Dimanche de Pâques, Messe du jour

C’est le jour que le Seigneur a fait !

Actes 10, 34.37-43 / Psaume 117(118) / Colossiens 3, 1-4 / Jean 20, 1-9

À la veillée pascale, nous avons chanté la Proclamation pascale, également connue comme l’Exsultet. Dans ce bel hymne, nous avons proclamé avec joie que « c’est cette nuit-là que le Christ a brisé les chaînes de la mort et est ressuscité victorieux des enfers ».[1] C’est indéniablement la plus belle expression du mystère de Pâques que nous célébrons aujourd’hui. C’est pourquoi nous rejoignons le psalmiste en chantant avec joie : « C’est le jour que le Seigneur a fait ; réjouissons-nous et soyons dans l’allégresse. » (Ps 118, 24).

En effet, Pâques est notre jour de joie et d’allégresse en tant que chrétiens et croyants. Pâques est l’essence de notre foi, comme le souligne l’apôtre Paul : « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine et vous êtes encore dans vos péchés. » (1 Co 15, 17).

La pertinence de la résurrection

Une chose est sûre : personne ne connaît le jour ni l’heure exacts où Jésus est ressuscité des morts. Pas même Pierre, « le roc sur lequel le Seigneur bâtirait son Église ». (Mt 16, 18). Nous chantons dans la Proclamation pascale : « Ô nuit vraiment bénie, seule digne de connaître l’heure et le moment où le Christ ressuscita des enfers ! »[2] Ainsi, la résurrection de Jésus reste l’un des événements les plus mystérieux de l’histoire humaine.

La résurrection de Jésus est d’autant plus pertinente que les femmes sont en première ligne. Elles sont les premières à se rendre au tombeau (Matthieu 28, 1) et (Jean 20, 1). Elles sont les premières privilégiées à voir, à savoir et à croire en la résurrection de Jésus. Marc note que « Après sa résurrection, tôt le premier jour de la semaine, il apparut d’abord à Marie de Magdala, de laquelle il avait chassé sept démons. » (Marc 16, 9).

De plus, Jean confirme la première apparition de Jésus à Marie de Magdala : « Jésus lui dit : “Marie !” Elle se retourna et lui dit en hébreu : “Rabbouni !” (ce qui signifie Maître). Jésus lui dit : “Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va trouver mes frères et dis-leur : “Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.” Marie de Magdala alla annoncer aux disciples : “J’ai vu le Seigneur” ; et elle leur dit ce qu’il lui avait dit. » (Jean 20, 16-18).

La situation des femmes dans la société juive

Dans la société juive à l’époque de Jésus, les femmes étaient méprisées, marginalisées et même maltraitées. Cela ressort clairement des récits de la multiplication des pains tels décrits dans les quatre Évangiles. Les femmes ne furent pas comptées parmi ceux qui furent nourris par Jésus. Matthieu 14:21 mentionne que « ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants ». De même, Matthieu 15:38 parle de « quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants ». Marc note que « ceux qui avaient mangé étaient cinq mille hommes » (Marc 6:44) et Luc observe de même que : « Or, les hommes qui s’y trouvaient étaient au nombre d’environ cinq mille ». (Luc 9:14) Jean a également le même récit : « Les hommes s’assirent donc à table, au nombre d’environ cinq mille. » (Jean 6:10).

Cela montre clairement que les femmes n’avaient aucune place, aucune considération dans la société à l’époque de Jésus. Il est regrettable de constater que, même aujourd’hui, les femmes continuent d’être méprisées et marginalisées par les hommes. Jésus, apparaissant d’abord aux femmes après sa résurrection, défie la société misogyne de son époque. Jésus choisit les femmes, ces êtres fragiles, méprisés et maltraités par la société, pour leur révéler la grande nouvelle de sa résurrection.

En effet, l’apôtre Paul nous rappelle cette sagesse de Dieu dans son action, en observant que « Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages, et Dieu a choisi les faibles du monde pour confondre les forts, et Dieu a choisi les humbles et les méprisés du monde, ceux qui ne comptent pour rien, pour réduire à néant ceux qui sont quelque chose… » (1 Co 1, 27-29).

L’actualité de Pâques

Pâques est avant tout un jour où l’on commémore la victoire. Nous commémorons et célébrons la victoire de la vie sur la mort, la victoire de la lumière sur les ténèbres, la victoire de l’amour sur la haine, la victoire du bien sur le mal. Et cette victoire est remportée par Jésus de Nazareth, qui a accepté de volontairement souffrir et mourir pour la rédemption d’une humanité déchue. La Proclamation de Pâques l’exprime très bien : « Notre naissance n’aurait été qu’une perte si nous n’avions pas été rachetés. »[3]

Pâques est un jour où notre foi doit être renforcée dans la résurrection. Car le Seigneur Jésus, qui est ressuscité des morts comme prémices, nous a donné un exemple, à nous croyants. Désormais, Pâques doit signifier pour nous que la mort disparaîtra. La mort n’est pas la fin de notre vie en tant que chrétiens. En fait, la première préface pour les défunts l’affirme clairement : « En effet, pour tes fidèles, ô Seigneur, la vie est transformée, non pas terminée, et lorsque cette demeure terrestre retourne à la poussière, une demeure éternelle leur est préparée au ciel. »[4]

Conclusion

Célébrer Pâques aujourd’hui nous rappelle que le bien l’emportera toujours sur le mal, que la lumière triomphera toujours des ténèbres, que le haut l’emportera sur le bas, le haut de la résurrection sur le bas de la croix. L’expérience nous a montré que la vie a ses hauts et ses bas. Plus on vieillit, mieux on comprend que la vie est faite de lumière et de ténèbres, de soleil et d’ombre, de doux et d’amer, de bien et de mal, de maladie et de santé, de vertu et de vice, de progrès et de régression, d’échec et de relèvement, de vie et de mort, de Vendredi saint et de Pâques !

