offre à un roi. Toute richesse vient de Dieu et c’est à lui que nous devons la rendre. Dieu est riche en miséricorde.

L’ENCENS : C’est ce que l’on offre à Dieu avec la prière des fidèles : « Un autre Ange vint alors se placer près de l’autel, muni d’une pelle en or. On lui donna beaucoup de parfums pour qu’il les offrît, avec les prières de tous les saints, sur l’autel d’or placé devant le trône. Et, de la main de l’Ange, la fumée des parfums s’éleva devant Dieu, avec les prières des saints » Ap 8,3-4. (Voir aussi Ps 141,2 ; Exode 30,8 et Lv 2,1-2)

LA MYRRHE : geste prophétique annonçant la mort du Christ, la myrrhe est offerte pour embaumer le corps du Christ. Ici c’est la passion, la mort et la résurrection du Christ qui sont annoncées. Le mystère pascal est déjà présent dans le mystère de Noël. Le petit enfant que les mages découvrent porte déjà en lui le salut du monde.

Après leur geste, les mages sont avertis de ne pas retourner par le même chemin : ils doivent changer de route. Dès qu’on a rencontré Dieu, on doit prendre un autre chemin, celui de la conversion (métanoïa : changement de direction). Un changement radical doit s’observer…

La solennité que nous célébrons aujourd’hui nous invite à prendre conscience que chaque rencontre est une visitation, une épiphanie de Dieu. Chaque fois que nous rencontrons un être vivant, Dieu nous visite à travers cet être… Chaque personne doit devenir une épiphanie pour les autres.

Pour terminer, je propose la méditation de l’hymne des deuxièmes vêpres de cette solennité : « A l’Orient, l’étoile a paru ». Nous trouvons cette hymne dans le bréviaire ainsi que sur internet. Je suggère que l’on observe pour la méditer, la dernière phrase de chaque strophe : heureux le cœur qui désire Jésus ! heureux le cœur qui recherche Jésus ! heureux le cœur qui découvre Jésus ! heureux le cœur qui se donne à Jésus ! heureux le cœur qui annonce Jésus.

Par: Arsène Kapya, M.Afr.

Je ne suis pas un roi. Je suis l’étoile de Bethléem

Je n’ai pas de couronne, je ne porte ni or, ni encens, ni myrrhe. Je ne descends pas de caravanes et je ne repose pas dans des palais. Et pourtant, j’ai une mission que moi seul peux accomplir. Je ne marche pas sur la terre, car ma place est au ciel. Ma mission n’est pas d’arriver à la crèche, mais de la signaler. J’ai toujours su que nous ne sommes pas tous appelés à être des protagonistes ; certains d’entre nous existent pour guider, pas pour être applaudis.

J’ai vu les Rois mages avancer, douter, se fatiguer. Je ne pouvais ni leur parler, ni porter leur fardeau, ni décider à leur place. Ma mission était plus humble et plus exigeante : rester fidèle, nuit après nuit, sans dévier, même si personne ne me regardait. Il y a eu des moments où j’ai voulu me rapprocher, faire plus, être plus. Mais j’ai compris que si j’abandonnais ma place, ils se perdraient. Ma valeur ne résidait pas dans ma liberté de mouvement, mais dans ma constance.

Lorsque les Rois mages levèrent les yeux pour la première fois, ils ne cherchaient pas seulement un enfant : ils cherchaient un sens. Chacun portait dans son cœur des souvenirs différents.

Je voyais Melchior porter le poids de la tristesse des adieux. Il avait quitté sa maison et les siens, et plus d’une nuit, il avait douté. Alors, je brillais un peu plus, non pas pour effacer sa peine, mais pour lui rappeler qu’aimer, c’est aussi savoir partir quand le bien appelle.

J’ai accompagné Gaspard dans sa joie curieuse. Chaque nouveau village était une surprise ; chaque geste aimable, une petite fête. Quand il riait, ma lumière semblait danser, car la joie partagée allège le voyage et fortifie le pas.

J’ai soutenu Balthazar dans les moments difficiles du chemin : la fatigue, la méfiance de ceux qui ne comprenaient pas sa quête, les questions sans réponse. Dans ces moments-là, ma lumière ne criait pas ; elle restait simplement là. Parfois, c’est tout ce qu’il faut pour continuer.