C’est pourquoi, pour nous, Missionnaires d’Afrique, Pâques doit être un moment pour redéfinir notre engagement en faveur de la justice et Paix et de l’intégrité de la création envers ceux qui se trouvent aux marges de notre société. Car le Seigneur ressuscité est toujours solidaire des petits, des pauvres, des oubliés et des marginalisés de notre société. Seigneur, fais de nous des instruments de ta Paix Pascale, ta justice pascale et de de ton amour pascal. Amen !

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[1] Le Missel romain. Traduction anglaise selon la troisième édition typique, (Nairobi : Paulines Publications Africa, 2011), 334.

[2] Le Missel romain, p. 334.

[3] Le Missel romain, p. 334.

[4] Le Missel romain, p. 556.

Par: Joseph Chirhahongerwa Chitwara, M.Afr.

Veillée pascale, Année A

Le Christ est ressuscité des morts. Alleluia! Alleluia!

Gn 1,1-2,2 / Gn 22,1-18 / Ex 14,15-15,1 / Is 54,5-14 / Is 55,1-11 / Ba 3,9-15.32-4:4 / Ez 36,16-17a,18-28 / Rm 6,3-11 / Ps 117(118) / Mt 28, 1-10

Les quarante jours du Carême sont terminés, et ce soir, nous nous réunissons pour célébrer la veillée pascale. C’est la solennité des solennités ; la mère de toutes les fêtes dans la Sainte Église Catholique. C’est la nuit la plus sacrée de notre foi : la nuit de la lumière, la nuit de la vie nouvelle, la nuit de la victoire. Des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie, Dieu révèle sa puissance salvatrice. Alors que nous veillons sur le tombeau de Jésus, nous restons vigilants et prêts à accueillir le Seigneur Ressuscité, vivant, victorieux et immortel.

Deux signes puissants nous aident à pénétrer le sens et le mystère de la Résurrection :

Le premier signe est le feu, qui devient lumière. Au départ, Dieu a dit : « Que la lumière soit. » La lumière est un symbole universel de compréhension, de vérité et de libération des ténèbres et de l’esclavage. En commençant cette veillée par le rite solennel de la lumière, nous sommes rappelés que Jésus est la Lumière du monde, qui dissipe toutes ténèbres et éclaire notre chemin, tout comme la colonne de feu guidait autrefois les Israélites vers la Terre promise. Alors que nous entrions en procession dans l’église sombre, la flamme du cierge pascal s’est répandue parmi nous, devenant un signe du Christ, véritable Étoile du Matin qui ne se couche jamais ; Celui en qui la lumière a vaincu les ténèbres.

Le deuxième signe est l’eau. Partout, l’eau signifie le renouveau, la purification et le rétablissement de la vie. Par l’eau et le Saint-Esprit, nous renaissons en tant qu’enfants d’une nouvelle création. Ce soir, lors de la bénédiction solennelle des fonts baptismaux, lorsque le cierge pascal, symbole du Christ ressuscité, est plongé dans l’eau, nous nous souvenons de notre propre baptême. Nous renouvelons nos promesses baptismales, en rejetant le péché et en professant notre foi. Par les eaux du baptême, nos péchés sont lavés, et nous sommes renouvelés, vivant comme enfants de Dieu dans l’Esprit Saint. Ce soir, l’eau devient pour nous une source vivante ; source de vie et pleine de grâce ; une image du sacrement par lequel nous participons à la mort et à la résurrection de Jésus-Christ.

Outre ces deux signes, il y a un autre élément essentiel : la Parole de Dieu. Les lectures que nous avons écoutées ce soir dévoilent et éclairent chacune le sens de la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Elles nous guident à travers l’histoire du salut, de la création à l’appel et à la libération d’Israël, au témoignage des prophètes – toutes indiquant de plus en plus clairement Jésus-Christ.

Nous avons commencé par le récit de la création, où Dieu tire l’ordre du chaos et la lumière des ténèbres. Cela nous rappelle que Dieu est toujours à l’œuvre, même au moment le plus sombre de nos vies, faisant naître une réalité nouvelle et belle. Bien que le péché soit entré au monde par Adam, le Christ, nouvel Adam, ressuscite d’entre les morts pour inaugurer une nouvelle création.

Dans l’histoire d’Abraham, nous rencontrons un exemple profond de foi et de confiance. Abraham voulait tout offrir à Dieu, et Dieu, en retour, a pourvu à ses besoins. Cela nous apprend que Dieu n’abandonne jamais ceux qui placent leur confiance en Lui. Tout comme il a été demandé à Abraham d’offrir son fils Isaac, Dieu le Père a donné Son Fils unique pour notre salut. Accepter la résurrection du Christ devient donc le véritable test et le fondement de notre foi.

Dans l’Exode (Ex 14, 15–15, 1), Dieu délivre son peuple de l’esclavage et le conduit à la liberté. La traversée de la mer Rouge devient un puissant symbole de salut : un passage de l’esclavage à la liberté. De la même manière, la résurrection du Christ nous libère de l’esclavage du péché et de la mort et nous conduit à la vie nouvelle.

Par le prophète Ézéchiel (Ez 36, 16-28), Dieu promet un cœur nouveau et un esprit nouveau. Il parle de purifier son peuple, d’ôter ses impuretés et de le renouveler de l’intérieur. Cette promesse s’accomplit en Christ, dont la résurrection nous purifie et fait de nous une nouvelle création.

Dans l’Épître aux Romains, St Paul nous rappelle que par le baptême, nous sommes unis au Christ dans sa mort et sa résurrection. Notre ancien moi est enseveli, et nous ressuscitons à une vie nouvelle, ne vivant plus pour le péché mais pour Dieu dans la puissance du Saint-Esprit.

Enfin, dans l’Évangile (Mt 28, 1-10), les femmes se rendent au tombeau et le trouvent vide. Le tombeau neuf dans lequel Jésus avait été enseveli fut trouvé vide. C’était un tombeau neuf ; il n’y eut donc aucune confusion des corps. Les gardes romains qui s’y trouvaient ont également témoigné du tombé vide. Saint Jean, dans l’Évangile, nous présente « l’expérience du tombeau vide comme un signe de la résurrection de Jésus à la vie. Jésus est ressuscité ; il n’est pas là. Marie-Madeleine court annoncer aux disciples que le corps du Seigneur n’est pas dans le tombeau. Le « disciple que Jésus aimait » et Pierre coururent vers le tombeau et, bien que le « disciple bien-aimé » soit arrivé le premier, par respect, il laissa Pierre entrer avant lui. Saint Jean nous dit que le disciple bien-aimé est également entré dans le tombeau vide, et « il a vu et il a cru ». Il a cru que le Seigneur était vraiment ressuscité. » Ici, la réponse à la question « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » est « le tombeau vide ». Le message résonne d’espoir et de victoire : « Il n’est pas ici ; il a été ressuscité. » La mort a été vaincue. Le Christ est vivant.

Mes chers frères et sœurs, proclamons avec une grande joie : « Le Christ est ressuscité d’entre les morts ! » Que « Alléluia ! Alléluia ! » soit notre chant chaque jour, car nous sommes désormais « le peuple de Pâques ». Par sa résurrection, Jésus a vaincu la mort, et cette victoire est le fondement même de notre foi. Elle nous assure de notre propre résurrection, proclame le pardon de nos péchés et nous appelle à la vie éternelle. C’est pourquoi nous sommes invités à passer de la peur à la foi, du doute à l’espérance, et de la mort à la vie. Prenons un moment pour reconnaître ce qui nous tient captifs – que ce soit le péché, la peur ou des habitudes malsaines – et permettons à Dieu de nous conduire vers la véritable liberté. Comme les femmes au tombeau, partons et partageons cette Bonne Nouvelle par nos paroles et par nos vies.

Que cette célébration soit le début d’un engagement renouvelé et discipliné envers la prière, le sacrifice et la charité, nourri tout au long de notre cheminement de Carême. Qu’elle renforce également notre foi et comble nos cœurs de la joie du Seigneur ressuscité. Alléluia !

Par: John C. Mubanga, M.Afr.

Jeudi saint, la Cène du Seigneur

Exode12, 1-8.11-14 / Psaume 115 (116) / 1 Corinthiens 11, 23- 26 / Jean 13, 1-15

Chers frères et sœurs,
Alors que nous célébrons le Jeudi Saint, nous commémorons le dernier repas de Jésus avec ses disciples. Au cours de la Dernière Cène, Jésus a accompli trois gestes importants : la communion, par l’institution de la Sainte Eucharistie ; le service, par le lavage des pieds ; et le commandement de l’amour. Ces gestes sont des défis vivants qui s’adressent à chacun de nous aujourd’hui. Examinons-les un à un :

L’Eucharistie : Communion avec le Christ et entre nous

Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous rappelle les paroles mêmes de Jésus prononcées en cette nuit sainte. Ce sont les mêmes paroles que le prêtre répète à chaque consécration, des paroles porteuses de vie et de salut.

La nuit où il fut trahi, le Seigneur Jésus prit du pain. Il rendit grâce, le rompit et dit : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites ceci en mémoire de moi. » De même, après le souper, il prit la coupe et déclara : « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites ceci en mémoire de moi. » (1 Cor 11, 23–25). Que signifient ces paroles pour nous aujourd’hui ?

Chaque fois que nous nous rassemblons autour de l’autel, le Christ lui-même nous donne son corps et son sang. Il nous donne sa vie même, afin que nous vivions en lui. L’Eucharistie ne concerne pas seulement Jésus et moi. Elle nous concerne tous ensemble. Partager le même pain signifie que nous formons une seule famille. Mais que signifie recevoir la communion si je porte encore de la haine dans mon cœur, si je divise les gens, si je rejette les autres ? Comment pouvons-nous dire que nous sommes unis au Christ si nous rejetons notre frère ou sœur ? Trop souvent, nous voyons des gens qui vont à l’église, qui reçoivent la communion, mais qui ensuite sortent et ragotent, détruisent la réputation d’autrui, sèment la division et vivent dans la jalousie. Des familles sont divisées, des communautés déchirées par le tribalisme, le racisme et les conflits religieux. L’Eucharistie est un appel à la réconciliation. C’est un appel à pardonner, à guérir, à jeter des ponts. Elle nous interpelle à regarder notre entourage et à voir la souffrance de nos frères et sœurs, sans rester indifférents. Si nous partageons véritablement le pain de vie, alors nous devons aussi partager la vie elle-même : le respect, la dignité et la compassion pour tous.