Il y eut des jours venteux et des nuits silencieuses. Il y eut des rires autour du feu et des larmes cachées sous le manteau. Je n’ai pas choisi pour eux, mais j’ai montré la voie : lorsque l’orgueil obscurcissait le chemin, je restais immobile ; lorsque l’espoir faiblissait, je reprenais ma marche.

Et à la fin, lorsqu’ils sont arrivés à la crèche, ils ont compris que le chemin ne les avait pas changés seulement parce qu’ils étaient arrivés, mais aussi à cause de la façon dont ils avaient marché : avec foi dans la tristesse, gratitude dans la joie et confiance même sans tout comprendre.

Je n’ai pas reçu de cadeaux et je n’ai pas adoré l’Enfant à genoux. Cependant, lorsque je me suis arrêté au-dessus de Bethléem, en voyant la lumière la plus petite mais aussi la plus brillante du monde, j’ai su que ma mission était accomplie. Non pas pour être arrivé, mais pour avoir guidé.

Aujourd’hui, je continue à briller. Pas toujours comme une étoile dans le ciel, mais comme une bonne idée, une personne qui accompagne, une décision juste ; car chaque vie est un voyage, et même entre la tristesse et le bonheur, il y a toujours une lumière prête à guider. Lorsque vous découvrez votre mission et que vous l’accomplissez fidèlement, même de loin, vous participez également au miracle de l’Épiphanie : Dieu se laisse trouver et transforme ceux qui acceptent de suivre sa lumière.

Par: Salvador Muñoz-Ledo R., M.Afr.

La spiritualité ignacienne vécue au quotidien

Compréhension de la « spiritualité ignacienne »

Tout d’abord, retenez avec moi que la spiritualité ignacienne est une spiritualité du discernement, du choix. Nous méditons la Parole de Dieu pour des choix décisifs et importants dans nos vies. Cette spiritualité est ancrée dans la Parole de Dieu et nous rejoint dans nos propres vies pour nous permettre de dialoguer avec Dieu comme un ami parle à un ami. Dieu nous a créés, pardonnés, acceptés et aimés sans condition. Il nous appelle à nous unir à Lui. Il est actif dans le monde et dans nos vies. Sa création est bonne et reflète sa présence. Ainsi nous devons le vénérer par la charité et le service, mais aussi par la contemplation.

La spiritualité ignacienne nous engage dans le monde en nous incitant à témoigner de notre foi et notre joie de croire auprès de nos frères et de nos sœurs. Elle forge en nous l’amour personnel pour Jésus et le dévouement à l’Église, à travers l’engagement pour le bien-être de nos semblables – en particulier dans les périphéries existentielles.

Nous sommes appelés à prier et discerner continuellement sans oublier que Dieu traite directement avec chacun de façon individuelle dans le respect de sa liberté. Dieu est distinct de sa création qui est un moyen pour l’amour et le service même de Dieu et des autres. Aussi, nous sommes appelés à nous mettre à l’abri des attachements désordonnés aux choses créées, pour nous focaliser sur l’amour de Dieu, tout en distinguant l’action divine des distractions qui minent la liberté et l’amour.

La spiritualité ignacienne c’est aussi une spiritualité eucharistique  et trinitaire : le Père nous envoie avec le Fils dans le monde sous la mouvance de l’Esprit Saint.

Point de vue sur la spiritualité ignacienne dans le monde d’aujourd’hui…

La spiritualité ignacienne est vécue par beaucoup de femmes et d’hommes dans le monde aujourd’hui. Elle aide beaucoup de personnes à s’unir à Dieu au quotidien de la vie. C’est un moyen important d’expérience spirituelle chrétienne. Elle reste pertinente dans la vie religieuse à tel point que beaucoup d’Instituts de vie consacrée et des associations pieuses s’en réclament.

et dans ma mission et ma vie du charisme de notre Société apostolique

Notre charisme s’identifie par trois principes fondamentaux : la mission, le dialogue et la communion. Il se caractérise notamment par une spiritualité de mission avec une passion particulière pour le monde africain, dans le continent africain mais aussi dans les autres continents, par le témoignage prophétique à travers les engagements de Justice, Paix et Intégrité de la Création. Aussi, notre charisme se caractérise par une spiritualité de communion à travers le vivre en communauté prophétique et le dialogue de vie, et parfois théologique, avec les musulmans et les chrétiens d’autres Églises.