Parfois, même dans nos communautés, nous tombons dans les mêmes contradictions. Des confrères vivent sous le même toit, mais ne vivent pas en harmonie. Des frères qui partagent la même table eucharistique nourrissent parfois encore de la rancœur, se disputent l’influence ou cherchent à s’attirer les faveurs des chrétiens au détriment de leurs propres confrères. Comment pouvons-nous proclamer l’unité en Christ tout en laissant la division croître parmi nous ? L’Eucharistie que nous célébrons chaque jour n’est pas qu’un rituel ou habitude à répéter ; c’est plutôt un appel à être le gardien de notre frère, à placer l’amour, la compassion et l’unité au centre de notre programme. Si nous croyons vraiment que le Christ se donne pleinement à nous, alors nous devons aussi nous donner pleinement les uns aux autres, en construisant des communautés où la réconciliation est plus forte que la rivalité, et où la fraternité est vécue comme un témoignage de l’Évangile.

Le lavement des pieds : le véritable leadership, c’est le service

Jésus, le Maître, s’est baissé et a lavé les pieds de ses disciples. C’était choquant pour beaucoup. Celui qui est Seigneur est devenu serviteur. Il nous a montré que le véritable leadership n’est pas le pouvoir, mais le service. Pourtant, regardez notre monde aujourd’hui. Trop de dirigeants, politiques et même religieux, se battent pour le pouvoir dans le seul but de dominer. Ils s’accrochent à leurs positions à tout prix, oubliant les personnes qu’ils sont censés servir. Mais Jésus nous montre une autre voie : le leadership, c’est le service. Le pouvoir n’est pas fait pour écraser les autres ; il est fait pour les élever. Le véritable pouvoir, c’est le service, et sans service, le pouvoir devient oppression.

Le monde crie son besoin de dirigeants qui servent, qui protègent et prennent soin de ceux qui leur sont confiés. À l’instar de Jésus, soyons ces dirigeants qui écoutent davantage et parlent moins, qui placent les besoins du peuple avant les nôtres. Le véritable leadership ne consiste pas à se mettre en avant ou à offrir des dons extraordinaires, mais à être présent, humble et prêt à servir. Choisissons de renoncer à l’orgueil, au confort et au pouvoir afin que d’autres puissent s’élever.

Le nouveau commandement : aimez-vous les uns les autres

Enfin, Jésus nous a donné un nouveau commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Ce ne sont pas que des mots. C’est une action. Le véritable amour n’exclut pas. Le véritable amour ne rejette pas l’étranger, l’immigrant, le pauvre. Pourtant, aujourd’hui, on parle d’amour dans les discours, mais on ne le vit pas dans la réalité. Jésus nous appelle à un amour concret : un amour qui accueille l’étranger, protège les faibles, abat les murs de division et embrasse chacun avec dignité. L’amour doit être réel, pas seulement un slogan. L’amour doit être vécu, pas seulement prononcé. La question demeure donc : qui aimons-nous vraiment ?

Jésus ne nous a jamais commandé d’aimer notre religion, nos idéologies, ou seulement ceux de notre propre race. Il nous a dit de nous aimer les uns les autres. Son commandement d’aimer notre prochain ne laisse aucune place pour choisir quel prochain mérite d’être aimé. Nous sommes appelés à aimer sans distinction de race, de classe, de statut social ou de genre. Pourtant, nous vivons dans un monde où beaucoup se promènent la bouche pleine de paroles des Écritures mais le cœur plein de haine. Un de mes amis m’a dit un jour : « Ne me dis pas ce que tu crois, montre-moi comment tu traites les autres, et je saurai ce que tu crois ». Si notre amour pour les Écritures ne nous pousse pas à aimer les autres, alors cet amour est faux. Comme l’a dit un théologien : « Si ma religion tente de s’interposer entre moi et mon prochain, je choisirai mon prochain ». En vérité, c’est à l’amour que nous avons les uns pour les autres qu’ils reconnaîtront que nous sommes chrétiens.

Ainsi, le Jeudi Saint est un miroir. Il nous montre qui nous sommes. Nous sommes interpellés aujourd’hui : vivons-nous la communion, le service et l’amour, ou vivons-nous l’hypocrisie, la division et l’égoïsme ? Laissons l’Eucharistie nous unir. Agenouillons-nous et servons, comme Jésus. Engageons-nous à aimer en vérité, et pas seulement en paroles. Que la puissance de la Résurrection nous libère de l’orgueil et de l’égoïsme, afin que nous puissions embrasser l’inclusion, le respect et la dignité pour tous. Amen

Par: Louis Kangwa, M.Afr.

Dimanche des Rameaux, Année A

« Nous t’adorons, ô Christ, et nous te louons, car par ta Sainte Croix, tu as racheté le monde »

Isaïe 50, 4-7 / Psaume 21 (22) / Philippiens 2, 6-11 / Matthieu 26, 14 – 27, 66

Frères et sœurs,
La liturgie d’aujourd’hui est en effet extraordinaire. Elle est marquée par de nombreux contrastes. Voici le Messie, à dos d’âne, descendant du village de Béthanie vers la vallée du Cédron. Il effectue une descente stratégique, s’humiliant en voyageant à dos d’âne, nous portant tous avec lui, afin que, lorsqu’il se lève pour monter à Jérusalem, il élève chacun de nous vers Dieu. 

Jésus entre à Jérusalem, acclamé comme « le Roi qui vient au nom du Seigneur ». C’est l’un de ces moments glorieux de sa vie. Mais ensuite les choses changent si vite et prennent un tournant dramatique, comme cela arrive parfois dans nos vies ; l’heure des ténèbres s’installe, et finalement, Jésus est crucifié, il meurt et il est scellé dans un tombeau, couché dans un linceul, et laissé sur une corniche de pierre dans une carrière transformée en cimetière.

« J’ai tendu le dos à ceux qui me frappaient, et les joues à ceux qui m’arrachaient la barbe », dit Isaïe. Le Fils de Dieu est « livré à ses bourreaux sans ouvrir la bouche ». Il entre volontairement dans sa passion comme celui qui se soumet à la volonté de son Père. Il ne se plaint pas, mais laisse plutôt ses adversaires prendre le dessus sur lui ; pourtant, par son innocence et par sa sainte croix, il rachète le monde voué à la damnation.

En méditant sur l’Évangile d’aujourd’hui qui, au cours des premiers siècles, était lu le premier dimanche de l’Avent (pour marquer le début de l’année liturgique), et en suivant les différents épisodes, on voit Jésus subir un processus de dépouillement. Pas à pas, il est privé de presque tout. Il est dépouillé de la loyauté et de la compagnie des Douze, ses amis ; il est trahi par l’un d’entre eux, renié par un autre, et finalement abandonné par tous. Dans le jardin de Gethsémani, il renonce au désir de la vie terrestre : « Éloigne de moi cette coupe », s’écrie-t-il, mais ce n’est pas sa propre volonté qu’il suivra.

À son arrestation, il perd sa liberté physique. Aux procès devant le Sanhédrin puis devant Pilate, il est privé de justice élémentaire, du droit de se défendre ; il perd la protection de la loi. Oui, tout cela était une parodie de justice, un déni de l’État de droit et un mauvais traitement infligé au Fils de Dieu. Aujourd’hui, beaucoup vivent la même expérience : accusés à tort de crimes qu’ils n’ont pas commis, laissés à croupir dans les prisons sans recours. Qui plaide leur cause ?

Vu les mauvais traitements et les moqueries, Jésus perd la sympathie du peuple qu’il avait nourri, même si Pilate ne trouve aucun mal en lui. Il est méprisé par la cohorte des hommes religieux, raillé par les soldats, par les passants, et même par ses compagnons de captivité. Il est dépouillé de sa dignité, respect et réputation. Il est abandonné à la merci de ceux qu’il doit sauver ; pourtant il est là, « sans ouvrir la bouche ». À quel point ignorons-nous davantage ceux qui sont privés de leurs droits et dignité ? Et quel rôle jouons-nous pour que chacun se sente membre de la famille humaine, quel que soit son statut social ?

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », s’écrie-t-il. À ce moment, comme tout être humain, il semble perdre même le sentiment de la proximité du Père. Dans son cri, il porte les questions sans réponse de tant d’entre nous qui nous sentons abandonnés, livrés à la cruauté d’une société qui semble indifférente à l’appel des pauvres et des plus vulnérables. C’est le cri des migrants dont les espoirs se sont brisés dans les eaux impitoyables de l’Atlantique. C’est le cri des personnes qui ont fui leurs foyers en République démocratique du Congo, au Soudan, au Sud-Soudan, au Mali, au Burkina Faso, en Palestine, en Israël, en Iran, en Ukraine et dans d’autres régions du monde, à cause de guerres insensées. C’est le cri des nations ravagées par des coups d’État ; c’est en effet le cri de toute âme humaine aspirant à la justice et à la paix.

Jésus subit un processus de soustraction et de dépouillement. Il a été traité comme un objet jetable. Pourtant, dit sainte Catherine de Sienne, il entre dans sa passion comme un cerf assoiffé d’eau – avide de notre bien-être, et assurément de notre bonheur en Dieu. 

Nous, au contraire, nous mettons l’accent sur la réalisation de soi, sur la valeur ajoutée ; nous voulons nous enrichir : être plus, faire plus et posséder plus ; plus de réussites, plus d’expériences, plus de connaissances, plus d’argent, une bonne réputation ; en somme, tout ce qui gonfle notre ego. C’est ce que la société valorise, apprécie et nous pousse à désirer. Le Saint de Dieu, lui, est réduit à néant. Il « prend la condition d’esclave », dit saint Paul.

Enfin Jésus s’écrie d’une voix forte : « Père, je remets mon esprit entre tes mains ». Dans ce cri déchirant, le Christ, dit le catéchisme, confie au Père toutes nos souffrances, les souffrances de tous les temps. Il lui offre toutes les supplications et intercessions de l’histoire du salut. Et le Père l’a entendu, de sorte que, par son don de soi, il rachète le monde. Par ce cri, il rassemble les enfants de Dieu « comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes ». Il le fait, comme le dit Julienne de Norwich, avec « la maternité de Dieu » dans son cœur. Il le fait tel le grand prêtre qui guide la cérémonie d’expiation des péchés, tel le Verbe incarné portant chacun de nous dans son corps défiguré par les coups. Il rassemble tous ceux d’entre nous dispersés par le changement climatique, les affrontements géopolitiques et économiques, les conflits armés et les divisions ethniques. Il rassemble tous ceux d’entre nous qui vivent dans l’incertitude. 

Alors, avec foi et simplicité, connectons-nous à l’instant présent et laissons la liturgie de cette semaine sainte pénétrer en nous et nous transformer, et elle le fera car la liturgie agit.

Par: Nicholas Iwuala, M.Afr.

Une marche contre le féminicide à Beira, Mozambique

Au cœur de Beira, capitale de la province de Sofala, un message retentissant a récemment résonné dans les rues : « Ça suffit ». Le 7 mars 2026, environ 700 femmes, aux côtés de membres d’organisations de la société civile, de groupes de femmes, de leaders communautaires et d’amis, sont descendues dans la rue pour une marche visant à dénoncer et à exiger la fin du féminicide dans la ville.