Pour bien vivre ma mission en tant que Missionnaire d’Afrique, de façon fidèle à notre charisme, je mets à profit dans ma vie quotidienne des éléments de la spiritualité ignacienne, tels que le discernement et la recherche de l’action divine dans toutes mes expériences.

L’exercice de la relecture quotidienne me permet de distinguer le déroulement de la grâce divine des distractions, pour m’unir davantage à Dieu en étant conscient de mon état d’âme à tout moment. Cet exercice me permet de contempler la grâce divine dans mes frères et sœurs avec qui je vis et que je rencontre chaque jour. Etant une spiritualité eucharistique  et trinitaire, la spiritualité ignacienne fortifie mon amour de Dieu et mon engagement sacrificiel à la suite du Christ.

Des  exemples  où  la  spiritualité  ignacienne  a  joué  un  rôle  clé

A titre d’exemple, puis-je vous partager ma foi en l’action divine dans les hommes et femmes, indépendamment de leurs orientations religieuses. En ma qualité de missionnaire en paroisse, j’ai collaboré avec des musulmans, et même des païens, pour réaliser les projets sociaux de l’Eglise de Kasongo dans les domaines de la santé et de l’éducation. J’ai même accepté d’être hébergé par une famille musulmane plus d’une fois lors de mes tournés pastorale paroissiales.

Etant appelé à accompagner les aspirants à la vie missionnaire ces temps-ci, j’applique les règles de discernement de Saint Ignace dans la formation des jeunes, surtout aux moments décisifs d’orientation de vie pour les jeunes.

Le bicentenaire de Lavigerie et possibilité de parler d’une « spiritualité lavigérienne » 

Le cardinal Lavigerie a indéniablement eu une inspiration de l’Esprit Saint pour initier la mission portée par des milliers d’hommes et de femmes dans le monde africain, spécialement dans la Société des Missionnaires d’Afrique et la congrégation des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique. Au regard de cela, l’on pourrait parler de « spiritualité lavigérienne » car nos deux Instituts, bien que vivant la spiritualité ignacienne, ont des caractéristiques propres dans l’application des exercices ignaciens selon les orientations du vivre missionnaire données par Lavigerie, notre fondateur.

Nous vivons les directives spécifiques de Lavigerie telles que « être fous du Christ » et « se faire tout à tous ». Ainsi se justifient nos présences dans les périphéries existentielles. Lavigerie a toujours insisté que nous ayons l’esprit de corps, ce qui justifie la composition diversifiée de nos communautés (interculturalité), mais aussi la primauté de la vie communautaire dans notre vivre missionnaire.

Lavigerie a voulu que la Sainte Vierge Marie occupe une place importante dans notre vie missionnaire. Ainsi, nous sommes connus pour la dévotion à Marie, Notre-Dame d’Afrique : les hommes ont le rosaire comme insigne et les femmes ont Notre-Dame d’Afrique dans le nom même de leur congrégation !

Toutefois, pour parler d’une spiritualité typiquement lavigérienne, je pense qu’il y a encore un chemin à faire pour regrouper de façon formelle les directives spirituelles de Lavigerie, chose que la célébration du bicentenaire de la naissance de Lavigerie a amorcé avec les méditations des expériences de la vie même de Lavigerie comme homme de foi et fondateur de nos deux Instituts missionnaires

Intégration de la prière dans mes activités quotidiennes

Ma vie quotidienne est bien rythmée par la prière personnelle et communautaire. Mon ministère actuel de présence dans la maison de formation me permet de suivre un horaire régulier de vie de prière. Je rends grâce à Dieu pour cette opportunité d’un cadre structuré où chaque chose a un temps programmé. J’ai la joie de vivre les différents moments de vie spirituelle avec les aspirants et mes confrères de l’équipe formatrice, mais aussi mes confrères de communauté.

Par: Bertin Bouda, M.Afr.

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