Organisé par la Commission archidiocésaine pour la justice et la paix de l’archidiocèse de Beira, en collaboration avec des partenaires tels que l’AMPDC (Association des femmes pour la promotion du développement communautaire) et d’autres entités locales comme le Grupo de Mulheres de Partilha de Ideias de Sofala (GMPIS), l’événement portait le slogan percutant : « Basta de Feminicídio! Unidos para Acabar com Toda a Violência contra Mulher e Rapariga » (Assez de féminicides ! Unis pour mettre fin à toute violence contre les femmes et les filles).

La marche s’inscrivait dans le cadre des célébrations de la Journée de la femme africaine et a servi de prélude à des mobilisations plus larges autour de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, amplifiant ainsi une voix unifiée contre la vague croissante de violence sexiste au Mozambique, en particulier à Beira.

Une crise qui s’aggrave exige une action urgente

Beira a connu une escalade alarmante des crimes contre les femmes, avec une multiplication des cas de féminicide ces derniers mois. Les rapports locaux et le suivi effectué par les observatoires ont mis en lumière de nombreux incidents tragiques rien qu’au début de l’année 2026, souvent liés à la violence domestique et à l’impunité. La Commission Justice et Paix de l’Église catholique, active dans l’archidiocèse depuis 38 ans sous l’égide des Missionnaires d’Afrique, a inscrit cet événement dans le cadre de sa mission, fondée sur la doctrine sociale de l’Église, les enseignements de Vatican II et un engagement en faveur de la dignité humaine, la paix, la justice sociale et l’État de droit.

Les Missionnaires d’Afrique se sentent profondément liés à la société mozambicaine et s’engagent activement pour répondre aux réalités quotidiennes auxquelles sont confrontées les communautés. La marche visait à encourager les victimes et les témoins, à signaler les cas aux autorités, notamment au Parquet général (PGR) et à la police, tout en faisant pression pour que des mesures de sécurité publique plus strictes soient mises en place, considérées comme essentielles pour parvenir à une véritable justice et à l’équité sociale.

La marche : une démonstration d’unité et de détermination

Les participants se sont rassemblés à la Praça dos Professores à Chipangara à 8 h 30, et le cortège s’est mis en route à 9 h. Le parcours a suivi l’Avenida Armando Tivane, a contourné la Rotunda do Goto, s’est poursuivie sur l’Avenida Samora Machel et s’est achevée à la Praça da Juventude, devant la Casa dos Bicos.

Portant des banderoles, scandant des slogans et unis dans la solidarité, la foule, composée majoritairement de femmes mais également d’hommes, de jeunes et de communautés confessionnelles, a transformé les avenues centrales de la ville en une tribune de visibilité et de résistance. La participation d’environ 700 femmes a montré l’ampleur de la mobilisation communautaire et l’urgence partagée de s’attaquer à un problème qui touche familles, quartiers et l’ensemble de la société.

La société civile a joué un rôle clé, les organisations de femmes amplifiant les appels à la responsabilisation, à de meilleurs mécanismes de protection et à un changement culturel pour éradiquer les causes profondes de la violence. L’événement a souligné que mettre fin au féminicide nécessite un effort collectif : de l’éducation et de la sensibilisation à des réponses juridiques solides et à des systèmes de soutien communautaire.

Le message central était sans équivoque : le féminicide doit cesser. Les participants ont exigé que les autorités agissent avec détermination, que la société rejette toute tolérance de la violence et que les femmes et les filles puissent vivre sans crainte. En rassemblant divers groupes sous la bannière commune de la justice et de la paix, la marche a démontré que la lutte contre la violence de genre transcende les clivages religieux, politiques ou sociaux ; c’est un impératif humain commun.

Beira a parlé haut et fort : Basta de feminicídio. La lutte se poursuit jusqu’à ce que chaque femme et fille puisse vivre en sécurité et dans la dignité.

Par: Elie Sango Nyembo, M.Afr.

L’équipe de Communication de GMG rencontre les nouveaux confrères de la quatrième phase

Le 18 mars 2026, l’équipe de communication du Groupe Maison Généralice (GMG), en collaboration avec le secrétaire de la formation initiale des Missionnaires d’Afrique à Rome, en Italie, a organisé une réunion en ligne qui a rassemblé vingt-sept (27) nouveaux membres de la Société qui achèvent actuellement leur formation initiale dans les cinq maisons de formation théologique réparties à travers le monde. Avant cette rencontre, l’équipe de communication avait rencontré les recteurs de la quatrième phase pour discuter de la faisabilité de cette rencontre. L’objectif de la rencontre était de les sensibiliser aux services qui leur sont disponibles en tant que Missionnaires d’Afrique, tels que l’accès aux plateformes de réseaux sociaux de la Société, au site web et au système de messagerie électronique. En outre, l’occasion a été saisie pour encourager les confrères dans l’excellent travail qu’ils réalisent dans la gestion des différentes plateformes de réseaux sociaux de leurs maisons de formation respectives, tout en les sensibilisant aux opportunités plus larges de collaboration avec l’équipe de communication pour la création de contenu destiné au site web de la Société (mafrome.org) et au bulletin interne (Petit Echo).

Au cours de cette réunion, les confrères ont apprécié l’occasion qui leur a été donnée d’échanger avec l’équipe de communication et de poser des questions qui les concernent. Lors de la séance de questions-réponses, leurs interrogations ont porté sur le logo de la Société, ses réseaux sociaux, le site web (mafrome.org) et l’application Lavigerie. Il était encourageant de constater que nombre d’entre eux sont enthousiastes à l’idée de partager leurs connaissances et leurs expériences avec le reste de la Société et le monde entier par le biais du Petit Écho et du site web de la Société.

Cette rencontre est la première du genre et sera suivie d’autres rencontres ciblant séparément chaque maison de théologie. Lors des rencontres suivantes, l’équipe de communication montrera aux confrères comment accéder aux systèmes de communication interne de la Société. Cela permettra de s’assurer qu’ils sont au courant de tous les développements au sein de la Société et qu’ils sont en mesure de contribuer à la circulation de l’information et des connaissances parmi les membres.

Le secrétaire de la formation initiale, le père Evariste Some, présent lors de la réunion en ligne sur Zoom, a exprimé sa gratitude aux confrères de nos maisons de théologie pour avoir adhéré à cette initiative et pour avoir activement enrichi la rencontre par leurs idées et leurs questions.

La réunion s’est terminée par le chant de l’hymne de la Société, le ‘Sancta Maria’.

Par: Vitus Danaa Abobo, M.Afr.

Des jeunes de Kasamba, en Zambie, sensibilisés aux questions de sauvegarde

Chaque année, le 12 mars, la Zambie célèbre sa jeunesse afin de rappeler aux jeunes leur importance, de les responsabiliser, de les aider à reconnaître leur contribution essentielle au développement national et de les encourager à participer activement à la construction de l’avenir du pays.

L’Église en Zambie n’est pas en dernier lieu dans cette célébration de la jeunesse. Chaque année, les jeunes de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Kasamba, en Zambie, se rassemblent pour célébrer cette journée. Cette année encore, ils se sont réunis au niveau paroissial, et nous avons saisi cette occasion pour les sensibiliser et les former aux questions de ‘safeguarding’.

La participation a été massive et leur engagement durant la session a été remarquable. Les thèmes abordés comprenaient : les abus émotionnels, physiques, verbaux et sexuels. Les questions qu’ils ont posées ainsi que leurs contributions ont montré que ces réalités ne leur sont pas étrangères ; cependant, ils n’avaient jamais eu l’occasion d’en parler ouvertement. Nous les avons encouragés à ne pas garder le silence lorsqu’ils sont témoins de cas d’abus et nous leur avons expliqué les canaux appropriés pour signaler de telles situations.

La session a été organisée par le père Michael Okunola, M.Afr., aumônier des jeunes au niveau paroissial, et l’intervenante principale était Sœur Agnes Chisenga, FMDM (Franciscan Missionaries of the Divine Motherhood).

Par: Michael Okunola, M.Afr.

Cinquième dimanche du Carême, année A

« J’ouvrirai vos tombes... et vous vivrez »

Ézékiel 37, 12-14 / Psaume 129 (130) / Romains 8, 8-11 / Jean 11, 1-45

Chers frères et sœurs,
Ce dimanche, la liturgie nous confronte à la peur la plus profonde de l’être humain : la mort. Non seulement la mort physique, mais toutes les formes de mort intérieure, relationnelle et spirituelle qui touchent nos vies. Étonnamment, l’Église nous propose ces lectures avant Pâques pour une raison précise. Pourquoi ? Est-ce une erreur ? Cela ne peut certainement pas être une erreur. C’est simplement parce que le carême n’est pas seulement un chemin vers la Résurrection, c’est un voyage vers les lieux mêmes où nous avons besoin de résurrection. La Parole d’aujourd’hui n’est pas une promesse lointaine pour la fin des temps. C’est un appel à laisser la vie de Dieu entrer dans les lieux que nous avons scellés avec des pierres.

Dans la première lecture, Israël, exilé et brisé, s’écrie : « Nos os sont desséchés, notre espérance est perdue. » Dans ce désespoir, Dieu fait une promesse surprenante : « J’ouvrirai vos tombes et je vous ramènerai. » Remarquez comment tout commence avec Dieu. Il ne demande pas à Israël de s’améliorer. Il n’attend pas qu’Israël s’améliore. Il entre lui-même dans la tombe et apporte la vie de l’intérieur. C’est le modèle du salut. Dieu va là où nous ne pouvons pas aller. Il entre dans les lieux que nous craignons le plus, les échecs que nous cachons le plus, les blessures que nous enterrons le plus. Ainsi, nous remarquons que la résurrection ne commence pas par nos efforts, mais par l’initiative de Dieu.

Saint Paul reprend cette promesse et la porte à son sommet : « L’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous. » Le christianisme n’est pas une amélioration morale, c’est la présence divine en nous. Le même Esprit qui a insufflé la vie aux ossements desséchés, le même Esprit qui a ressuscité Jésus du tombeau, est déjà à l’œuvre chez les baptisés. Paul oppose deux modes de vie : une vie refermée sur elle-même, autonome, protectrice, spirituellement étouffante, et une vie ouverte à la puissance de Dieu, réceptive, abandonnée, libre. La résurrection ne concerne pas seulement l’avenir. C’est une transformation présente. L’Esprit est déjà en train de détacher les bandelettes de la peur, du péché et de la résignation.

L’Évangile nous présente la résurrection de Lazare, en fait le signe final et le plus grand avant la passion de Jésus. Ce n’est pas un spectacle, c’est une révélation d’identité : « Je suis la résurrection et la vie », dit Jésus. Et regardez comment Jésus révèle le cœur de Dieu. Il pleure, montrant que Dieu n’est pas indifférent à notre souffrance. Il lance un appel : « Lazare, sors ! », montrant que sa parole atteint même ce qui est mort. Et il ordonne à la communauté : « Déliez-le », montrant que la résurrection est personnelle mais jamais privée. La grâce de Dieu nous atteint souvent par les mains et le cœur des autres. Dieu nous implique dans la libération les uns des autres. Dieu choisit de nous guérir non seulement par la prière et l’effort personnel, mais aussi par la présence, la compassion et le courage des personnes qu’il place dans nos vies. C’est une belle vérité : Dieu pourrait nous libérer seul, mais il préfère nous libérer ensemble.

Enfin, on peut se demander pourquoi l’Église proclame la résurrection avant Pâques. La réponse est que le carême n’est pas une marche funèbre. C’est une conversion à la vie. Avant de célébrer la victoire du Christ, nous devons reconnaître les domaines dans nos vies où nous en avons besoin. L’Église proclame la résurrection maintenant afin que nous osions espérer avant de voir, faire confiance avant de comprendre, ouvrir le tombeau avant que la pierre ne roule.

Chaque personne porte en elle un « Lazare » : une relation qui s’est refroidie, un rêve qui s’est évanoui, une habitude qui asservit, une peur qui paralyse, un péché qui étouffe. Où avez-vous dit, comme Israël : « Mon espoir est perdu » ? Où avez-vous scellé le tombeau ? Le Christ se tient aujourd’hui devant cet endroit.

Le Dieu qui a ouvert les tombes d’Israël, le Dieu qui a ressuscité Jésus d’entre les morts, le Dieu qui a ramené Lazare à la vie, est le même Dieu qui nous parle aujourd’hui. La résurrection n’est pas seulement le destin du Christ. C’est aussi le nôtre, car le Christ l’a gagné pour nous. Le carême est donc le temps où nous osons y croire.

Frères et sœurs, alors que nous sommes à l’aube de la Semaine sainte, n’ayons pas peur de laisser le Christ s’approcher des endroits que nous gardons cachés. Il ne vient pas pour condamner nos tombes, mais pour les ouvrir. Il ne vient pas pour faire honte à nos ténèbres, mais pour y faire entrer la lumière. Il ne vient pas pour exposer notre faiblesse, mais pour y insuffler son Esprit. Si vous vous sentez fatigué, découragé ou si vous portez un fardeau qui vous semble trop lourd à soulever, souvenez-vous de ceci : Jésus ne vous demande pas de rouler la pierre vous-même. Il vous demande seulement de le laisser se tenir devant elle. Il vous demande seulement de laisser sa voix atteindre l’endroit que vous pensiez hors de portée du salut. Et quand il vous appelle, car il nous appelle, puissions-nous avoir le courage de faire ne serait-ce qu’un petit pas vers la lumière. Et puissions-nous nous permettre mutuellement de « dénouer » ce qui nous retient encore, car la résurrection est toujours un don partagé en communauté.

Le Dieu qui a ouvert les tombes en Israël, qui a ressuscité son Fils d’entre les morts, qui a ramené Lazare à la vie, désire faire de même en nous. Pas un jour. Pas seulement à la fin des temps. Mais maintenant, pendant ce carême, dans cette eucharistie, à cet instant précis. Osons croire que rien en nous n’est trop mort pour Dieu, et que rien en Dieu n’est trop petit pour nous. Que ce carême devienne le temps où nous le laissons enfin nous ramener à la vie.

Laissez le Christ se tenir devant les lieux que vous avez scellés, car rien en vous n’est trop mort pour sa résurrection.
Amen.

Par: Jean Damascène Bimenyimana, M.Afr.

Si c’est excitant d’y penser, imagine-toi le vivre !

Nouvelle politique de sauvegarde pour la Province d’Afrique Centrale inauguré

Du 26 au 31 janvier 2026, les délégués à la protection des mineurs et des adultes en situation de vulnérabilité de la Province d’Afrique Centrale (PAC) se sont réunis au Centre Missionnaire Lavigerie (CML) à Kigali, au Rwanda. Lors de cette rencontre, le Vice-Provincial et le coordinateur provincial pour la protection ont assuré la modération des travaux. À l’ordre du jour figuraient : l’accueil des participants et leur présentation nominative; la lecture du procès-verbal de la rencontre de 2025 tenue à Bujumbura, au Burundi; ainsi que le partage des expériences des différents délégués de secteur.

À cette occasion, le coordinateur de la Société pour la protection, Lowrent Kamwaza, a donné une conférence en ligne rappelant le devoir et les responsabilités des délégués à la protection. Par ailleurs, au cours de cette réunion, nous avons inauguré le nouveau document de la PAC sur la politique de protection intitulé : « Prévenir et protéger : Politique des Missionnaires d’Afrique dans la Province d’Afrique Centrale (PAC) pour la prévention des abus et la protection des enfants et des personnes en situation de vulnérabilité ». Cette politique est le fruit d’une large consultation auprès des confrères de la Province (PAC), un processus qui a atteint son point culminant lors de la session sur la sauvegarde organisée par le Conseil Général en faveur des confrères de la PAC engagés dans le domaine de la sauvegarde, en février 2025 à Bujumbura, au Burundi. Nous remercions le Provincial de la PAC pour la promulgation de cette politique si importante pour le ministère de la sauvegarde dans la Province.

Pour la diffusion de cette politique, la responsabilité est confiée à chaque délégué de secteur à la protection, qui devra d’abord l’expliquer aux confrères de son secteur avant sa distribution. Cette rencontre s’est terminée dans une lueur d’espoir, avec la conviction que la protection est et doit rester l’affaire de tous. Ensemble, nous pouvons bannir le phénomène des abus hors de nos murs.

Par: Arsene Somda, M.Afr.
Coordinateur Provincial à la Protection de la PAC

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